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touré de sa cour, de ses grands fonctionnaires, de son armée, et toutes les traditions slavo-russes s'y étaient réfugiées avec eux. La résidence du monarque et de la cour s'étant ainsi déplacée, le métropolitain de toutes les Russies, — c'était alors Maxime, — fixa la sienne, en 1299, dans les mêmes lieux, après s'y être rendu avec tout son clergé. Un fils du grand-prince de Vladimir et de Souzdal, sans doute déterminé par une incursion mongole à quilter la résidence de son père, alla se réfugier dans le beau site qu'anime le cours de la Moskva par ses méandres au pied de jolis coteaux (kroulitsy), s'y attacha et y fit bâtir un château de plaisance, dont bientôt il fit sa résidence particulière. Ce prince était Daniel, un des fils de l'illustre Alexandre Nevski. Il y eut ainsi dès 1277 un prince de Moscou1, et, à partir de 1328, il y eut même un grand-prince de Moscou ou moscovite, le fils de Daniel, Ioann Danilovitch Kalita ou la Bourse , qui lui-même n'arriva au trône suprême qu'après un long intervalle de temps, et en fixa aussitôt le siège à Moscou, où le premier pasteur de l'Église dut pareillement venir s'établir. Avons-nous besoin de dire que cette principauté de Moscou était toujours la Russie? que de là le monarque étendait sa suprématie sur Vladimir et Souzdal, Novgorod, Pskof, Smolensk, etc., et, du moins nominalement, même sur toutes les Russies? que le pontife était, avant comme après, métropolitain de tontes les Russies? Cela est d'une telle évidence, qu'une démonstration peut paraître oiseuse.
Mais les Polonais, qui sont ici nos contradicteurs déterminés et unanimes, présentent ces faits sous un tout autre jour. A les entendre, l'acte d'union de 1569 réunit toutes les Russies à la Pologne. «Le seul duché de Moskovie, liton dans le Tableau de la Pologne de Malte-Brun et Léonard