III. t
périodes que M. le baron de Haxthausen1 a assignées à leur développement. C'est dans le volume qui sera consacré aux intérêts matériels, qu'il faudra chercher l'historique des villes commerçantes, telles que Saint-Pétersbourg, Arkhangel, Riga, Odessa, Nijni- Novgorod, Kharkof, etc., ou industrielles, comme Moscou, Vladimir, Mourom, Perm, Chouïa, etc. Mais ici, nous voulons au moins dire un mot, sauf à y revenir ensuite à propos de l'administration municipale, du statut (gorodovoié polojénié)* que Catherine II a octroyé aux villes par son manifeste du 24 avril (5 mai) 1785 et qu'Alexandre Ier a proclamé loi de l'empire, le 22 avril 1801. Ce statut était, de la part de la digne héritière de Pierre le Grand , un essai de doter la Russie d'une classe de population qui lui manquait encore presque entièrement, la classe moyenne ou la bourgeoisie. Avant le statut, celle-ci n'avait du moins pas d'organisation nette. En effet, Reutz5 nous dépeint, d'après YOulojénié Zakonof (1G49) l'état de choses contemporain, c'est-à-dire existant sous les premiers tsars de la maison des Romanof. En première ligne des habitants des villes figurait4 la famille historique des Stroganof, formant à elle seule alors la classe des gens notables. Ensuite venaient les négociants en gros (gorodovyié iorgovyié lioudi1) et les marchands étrangers (gosti), puis trois classes de marchands et séparément trois classes de marchands de draps, puis les hommes des Centuries noires et des slobodes (tchomykh sotenn i slobod;
1. Études, t. II, p. 111. Cf. t. III, p. 1i6. — Voir encore a ce sujet Reutz, . t. Ier, p. 169 eùuiv.; t. II, p. 288 cl 374-378, 387 et 388, et La Vérité sur
la Russie, p. 237 et suiv.
2. On en a une traduction allemande due à C. G. Arndt, sous le titre de Catharina 11. Stadtordnung , Saint-Pétersbourg, 1785, in-4°.