MOYENS DE TRANSPORTS
de Tempire, la Perse, llnde, la Géorgie, TArabie, la Nubie, le Sennaar, le Darfour, etc. Les caravanes déchargent leurs marchandises dans les villes maritimes, où elles sont, pour la plupart, embarquées sur des bateaux à vapeur ou sur des bâtiments de cabotage pour être transportées soit en Europe, soit à Constantinople, soit dans d'autres ports de la Turquie d'Europe, Les caravanes les plus renommées dans tout TOrient sont celles qui partent chaque année de Damas et du Caire pour se rendre à la Mecque; celles-ci ont un but à la fois religieux et commercial. Les autres caravanes sont exclusivement marchandes et se distinguent en cara-vanes pesantes composées de chameaux qui portent de cinq à six quintaux de marchandises, et en caravanes iégères dont la charge ordinaire n'excède pas trois quintaux par chameau. On évalue à 100,000 le nombre de ces animaux employés au service des caravanes; un dixième de ce nombre succombe aux fatigues des voyages, malgré les soins que leur donnent les conducteurs. Le trajet moyen des caravanes est de 6 à 7 lieues géographiques (45 à 50 kilomètres) par jour; le prix de transport varie, selon la saison et l'abondance des produits, de 90 paras à 4 piastres (52 à 92 centimes) par jour et par batman de 6 oques (7 et 1/2 kilog).
Le transport par mer s'effectue au moyen de la navigation à voiles et à vapeur.
TROISIÈME SECTION
rvaTlg^ation à TolleA.
La navigation à voiles, pour les pays du Levant, est de deux espèces : l'une, qui a pour objet les échanges avec les États et les ports européens, s Sipipelle grande navigation; l'autre qui s'effectue entre les différentes Échelles, sorte de grand cabotage, est dite navigation de caravane. Tous les pavillons jouissent d'une pleine liberté dans cette navigation, la marine marchande ottomane étant insuffisante pour les besoins du commerce. La marine marchande ottomane compte environ 2,200 bâtiments jaugeant ensemble 182,000 tonneaux. Les bâtiments se composent de brigantins de 150 à 300 tonneaux de capacité, de bombardes de 40 à 80 tonneaux et d'unequantité de petits bâtiments pour le commerce du cabotage, tels que schooners, barques, etc. A l'exception de ces petits bâtiments , la plupart des navires sont construits en Grèce. Les propriétaires et les capitaines des grands bâtiments sont généralement des Turcs; mais les équipages se composent d'un mélange d'Européens, d'Asiatiques et d'Africains. Les bâtiments turcs visitent principalement les ports de l'Archipel, de la mer Noire, de l'Adriatique, de TÉgypte et quelquefois ceux des États Barbaresques.
Les droits de navigation sont extrêmement modiques
en Turquie; d'après le règlement établi pour le port
de Constantinople et rendu applicable à tous les ports
de l'empire par une ordonnance du 13 avril 1847 (i),
(1) Voyez aax annexes le contenu de ceUe ordonnance.
il est perçu 2 piastres par 1 ,000 kilos (50 centimes par 2,564 kilogrammes) en calculant la capacité de chaque bâtiment, d'après la quantité de marchandises qu'il a débarquées ou embarquées. Les détroits de Constantinople (Bosphore) et des Dardanelles sont ouverts aux bâtiments de commerce de toutes les puissances amies du gouvernement tur^;, ils ne peuvent cependant franchir les détroits qu'après le coucher du soleil. Les bâtiments n'ont rien à payer à leur entrée; mais ils doivent préalablement se faire reconnaître. A la sortie des détroits, ils sont munis d'un firman délivré à Constantinople et qui est remis au château des Dardanelles, sans autre payement qu'un simple droit de consulat.
Parmi les ports turcs les plus fréquentés par le commerce, on cite les suivants :
4** Sur la mer de Marmara: Constantinople, Ghem-
lek (port de Brousse).
2^ Sur la mer Noire, littoral européen : Soulina, principale embouchure du Danube; Varna, Baltchik, Bourgas, ports principaux de la Bulgarie.
3^ Sur la mer Noire^ littoral de l'Asie Mineure : Trébizonde, Samsoun, Sinope, Kérasoun, Érégli, Tireboli.
¥ Sur le littoral de VAnatolie: Smyrne, Scala-Nova,
Mersiné.
5"^ Sur le littoral de la Syrie : Beyrout, Alexandretle,
Lataquiéh, Tripoli, Saïda, Caïffa, Jaffa. 6^ Sur le littoral de la mer Rouge : Djeddab.
7^ Sur le golfe Persique : Bassora.
8** Sur lelittoralde laRoumélie: Salonique, Orphano, La Cavale, Volo, et plusieurs autres ports secondaires sur la rive orientale du mont Pélion : Armyro, Danoioulakî, Mélina, Calanera, Agrio et Kolento Zagora; 9^ Sur le littoral de V Adriatique: Prévésa. i 0° Dans l'Archipel ottoman : La Canée (île de Candie) , Larnica (lie de Chypre) , Castro (ile de Métélin), Rhodes.
Le gouvernement turc ne publiant aucun document officiel sur le commerce du pays, le mouvement général de la navigation est d'autant plus difficile à établir que dans les petits ports de mer, dont la Turquie possède un grand nombre, on ne tient aucun registre; en outre, dans les ports principaux, une notable partie des renseignements échappe même au contrôle de la douane. Toutefois, d'après des données recueillies auprès des diverses chancelleries parM.deReden, on peut évaluer, année moyenne, à 20,500 le nombre des bâtiments à l'entrée des ports; ces navires jaugent ensemble 3,000,000 de tonneaux. En ne tenant pas compte des bâtiments du petit cabotage, le mouvement de ces ports peut s'évaluer de la manière suivante :
Conslantinople. . . . 11,000 bâtiments de 1,700,000 tonneaux.
Salonique 530 » » 64,000 »
Orphano 160 » » 20,000 »
La Cavale loO » » 18,000 »
Volo 540 » » 65,000 »
Les ports de l'Albanie 1,150 » » 140,000 »
à reporter. . 13,530 2,007,000
Report. . 13,530 2,007,000 Les ports de la Bulgarie 2,800 » » 336,000 »
C 1,073 bâtiments à voiles de 130,000 » ^^'"® ( 387 » à vapeur » 168,000 »
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Les ports du littoral
de la Syrie .... 1,050 bâtiments de 158,000 »
Braïla 520 » » 60,000 »
Galatz 940 » » 113,000 »
Le plus grand nombre des bâtiments employés au cabotage naviguent sous pavillons turc, samien, moldave, valaque et serbe, ainsi que sous celui de Jérusalem qui jouit de certains privilèges en France et ailleurs; il appartient exclusivement aux Catholiques d'Orient. Les pavillons grec, autrichien, ionien et russe occupent le second rang dans la navigation du cabotage. Les navigateurs sous pavillons turc, samien, grec, ionien et' russe, sont pour la plupart des Grecs.
Le tableau suivant présente approximativement, et abstraction faite des bâtiments à vapeur et de ceux du petit cabotage, le mouvement maritime dans le port et le canal de Constantinople en 1856. Ce document est emprunté aux Annales du commerce extérieur publiées par le gouvernement français (livraison de décembre 1857, numéro 11) :