‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 157 sur 367 · T. Iir, p · texte numérisé non relu

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œuvre manquée. Basées sur l'esprit de corporation, ces lois ne pouvaient s'harmoniser ni avec les mœurs, ni avec les habitudes, ni avec les opinions du peuple russe, éminemment doué de l'esprit d'association1.» Il avait raison, cet homme d'État déjà cité, selon lequel la Russie n'est qu'un grand village s'étendant sur 88,000 milles carrés d'Allemagne, et puisse le souverain de ce colossal empire ne pas perdre de vue cette vérité dans les mesures qu'il prend avec tant de sollicitude pour en renouveler l'organisation ! Mais d'où vient qu'il n'y existe pas un tiers-état, comme partout ailleurs en Europe? C'est d'abord qu'il n'y a pas, dans les villes, de population homogène, unie par le lien d'une même culture, dont le germe a été pris dans des écoles populaires fréquentées en commun, ni par celui de la communauté des idées et des sentiments5. Les nobles qui y résident en hiver, ou même toute l'année , font bande à part entre eux, et les négociants se regardent comme trop audessus de la petite bourgeoisie. Ces catégories supérieures usent à l'égard des catégories inférieures, et sans admettre de réciprocité, du droit abusif d'en tutoyer les individus, et ainsi se maintiennent des séparations qu'un même culte, le même intérêt en ce qui concerne la cité, devraient tondre à supprimer. C'est ensuite que les vrais corps de métiers, qui sont le noyau et la force de nos populations urbaines en Occident, n'existent pas en Russie, où les grands et les nobles ne se font guère vêtir, servir et fournir que par des étrangers ou au moyen d'envois de l'étranger, où les riches

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