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CHAPITRE IL

L'ORGANISME SOCIAL DANS LE ROYAUME DE POLOGNE , LA GRANDE - PRINCIPAUTÉ DE FINLANDE ET DANS QUELQUES AUTRES ANNEXES ACCESSOIRES.

L'élément principal de la domination russe ne doit pas fixer seul notre attention : à côté de l'empire (A.) sont le royaume de Pologne, la grande-principauté de Finlande, etc., dont il ne nous serait pas possible sans doute de traiter avec la même ampleur, mais qui réclament de nous au moins quelques pages respectivement. Déjà nous nous sommes occupé de ces annexes dans chacun des deux chapitres de la première section de ce volume, celle qui a pour objet le territoire national : nous y revenons maintenant dans cette seconde section, afin d'exposer aussi succinctement leur organisme social. Ils figureront de même, plus ou moins séparément, dans les autres sections; cependant dans toutes nous serons obligé de nous borner à des aperçus rapides, aux notions les plus indispensables.

D. Lk royaume de Pologne.

Les destinées des Slaves latins ont été, et ont dû être, tout autres que celles des Slaves grecs; leur culte en luimême, l'unité de ce culte sous les auspices de Rome et la langue dans laquelle il se célèbre, les rapprochaient plus que les derniers des peuples de l'Occident. L'opposition entre les deux Églises auxquelles ils appartenaient respectivement, les a mis, autant que des intérêts divergents, en opposition entre eux. Mais si le point de départ des deux nations a été bien loin d'être le même, les Polonais, par III. 27

suite de leur origine slave, de l'absence de tout contact entre eux et l'empire Romain, dépositaire de la civilisation dans l'antiquité, par suite aussi de la prise à peu près nulle qu'a eue ensuite sur eux l'institution germanique de la féodalité, ont suivi une marche de développement très- différente de celle des autres nations. Ce sont là des faits saillants, décisifs, sur lesquels nous avons déjà appelé l'attention des lecteurs dans le présent ouvrage , où nous avons esquissé aussi le développement formel du royaume, c'est-à-dire les vicissitudes par lesquelles, il a passé depuis son berceau, d'abord pour élargir ses frontières et ensuite en en subissant le rétrécissement graduel1. Dans une autre de nos publications3, nous avons indiqué les points culminants de la vie propre à la nation polonaise. De bonne heure, avonsnous dit, le système des apanages paralysa les efforts des princes et assura de plus en plus l'ascendant de la haute noblesse, par l'affaiblissement du pouvoir royal. Contre le trône vint se serrer, non pour le défendre, mais pour lui disputer toutes ses prérogatives, un sénat presque aussi puissant que lui, grâce à l'alliance dans laquelle le haut clergé Centra avec les voïévodes (palatins), les castellans et les autres grands dignitaires. Les rois essayèrent bien de contre-balancer l'ascendant des grands en s'appuyant sur le corps tout entier de la noblesse territoriale; mais au bout de quelque temps, la haute noblesse consentit à partager avec la petite les droits qu'elle avait conquis. Alors, se constituant ensemble en république, avec la prétention de voir dans leur union tout le corps de la nation, ces deux sections de l'élément aristocratique travaillèrent de concert à abaisser la couronne, et c'est ainsi que se forma cette démocratie

1. Sur la différence des points de départ , voir t. II , p. 479-481 ; sur la constitution formelle de l'État, t. III, p. 138-147.

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