‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 153 sur 367 · Voir t. H, p · texte numérisé non relu

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dessous de 2,400 R. A. ou environ 9,600 fr. dans la troisième guilde, de 6,000 dans la seconde, et de 15,000 dans la première1. Ces déclarations servent de base pour le crédit que les banques accordent aux commerçants inscrits. Ceux de la première guilde, dont le nombre ne dépasse jamais beaucoup 1,000 ou 1,200, peuvent faire le commerce en gros des marchandises tant indigènes qu'étrangères dans toute l'étendue de l'empire, établir des maisons de banque et des comptoirs d'échange ou d'assurance, s'engager pour des fournitures avec le gouvernement, et pratiquer en même temps le commerce de détail dans la ville et le district où ils sont domiciliés, enfin équiper pour leur compte des bâtiments marchands. Les membres de la deuxième guilde, d'un nombre à peu près double de ceux de la première, jouissent, quant au commerce en gros et en détail des marchandises indigènes, des mêmes droits que ceux de la première; mais la valeur des marchandises qu'ils peuvent tirer de l'étranger ne doit pas dépasser 00,000 R. A., et ils n'ont pas le droit d'établir des maisons de banque ni des comptoirs d'assurance. Les marchands, infiniment plus nombreux, de la troisième guilde enfin peuvent faire le commerce en détail de toutes les marchandises indigènes et en même temps des marchandises étrangères achetées chez un négociant de la première ou de la deuxième guilde; ils peuvent tenir des hôtelleries, avoir des bateaux de transport , des métiers à tisser, exercer leur trafic aux foires et marchés, etc. Tous, eux et leur famille, sont exempts du payement de la capitation, ainsi que du recrutement, mais à charge de payer du capital déclaré un p. 100, qui varie, suivant la guilde, de 1 '/s à 4, et auquel s'ajoute un droit sur les transports par terre et par eau, ainsi que certaines pres-

1. L. de Tcngoborski, Études sur les forces productives de la Russie, t. III, p. 300.

talions. Ils ont leur représentant dans le conseil municipal , et, quand ils sont mis en jugement, des assesseurs de leur classe sont adjoints aux juges ordinaires des villes. Les membres des deux premières classes jouissaient en outre de l'exemption des châtiments corporels, pendant que ceuxci étaient en vigueur. La faillite avec circonstances aggravantes entraîne l'exclusion de la guilde. Lors de la sixième révision, au commencement de ce siècle, on ne comptait encore que 125,000 marchands inscrits (en nombre rond)1, chiffre dans lequel étaient compris aussi tous leurs enfanls mâles; aujourd'hui ce même chiffre est de 204,311 , et pour toute la classe, sexe féminin compris, très-près de 400,000, nombre qui paraîtra presque insignifiant à qui se rappelle qu'il y a en France près de 1 l/t millions de patentés, effectivement inscrits, abstraction faite de tous membres de leurs familles. En Russie, les marchands effectifs ne paraissent pas dépasser 50,000, ou de 60 à 80,000, en complant aussi les négociants étrangers et les paysans faisant le commerce avec des certificats de quatre classes diverses. De ces 50,000, c'est le gouvernement de Moscou qui en renferme le plus, proportionnellement (plus de 6,000); viennent ensuite Saint-Pétersbourg (environ 5,000), Kief, Vladimir, Saratof, Orel, Tambof, Tver, Kherson, RiaisAn, etc.

Nous venons de mentionner la rubrique de négociant étranger (innostrannii gosl), qui peut être assimilée aux guildes. Ils payent le pour cent exigé de tout membre de la première* et jouissent à peu près des mêmes droits , indépendamment du libre exercice de leur culte et de la faculté de quitter l'empire, qui leur sont assurés; s'ils formaient quelque part un groupe de 500 familles, ils auraient même le privilège d'être représentés au conseil de la ville. Les

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