‹ L'empire de TurquieChapitre 20 sur 86 · Slaves r · texte numérisé non relu

Slaves r

' j Bosniaques, Herzégoviniens, etc. 1,450,000 9.02 [Autres branches slaves 250,000 1.58

20 Valaqnes et Moldo-Valaques 4,300,000 26.74

3*> Albanais 1,600,000 9.94

4* Ottomans d'origine asiatique 1,055,000 6.55

50 Grecs 1,050,000 6.53

6* Arméniens 150,000 0.93

7« Juifs 125,000 0.78

8° Zingares (Bohémiens) 80,000 0.49

9oTatares 25,000 0.15

Ainsi, les slaves habitants de la Turquie d'Europe, forment à peu près la moitié, 47.89 p. c. de la population générale; les Valaques, 26.74 p. c; les Albanais, 9.94 p. c; les Grecs, 6.55, et les Ottomans, seulement 6.55 p. c, soit 1 Turc sur 16 habitants.

Les Ottomans, primitivement de la même race que les Tatars et les Mongols, descendent de Turk, fils aîné de Japhis ou Japhet et forment une branche de la puis-

santé famille de ce nom, originaire du Turkeslan. Le mot turc est un terme injurieux pour les Ottomans; il est synonyme, dans leur langue, de barbare^ grossier^ et ils ne s'en servent que pour désigner les Turkomans et les autres peuplades de race turque dans l'Asie centrale.

Les Turcs sont épars dans toutes les provinces de l'empire ; mais le plus grand nombre est toujours resté concentré dans la Turquie d'Asie et dans la partie orientale de la Turquie d'Europe : à Constantinople, il y a environ 270,000 Osmanlis ; dans les autres parties de la Thrace, environ 210,000; on compte environ 375,000 Turcs d'origine asiatique dans les gouvernements de Silistrie, de Viddin, de Nisch et dte Sophia; 150,000 dans les gouvernements de Salonique et de Janina, et dans les autres parties de la Turquie d'Europe environ 50,000; ensemble, 1,055,000 Ottomans, non compris les renégats et leurs descendants. Dans ce chiffre ne figure pas la population flottante des ouvriers, de la flotte et de l'armée. D'après le traité d'Ackermann du 6 octobre 1826, les Turcs ne peuvent posséder d'immeubles, ni résider dans la principauté de Servie, que dans les six villes ou forteresses de Belgrade, de Semendria, du Nouveau-Orschovo, de Schabatz, de Sokol et d'Oujitze.

La race slave comprend les Bulgares, les Serbes, les Bosniaques, les Herzégoviniens, etc. D'après plusieurs auteurs, Karamsin, Fraehn, Klaproth, Ritter, les Bulgares ne sont pas de race slave, mais ils appartiennent à cette vaste souche de peuples ouraliens

(Tchoudes, Ougriens, Huns-Madjares, Finnois), qui avaient leurs sièges dans les immenses plaines sur les confins de l'Europe et de l'Asie, entre TOcéan polaire et la mer Caspienne. Us y avaient précédé les invasions des tribus turco-tatars, en refoulant eux-mêmes vers les contrées occidentales les nations d'origine slave, qui avaient pris la place des peuples de race germanique, émigrés vers l'Europe centrale. Les Bulgares avaient fondé sur les rives du moyen Wolga un vaste empire d'une certaine civilisation que les historiens byzantins nomment la Grande Bulgarie. Quelques rares débris des tombes, des noms, des tribus à demi sauvages, voilà ce qui reste aujourd'hui de cette grande famille de peuples autrefois si florissants dont les vestiges nous conduisent bien au delà de l'Oural, au pied de l'Altaï et jusqu'au plateau de la haute Asie. Quoiqu'il en soit de l'origine des Bulgares, ils se fondirent bien vite avec les Slaves, beaucoup plus nombreux qu'eux, qu'ils avaient subjugués. Us s'établirent au V® siècle sur les bords de la mer Noire, et se fixèrent vers 667, dans les plaines du bas Danube, et plus tard, les Madjares, sur le moyen Danube, au pied des Carpathes; en 679 les Bulgares occupèrent la Mœsie, et y fondèrent un royaume qui dura près de trois siècles. En 968, ils devinrent tributaires de la Russie. En 980, ils fondèrent, en Macédoine, un deuxième royaume bulgare. Le royaume Valaque-Cuman commença en 1186 et finit en 1396 parla mort du roi Sisman. Les Bulgares habitent le pays qui porte leur nom, la majeure partie de la Roumélie et de la Macédoine, plusieurs districts

POPULATION. 6t

de la Tbessalie, de l'Albanie et de la Servie. La race bulgare peut être évaluée à 4,500,000 âmes, dont 2 1/4 millions pour la Bulgarie seule; 80,000 Bulgares habitent les parties voisines appartenant à la Russie.

Les Serbes se divisent en Serbes de la principauté, environ 4 ,000,000, en Serbes de la Bosnie, de l'Albanie et de la Bulgarie, dont le nombre peut être porté à 500,000, et en Serbes de la monarchie autrichienne (1).

Les Bosniaques, les Croates, les Herzégoviniens (la Dalmatie turque, environ 200,000) peuvent être évalués à 1 ,450,000 individus. En ajoutant à ces chiffres environ 250,000 individus d'autres petites branches d'origine slave, non compris les Monténégrins, on trouve que le nombre des Slaves est de 7,700,000, près de la moitié de la population de la Turquie d'Europe (480 Slaves par 4 ,000 habitants).

Les Valaques ou Roumains habitent les deux principautés, et forment une population d'environ 4,300,000 âmes, dont 2,480,000 dans la Valachie,

(i) Le nombre des Serbes de la monarchie autricbienne est évalué à 1,600,000, savoir:

^8,000 Slovaques en Ecslavouie; 405,000 Schokatz, Bnnjevalz dans le Banal et la Voïvodie; 398,000 Morlaques, Dalmates, Ragusiens, Boccbèses, etc., en Dalmatie; 342,000 Serbes de la frontière militaire de la Servie; 137,000 Morlaques en Istrie;

70,000 Serbes de la Hongrie ;

20,000 soldats serbes de l'armée.

Les Hongrois et les Allemands donnent aux Serbes le nom de Ratz ou Ratzen, parce que Tancienne Servie portait le nom de Rascia, aujourd'hui le pays de Noviba^ar, de libar et de Kossovo, où résidaient les rois serbes.

1,350,000 dans la Moldavie, 30,000 en Bulgarie, 12,000 en ïhessalie et 78,000 dans les autres provinces de la Turquie d'Europe. Les Moldo-Valaques sont les descendants des colonies romaines établies dans la Dacie, par Tempereur Trajan. En y ajoutant les Zinzars (1) ou Macédo-Valaques (350,000), que quelques auteurs comptent parmi les Slaves, la race yalaque forme , en Turquie , une population de 4,300,000 âmes (2).

Les Albanais, qui s'appellent eux-mêmes Schkipelares (habitants des rochers, à cause de la nature pierreuse du pays), sont les descendants des anciens Illyriens. Les Turcs et les Arabes des régences barbaresques les désignent sous le nom d'Arnautes. Ils se divisent en peuplades, tribus et familles. Leur séparation la plus tranchée est d abord celle de Guègues et de Toskes. Le pays des Guègues comprend la haute Al-

(1) Les Zinzars formenl un peuple qu'on a de la peine à distinguer qoetquerois des Grecs et des Vaiaques; ils se disent eux-mêmes de la Tamille des Roumains ; ceux qui habitent le Sud-Ouest de la Turquie et la Grèce parlent la même langue corrompue et mélangée de grec que les habitants de la Valachie.

(2) Outre les Vaiaques de la Turquie on en compte encore 2,650,000 en Autriche et 498,000 en Russie, ce qui porte la nation valaque à 7,460,000 âmes, ainsi réparties :

Turquie d'Europe 4,300,000

f Transylvanie 1,375,000

I Hongrie 868,000

Autriche. < Voïvodie et Banal 418,000

I Bukowine 142,000

\ Frontières militaires, etc 159,000

Russie 498,000

banie jusqu'au delà d'Elbassan, le pays des Ârnautes de la haute Mœsie. Les Toskes {Toslouk des Turcs), habitent l'Albanie moyenne, les environs de Berat et du Tomor, la partie centrale de la basse Albanie, depuis Janina jusqu'à la mer. Les Guègues se subdivisent en Arnautes proprement dits, en Albanais-Malisors, en Myrdites (mot qui signifie les Braves^ dans la langue schkype) et en Guègue^ de Tirana, de Cavaja, d'Elbassan et d'Ochri. Les Arnautes habitent la partie occidentale de la haute Mœsie, les bords du bassin du Pristina et certaines montagnes du district de Novibazar jusqu'au Schar ; des colonies de cette tribu se retrouvent dans le Rhodope, en Bulgarie et dans l'Asie Mineurfe. Ils sont en grande majorité musulmans. Les Albanais- Malisors, pour la plupart catholiques, habitent les pays très-montueux, entre la plaine d'Ipek et de Djakova, la Bosnie, le Drin et le Monténégro. Ils se divisent en Phis ou tribus nombreuses parmi lesquelles on cite les démentis, les Groudis, les Triebitschis, les Castrats, etc. Les Myrdites occupent le pays entre Prisren, le Drin, Scutari, Lesch, Croja, Tirana, le Gabar-Balkan et la vallée des Dibres. Ils se divisent en trois grandes tribus, et sont tous catholiques. Depuis 1593, les Myrdites reconnaissent pour chef ou capitaine l'aîné de la famille Doda. Orosch, résidence du chef, n'est qu'un village de 40 à 45 maisons. On évalue la population catholique des différentes tribus, y compris les Malisors, à environ 100,000 habitants. Us peuvent fournir 10 à 12,000 combattants. Les Albanais Toskes sont aussi partagés enPhiSj appelées dans l'ÉpirePAara,

et prenant surtout leurs noms de villages. Ils comprennent les véritables Toskes, les Japides et les nombreux Chamides. Depuis 1460, sept années après la prise de Constantinople jusqu'en 1738, aes colonies albanaises se sont établies en Sicile) ; le nombre de ces Albanais est évalué aujourd'hui à 86,000, qui ont conservé la langue, les costumes et les mœurs de leur patrie. Une partie des pâtres de la tribu des Clementi passa en 1740 avec des Serbes et le patriarche Arsenius Joanovitsch IV en Syrmie (Dalmatie autrichienne), où ils fondèrent sur la Save, entre Schabatz et Mitrovitza, les villages de Ninkintze et de Herkootze. Mais les plus importantes colonies albanaises se trouvent en Grèce : les îles de Hydra, de Spezzia, de Paros et de Salamine sont exclusivement habitées par des Albanais. Le cinquième de la population de la Grèce se compose d'Albanais, soit 200,000.

Le nombre des Grecs, sujets de la Porte, est évalué à 1,050,000, savoir: 285,000 dans les îles restées sous la domination ottomane ; 265,000 en Thessalie ; 320,000 à Constantinople et dans le gouvernement d'Andrinople ; dans les autres parties de la Turquie d'Europe, notamment dans l'Épire, 180,000. Dans ces chififres ne sont pas compris les 20 à 25,000 Hellènes, sujets de la Grèce, qui se trouvent habituellement sur le territoire turc.

Les Arméniens, comme les Osmanlis, sont le plus nombreux dans la Turquie d'Asie, où ils continuent à habiter, dans le voisinage du mont Ararat, le territoire de leur ancienne patrie. Us sont également en majorité

dans les gouvernements généraux d'Erzeroum, de Diarbékir et du Kurdistan. Dans la Turquie d'Europe, ils habitent principalement Constantinople et les villes de commerce, comme Andrinople, Philippopoli, Salonique, etc. (4).

Les Juifs de l'empire ottoman sont pour la plupart originaires de l'Espagne et du Portugal, que les rigueurs de l'inquisition forcèrent de quitter au xv* siècle. Les villes qui en comptent le plus grand nombre sont : Constantinople, 37,000; Salonique, 42,000; Smyrne, 5,000; Brousse, 3,000; Jérusalem, 8,000, etc; les Juifs de la Moldavie et de la Yalachie sont évalués à 62,000, Les Israélites étaient déjà établis à Salonique dès le temps de saint Paul, et y fondèrent une académie qui devint célèbre dans toute l'Europe. Ils forment la secte des maminSy composée de juifs convertis anciennement à l'islamisme, dont ils affectent toutes les marques extérieures. Leur occupation principale est le commerce du tabac à fumer.

Les Tatars de la Turquie forment trois colonies émigrées à diverses époques de l'Ukraine et des provinces limitrophes de la Russie méridionale : l'une de ces colonies habite la Dobrodja; l'autre s'est fixée

(1) M. Ubicini évalue la population arménienne dans le monde entier, à 4,000,000 d*âmes, savoir :

Dans l'empire ottoman 2,400,000

En Prusse 900,000

En Perse 600,000

Dans les Indes et les pays d'Asie 40,000

Dans les pays d'Europe 60,00P

66 LEMPIRË DE TURQUIE.

aux environs de Brousse, dans le Khoudavendguiar; la troisième est établie vers lembouchure du Kizil- Ërmak, le plus grand fleuve de l'Asie Mineure.

Les Zingares que nous connaissons sous le nom de Bohémiens^ et qu'on appelle Tzinganés en Turquie, Zigeuner en Allemagne, sont, à ce que Ton croit, les descendants d'une basse caste indienne expulsée de sa patrie par l'invasion des armées de Tamerlan. Ces tribus nomades, venues en Europe par la Turquie d'Asie vers l'année 1408, parcouraient la Thrace, les contrées du Danube, l'Italie, l'Espagne, la France et l'Allemagne, exerçant partout les métiers de bateleurs, de fabricants d'ustensiles de métal et de diseurs de bonnes aventures. Amurat IV voulut les conGner dans le voisinage des Balkans ; mais ses ordonnances ne les empêchèrent pas de se répandre et de se multiplier dans les autres provinces. Plus de la moitié des Zingares ont quitté la vie nomade; la plupart d'entre eux suivent, en apparence, la loi musulmane et ne contractent guère de liens de parenté qu'avec les Turcs, car ils sont méprisés par les chrétiens. Le nombre des Zingares est évalué à 214,000 dont 80,000 pour la Bulgarie et les deux principautés, contre 95,000 dans la monarchie autrichienne, savoir : 60,000 en Transylvanie, 21,000 en Hongrie, 12,000 dans la Voïvodie, etc.

Les Arabes sont au nombre d'environ 5,050,000, en comprenant dans ce chiffre les populations des possessions africaines, Egypte, Tripoli, Tunis dont le fond est arabe.

Les Syriens et les Chaldéens appartiennent origi-

nairement à la même race. Les premiers se divisent en Maronites, au nombre de 140,000 environ, tous catholiques, et en Jacobites, au nombre de 70,000, adonnés à l'hérésie d'Eutichès. Les Chaldéens sont divisés en 16 tribus et comptent à peine 25,000 âmes. Les Maronites , dont la civilisation est assez avancée, occupent les montagnes les plus élevées du Liban , et sont simplement tributaire de la Porte.

Les Druzes habitent au midi de la chaîne du Liban et le Hauran, pays qui s'étend au delà de TAnti-Liban, vers la Palestine. Les Druzes se sont toujours maintenus dans une sorte d'indépendance au milieu des révo< lutions qu'à éprouvées la Syrie ; ils sont devenus tributaires de la Porte, sous le règne d'AmurallII, en 1588.

Les Kurdes, race indo-persienne, occupent principalement le Kurdistan et le pachalik de Mossoul ; les historiens croient retrouver les anciens Chaldéens et les Parthes parmi les peuplades kurdes, répandues dans les montagnes, qui séparent l'Asie Mineure de la haute Asie.

Les Turcomans, race d'origine tatare, sont nomades et s'étendent au delà de Sivas, dans les grandes plaines interposées entre Césarée, Diarbékir et Adana, et même en Syrie.

Enfin, les Francs ou Européens de divers pays : Italiens, Dalmates, Hongrois, Allemands, Français, Anglais, etc.

TROISIÈME SECTION

Popalatlon par coite.

Il n y a pas de pays au monde où Ton trouve tant de religions différentes que dans les États du Sultan. Outre le raahométisme , qui est la religion dominante en Turquie, on y distingue le culte grec orthodoxe, le culte catholique romain, le culte arménien, le culte israélite, etc. Voici, par aperçu, la division des habitants de lempire au point de vue de la religion :

Page 1