‹ L'empire de MaximilienChapitre 21 sur 61 · CHAPITRE JX · texte numérisé non relu

CHAPITRE JX

Prolongation de la résistance. — Faits de guerre pendant les derniers mois de l'année 1864. — Correspondance chiffrée du général de Castagny. — Le général L'Hériiler nommé commandant supérieur de Mexico. — Le maréchal Bazaine va faire le siège d'Oajaca, défendue par Porfirio Diaz. — Prise de la ville (9 février 1865). — Félicitations envoyées au maréchal par l'Empereur et par l'Impératrice. — Une lettre du Roi des Belges. — Note inédite du sous-intendant Priant. — Rentrée du maréchal Bazaine à Mexico (15 février). — La légion autrichienne. — Singulières prétentions de son commandant, le général Thun. — Générosité imprudente de l'Empereur. — Porfirio Diaz s'échappe. — Décret d'organisation de l'armée (28 janvier). — Division du pays en 50 départements. — Junte de colonisation. — Décrets divers.

La vigilance du corps d'occupation ne se démentait pas, et elle était toujours aussi nécessaire. Les débuts du nouveau gouvernement n'avaient pas été heureux, et les dispositions favorables que constatait si amèrement M. Zamacona, loin de s'accroître, paraissaient plutôt diminuées par les fautes commises. Aussi ceux qu'on appelait les dissidents, et qui renvoyaieut, non sans justice, ce nom à leurs adversaires, ne songeaient

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nullement à abandonner la lutte. Et, pour raviver le zèle de leurs partisans, ils faisaient courir, à tort ou à raison, des bruits représentant leur grand voisin comme disposé à leur donner une aide chaque jour plus considérable, chaque jour plus efTective.

Le maréchal tenait l'Empereur au courant de ces menées :

Mexico, 18 décembre 1864.

Sire,

J'ai l'honneur d'adresser à V. M. une note renfermant divers renseignemenls intéressants sur les projets des dissidents. Par les extraits tirés de la correspondance des généraux Negrele, Arleaga, Quezada, Kaibajal et l'ex-président Juarez, le parti dit libéral n'a point dit son dernier mot, et cherche, malgré ses défaites, à organiser la résistance dans le Chihuahua, et peut-être ensuite en Sonora.

Il résulte toutefois de ces correspondances que les chefs du parti dissident n'ont point une entière confiance dans les populations, et manquent des principales ressources. Le combat du 21 novembre à (Juadalajara a porté un coup très sensible à l'ennemi, ce qui lui a fait précipiter sa retraite vers Chihuahua.

Les dernières nouvelles que j'ai reçues de Mazatlan m'informent qu'un agent du président Lincoln, des Etats-Unis, est venu dans cette place, se rendant auprès de Juarez afin de traiter avec ce dernier de la cession de la Sonora, moyennant un secours en hommes de 30,000 Américains du Nord. J'y crois peu, mais je transmets la nouvelle telle quelle.

La faiblesse des préfets choisis par Maximilieu laissait désarmée l'autorité civile : les populations le sentaient. Les partisans de l'empire n'avaient pas confiance, tandis que les adversaires reprenaient de l'au-

dace. Ainsi, le 10 décembre, un commencement d'émeute eut lieu à San-Luis-de-Potosi : heureusement, la rébellion fut énergiquement réprimée.

C'étaient là des symptômes d'un état persistant de malaise, même dans les centres soumis à l'autorité de l'Empereur. Bientôt on vit que le mal était plus profond encore : on découvrit une vaste conspiration réactionnaire, ayant des ramifications dans tout l'empire, et comptant au nombre de ses adhérents des généraux ralliés comme Taboada, Vicario et autres. ïaboada fut arrêté, Vicario prit la fuite, et le péril fut momentanément conjuré.

Le danger de la situation venait surtout de l'entourage de l'Empereur, qui ne comprenait guère que des ennemis de la France, lesquels, Européens ou Mexicains, ne se faisaient aucun scrupule de trahir les secrets du gouvernement.

I^a chose ne saurait être douteuse; il suffit de citer quelques passages de la lettre confidentielle (elle était chiffrée) écrite à ce moment-là (5 janvier 1865) de Durango par le général de Gastagny. Elle ouvre un triste jour sur l'état des provinces du nord :

... La situation semble devenir si grave que je dois l'exposer dans toute sa vérité.

... L'insurrectioava s'étendre. Nazas vient d'être réoccupé : Patoni y est arrivé ; Gonzales Herrera y est attendu avec toutes ses forces. Dans peu de temps nos communications seront difficiles avec Chihuahua.

De divers côtés on parle de complots, de réunions de libéraux^ de mouvements qui vont éclater. On exagère, je n'en

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doute pas; cependant il existe quelque chose de vrai dans tout cela.

Les projets de Votre Excellence sont à la connaissance du public. Mme Zuloaga, actuellement à Mexico, a écrit à ses parents de Durango que Jios troupes seraient retirées de Cliiliuahua au commencement de février.

On dit à Durango que je dois quitter cette ville dans les premiers jours de mars et qu'il n'y demeurera qu'une petite force. Ces dispositions, que j'ignore, le public les connaît. L'auteur de cette nouvelle, c'est M. Ramirez, le ministre dont l'hostilité envers les Français n'est un mystère pour personne.

Corona vient de demander un prêt d'argent aux négociants deMazallan, en leur assurant qu'il serait bientôt dans cette ville, puisque Votre Excellence avait donné ordre d'évacuer le port de Mazatlan et Guaymas.

Ainsi vos dispositions sont annoncées d'avance. Les Mexicains, et en tête le principal ministre, trahissent l'intervention. Le résultat est d'inquiéter partout. L'opinion flotte incertaine et ne sait plus à quoi se rattacher. Je n'ai 2^l^s d'action morale ni d'influence sur des ^copulations qui n'ont plus de confiance en nous, et qui se voient à la veille d'être abandonnées.

La possibilité de guerre avec l'Amérique augmente encore les craintes. Ce n'est pas là pourtant le côté grave de la situation. On attaque partout le gouvernement de l'Empereur du Mexique. On critique cette interminable série de décrets sur cérémonies, préfets militaires, décorations, etc., qui s'entassent dans les archives sans application possible. L'attention publique se porte sur deux points exclusivement : finances et année. D'un côté, on ne voit former aucune force sérieuse, et de l'autre on annonce la banqueroute imminente. On se plaint de l'insouciance du gouvernement, de la négligence des ministres, qui ne s'occupent pas des alfaires, ne répondent même pas ^aux préfets, et cachen la vérité il l'Empereur.

Chacun prévoit une crise prochaine; chacun répèle que cela ne peut durer ainsi. On annonce le départ de l'Empereur pour l'Europe pour le mois de février. Je regrette d'être obligé de le dire, mais l'opinion publique semble désirer ce départ comme unique remède à la situation.

Je ne m'étendrai pas davantage sur tous les bruits qui me parviennent. 11 me suffira, je crois, d'avoir indiqué à Votre Excellence les principaux traits de la situation des esprits et des choses dans le deuxième grand commandement. J'ajouterai pourtant un fait assez significatif. Le préfet de Durango était un homme exceptionnel au Mexique : dégoûté, il a donné sa démission. Le gouvernement ne semble pas s'inquiéter de le remplacer. Je le cherche vainement démon côté. Les quelques hommes qui pourraient à peu près remplir ces fonctions refusent d'accepter. C'est la conséquence du vague de l'avenir, et, par le fait, au lieu d'avancer, nous perdons chaque jour du terrain.

Le sud du Mexique ne présentait point, à ce moment, un état meilleur que le nord. Un centre de résistance s'était révélé cà Oajaca, et il importait de le détruire, aussi bien pour la sécurité que pour le bon renom du gouvernement.

Un homme se trouvait dans cette contrée qui, par son caractère, son honorabilité, ses qualités publiques et privées, exerçait une influence toute-puissante sur ses compatriotes. Bien qu'il se soit montré l'ennemi le plus redoutable de l'intervention et de l'empire mexicain, bien que ce soit à son habileté et à sa persévérance, au moins autant qu'à la ténacité de Juarez, que soient diis notre échec final et celui de Maximilien, il n'est que loyal de rendre à cet adversaire la justice à laquelle il a droit. 11 sut se battre

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avec bravoure, il sut supporter la défaite sans s'abaisser, et, lorsque les événements lui rendirent une armée et un commandement, il se signala entre les autres généraux mexicains par son humanité. Aux yeux de l'historien, il eut cette supériorité sur Juarez qu'il défendit toujours sa patrie et ne défendait point sa position : c'était le général Porfîrio Diaz, aujourd'hui président de la République mexicaine.

Profitant de l'ascendant qu'il exerçait dans sa province natale, il parvint à réunir une armée, et il s'établit dans Oajaca, qu'il entoura de défenses formidables. Le maréchal résolut de détruire ce centre de révolte, et décida une expédition de ce côté. La chose n'était point facile : aucune route n'était ouverte. Il confia le soin de mener un premier corps de troupes et de tracer un chemin où put passer l'artillerie au général Courtois d'Hurbal.

Celui-ci s'acquitta avec bonheur de cette tâche; sachant à propos obtenir le concours des populations, il établit une route militaire de -iOO kilomètres, qui devait, après avoir servi à notre marche, procurer aux habitants de ces contrées l'inestimable avantage d'avoir entre eux les moyens de communication qui leur manquaient. Ces préliminaires de l'expédition accomplis, le maréchal rejoignit le li janvier son divisionnaire à Etla.

Il laissait Mexico sous le commandement du général L'Hériller : il pouvait compter sur la vigilance de cet officier supérieur. Il croyait également que l'Empereur se montrerait ferme et énergique ; il

l'avait quitté tout ému encore des résistances inattendues qu'il avait trouvées chez le nonce.

Devant cette inqualifiable attitude, l'Empereur m'a fait appeler, — disait le rapport du 27 décembre, — et ne m'a point caché qu'il allait prendre les mesures les plus nettes pour reconnaître tout ce qui a été fait par les gouvernements précédents.

Sa Majesté a ajouté qu'elle avait réuni un nombre assez considérable de documents scandaleux et authentiques sur la conduite privée, ecclésiastique et politique des membres du clergé mexicain; qu'elle aura, à l'occasion, entre les mains des armes sérieuses pour contre-balancer aux yeux du pouvoir temporel tous les arguments que le clergé pourra mettre eu jeu.

J'espère que l'énergie de l'Empereur triomphera de cette passe difficile.

Heureusement pour lui, le maréchal avait d'autres ennemis à combattre et d'autres armes à son service. Il avait amené un officier du génie de grand mérite, le colonel Doutrelaine : il le chargea de diriger l'attaque de l'artillerie contre la place d'Oajaca, investie dès le 20 janvier.

Le 28 janvier, le colonel adressait son rapport au commandant en chef :

Vous m'avez fait l'honneur de me demander mon avis sur les moyens à prendre et sur le point d'attaque à choisir pour mener à bonne fin le siège d'Oajaca. Les reconnaissances de la place qui ont été faites par M. le général Courtois d'Hurbal et par M. le lieutenant-colonel Bressonnet, et celles que j'ai faites moi-même après eux, m'ont permis d'arrêter mon opinion à cet égard, et je suis en mesure

aujourd'hui de la formuler à Votre Excellence sans aucune hésitation et sans aucun doute.

11 serait superflu de décrire ici les défenses d'Oajaca : Voire Excellence les connaît mieux que personne, après les avoir elle-même, et à plusieurs reprises, explorées toutes, et en tous détails sous le canon de la place.

Au premier coup d'œil que l'on jette sur l'ensemble de ces défenses, on reconnaît que les défenses de l'intérieur de la ville sont formidables. Non seulement Oajaca est protégée au nord par les ouvrages qui couvrent les hauteurs du Gerro de la Soledad, mais elle est défendue à l'est par le couvent de la Merced, au sud par le couvent de San-Francisco, à l'ouest par le couvent de la Soledad, bâtiments indestructibles, fortifiés de longue main, armés d'une nombreuse artillerie, et reliés au réduit central, qui s'étend de la place d'Armes jusqu'aux couvents de Carmen et de Santo- Domiiigo, plus solides encore que les précédents et reliés eux-mêmes au fort de la Soledad. L'expérience du siège de Puebla nous a fait connaître l'incroyable force de résistance de ces immenses constructions, dont les murs massifs et dont les terrasses blindées défient la pioche, le boulet et la bombe, dont les cours sont hérissées d'obstacles et de pièges de toute nature, et dont les communications couvertes présentent aux défenseurs toutes les facilités possibles pour tourner et envelopper l'assaillant, pour opérer des retours offensifs, et pour battre en retraite en toute sécurité. Retranchée dans ces abris presque inexpugnables, la garnison de Oajaca, forte de o à 6 000 hommes, et encore dans sa première vigueur, opposera à nos 2 oOO baïonnettes une résistance que ne manqueraient pas d'encourager encore l'insuffisance de nos moyens matériels et la faiblesse de notre artillerie et de ses approvisionnements...

Le colonel proposait un plan qui consistait à frapper le moral de l'ennemi par une série de revers suc-

cessifs, par l'attaque et la destruction des défenses extérieures, c'est-à-dire des forts du Dominante. Il examinait les divers cas qui pouvaient alors se présenter, prévoyant pour chacun le moyen de parer aux difficultés, et il terminait par cette conclusion, que les faits devaient vérifier :

- ... Je ne pense pas, monsieur le Maréchal, que la résistance de Oajaca soit jamais poussée à une telle limite, et j'ai la confiance qu'après la prise des hauteurs, surtout si elles nous sont disputées par une lutte sérieuse et de quelque durée, la place se rendra à votre discrétion.

Après avoir pris connaissance de ce remarquable exposé, le maréchal écrivit en bas : « Approuvé et à exécuter anmédiatcnient, l'investissement étant complet ».

Les opérations commencèrent aussitôt.

Il importait d'autant plus de réussir que l'on venait précisément de saisir un courrier envoyé à Porfirio Diaz, et la correspondance trouvée sur lui ne laissait aucun doute sur l'existence, dans toutes les Terres- Chaudes, d'un commencement d'organisation gouvernementale dont le siège était à Oajaca. Le maréchal, de son quartier général de l'Hacienda Blanca, en informa l'Empereur, lui montrant ainsi combien il était mal servi par ses agents de Vera-Gruz et de Tlacotalpan.

Le 4 février, un feu violent fut dirigé contre Oajaca et contre les forts ; des tranchées rapprochaient nos troupes de la place. Mais bientôt on se trouva sur le rocher, et il fut impossible de continuer. Le 8 février,

le maréchal se résolut à tenter l'assaut. Il prescrivit, point par point, le rôle de chacun des corps engagés. « M. le général de division Courtois d'Hurbal, ayant demandé à diriger l'assaut, disait l'ordre en terminant, commandera toutes les troupes destinées aux attaques de vive force. »

Cet honneur était bien dû à cet officier général, qui avait dirigé la colonne expéditionnaire avec une remarquable intelligence, et surmonté, par ses habiles dispositions et son activité, tous les obstacles que présentait ce long parcours de 400 kilomètres à travers une contrée aussi sauvage.

Le colonel Doutrelaine trouvait l'assaut un peu prématuré, les ouvrages ennemis n'ayant pas, suivant lui, été suffisamment battus par l'artillerie. Mais, d'autre part, le maréchal songeait à ménager les munitions, peu abondantes, et il pensait que, plutôt que d'attendre encore, il était préférable de tenter une attaque de vive force qui, si elle réussissait, amènerait la capitulation des défenseurs de la ville.

Le maréchal avait vu juste. Les préparatifs de l'assaut étaient à peine terminés, que le général Porfirio Diaz se présentait, dans la nuit du S au 9 février, à l'avant-poste le plus rapproché delà place, et demandait à être conduit au quarlier-général. Mis en présence du maréchal, il lui offrit de capituler.

— Je n'accepterai que la reddition sans conditions de la ville et de la garnison, lui signifia le commandant en chef.

Porfirio Diaz ne pouvait compter sur des soldats

démoralisés : il dut s'incliner. La convention fut aussitôt rédigée et signée, et la place occupée par nos troupes, le 9, à la pointe du jour.

235 officiers généraux, supérieurs et subalternes ou assimilés, 7 840 hommes, 60 pièces d'artillerie et tous les fusils de la garnison tombaient en notre pouvoir. Ce magnifique résultat avait été obtenu en dix jours d'investissement et de tranchée ouverte; il n'avait coûté aux assaillants que 10 hommes tués et 30 blessés.

Dès que ces événements furent connus à Mexico, l'Empereur s'empressa d'adresser ses félicitations au maréchal sur cette campagne que, trois mois plus tard, avec sa mobilité d'impression, il devait appeler « la promenade d'Oajaca ». Il appréciait autrement, en ce moment, le succès de nos armes.

Mon cher Maréchal,

La nouvelle de la prise d'Oajaca, confirmée par votre télégramme m'apprenanl la capitulation de la place, m'a causé la plus agréable impression.

Je suis heureux de voir se terminer aussi pacifiquement un siège qui occupait tant de nos braves soldats, et forçait d'ajourner tant d'autres opérations si .nécessaires. C'est donc avec grand plaisir, mon cher Maréchal, que je vous félicite pour ce nouveau tleuron à ajouter à votre couronne militaire, déjà si riche en souvenirs. Ce succès est d'autant plus beau qu'il aura coûté moins de ce sang français, trop précieux pour ne pas être ménagé.

Veuillez donc, mon cher Maréchal, recevoir avec mes sincères félicitations l'expression de mes sentiments les plus affectueux.

Obligé de me mettre au lit, légèrement indisposé, je dois me borner à dicter cette lettre, que je tenais ii vous écrire. Votre très atTectionné,

Chapultepec, le 14 février 1865.

Et, le même jour, l'Impératrice écrivait de son côté :

Palais national de Mexico, H février 1865.

Mon cher Maréchal,

Ne pouvant vous envoyer une couronne de lauriers, puisque vous venez de les cueillir vous-même, je suis heureuse que l'arrivée d'une grande-croix de son ordre de Léopold, que mou père m'a chargée de vous transmettre, coïncide avec votre beau succès, et qu'il me soit ainsi possible de vous offrir un léger témoignage de sentiments que je partage, pas seulement par obéissance fdiale, mais aussi par estime pour vous.

Je ne vous renouvelle pas mes félicitations, que l'Empereur vous aura exprimées telles qu'elles ont jailli de notre cœur. Ce n'a pas été une surprise, car nous n'attendions pas moins; mais c'est un brillant et heureux événement.

Maintenant j'espère que nous vous verrons revenir en bonne santé, et je vous renouvelle avec plaisir, en attendant, l'assurance de la sincère considération et estime avec laquelle je suis.

Votre bien affectionnée,

CHARLOTTE

A la lettre de l'Impératrice était, en eflet, jointe celle du roi des Belges :

Laeken, 24 décembre 1864.

Monsieur le Maréchal,

Mes très chors enfants l'Empereur Maximilien et l'Impératrice Charlotte me parlent sans cesse, dans les termes les

plus chaleureux, des éminents services que Voire Excellence rend à l'Empire mexicain et des preuves constantes de bienveillance qu'elle leur donne.

Je prie Votre Excellence de me permettre de me joindre à eux dans l'expression de leurs sentiments et d'accueillir le témoifiînage de ma haute estime et des sentiments que je lui ai voués.

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