VALEURS
Fr.
Total. . .
Croatie jusqu'à la Bukowine. L'Autriche envoie en Turquie des draps, de la verrerie, de l'ambre jaune de la Baltique, des tissus de lin et de coton, des outils de fer et d'acier, des drogues et des couleurs ; elle reçoit de la Turquie des fruits, des grains, de la garance, de la laine, de la soie écrue, des noix de galle et du tabac.
Les articles qui constituent les échanges de la Turquie avec les autres États de l'Allemagne, la Prusse, la Saxe, la Bavière, etc, sont à peu près les mêmes que ceux de l'Autriche. Toutes les marchandises sont expédiées en transit par les ports de Trieste et du Danube.
La Russie exporte en Turquie des fourrures, des toiles à voiles, des cordages, des fers de Sibérie, des peaux, des grains, du beurre, du suif, du caviar; elle ne tire de la Turquie que des huiles, du savon, du coton, du tabac et des fruits secs.
La Belgique expédie en Turquie des sucres raffinés, des clous, du verre à vitre, des armes à feu, des machines et mécaniques, de la céruse, des draps; elle exporte de cette contréa des grains, de la laine, des graines oléagineuses, des fruits secs.
Les échanges de la Hollande avec la Turquie sont à peu près les mêmes que ceux de la Belgique.
La Sardaigne envoie en Turquie des tissus de soie, des velours, du cuir et des denrées coloniales; elle n'en exporte pour ainsi dire que des grains.
Le commerce de la Grèce est à peu près nul à l'importation en Turquie, il ne comprend que du vin, de
l'huile et des figues ; la Grèce exporte de la Turquie du savon, du bétail, du bois, des poissons salés, de la soie, des grains et de la cire.
Les îles Ioniennes envoient en Turquie, outre un petit nombre de produits indigènes, des objets divers, tels que tissus et sucre, la plupart provenant de la Grande-Bretagne ; elles reçoivent en échange des grains, du gros et du menu bétail et du riz.
Outre le commerce de transit avec les pays de l'Europe par la voie de Trébizonde, la Pçrse envoie directement sur les marchés de la Turquie des châles, des tapis, des mousselines brodées, du tabac, des perles, des diamants et des pierres précieuses; la Perse n'exporte de la Turquie que du numéraire et quelques articles manufacturés.
La Suisse, par ses envois nombreux d'objets manufacturés, dont la valeur s'élevait à 12 millions de francs en 1857, s'est placée au premier rang des puissances commerçantes de second ordre en Turquie. C'est par des consignations suivies et importantes que les Suisses ont fait connaître leurs produits et établi dans tout le Levant un commerce considérable. Leurs expéditions, en échange desquelles ils reçoivent peu de produits ottomans, consistent en montres et horlogerie de Genève, en cotonnades de couleur et imprimées pour lesquelles elle fait concurrence avec l'Angleterre, en lustrine et taffetas. Tous ces produits sont expédiés en transit par Trieste et Marseille.
Les États-Unis importent en Turquie des cargaisons de rhum, de café, de bois de teinture et d'autres den-
rées coloniales; à leur retour, les navires chargent de la laine et des fruits secs.
Le Brésil envoie annuellement en Turquie 12 à 15 navires chargés de café. Les autres États, tels que la Toscane, Naples, les villes hanséatiques, la Suède et la Norwége, font peu d'affaires avec la Turquie ; cependant, depuis une douzaine d'années, l'Allemagne du Nord achète à la Turquie des quantités considérables de fruits secs, de seigle et de bois d'ébénisterie.
En comparant la nature des objets importés en Turquie avec la nature de ceux que cet empire exporte, on trouve que les produits fabriqués entrent pour les trois quarts de leur valeur dans la totalité des importations européennes, tandis que les denrées et les matières premières forment environ les sept huitièmes du commerce d'exportation de la Turquie.
DEUXIÈME SECTION
MoyeiiA de transport par terre et par mer.
Peu de transports se font par voitures ou chariots, à cause du mauvais état des routes, surtout dans la Turquie d'Asie où l'hiver interrompt très-souvent les communications. Le transport des marchandises par terre s'effectue généralement à dos de chameaux, rarement à dos de mulet ou de cheval, au moyen des caravanes (du mot persan kiervaUy troupe de voyageurs, pèlerins ou marchands). Les grandes villes de l'intérieur communiquent non-seulement entre elles par les voies des caravanes, mais encore avec les ports de mer