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La Russie, la Pologne et la Finlande, p

nobiliaire, qui engendra l'anarchie et coupa court à la grandeur des destinées qui semblaient promises à la Pologne. Les paysans ou cmétons, protégés encore et soutenus par le roi Casimir le Grand, tombèrent ensuite dans la servitude , et l'élément bourgeois ne se dégagea point parmi les indigènes. Ce furent des étrangers qui le représentèrent et qui peuplèrent un certain nombre de villes dans la partie occidentale et septentrionale du royaume. Attachés aux institutions allemandes, ceux-ci n'en demandèrent pas d'autres à la Pologne, mais conservèrent les leurs, qui firent d'eux un certain nombre de petites républiques au sein de la grande république nationale, indifférentes au sort de cette dernière, dans l'organisme de laquelle elles n'avaient en réalité aucune place. Voilà l'état dans lequel le siècle de Voltaire trouva* la Pologne , agitée d'ailleurs dans son intérieur et en contestation avec tous ses voisins par suite des dissensions religieuses.

Peut-être les lumières alors répandues et le contre-coup de la révolution de 1789 auraient-ils pu transformer, régénérer cet état de choses, débris de la barbarie du moyenâge, et la constitution du 3 mai 1791 était un essai d'arriver à ce but. Mais, à cette époque, la Pologne n'existait plus dans son intégrité: elle s'était laissé dépouiller, en 1772, d'une vaste étendue de provinces1 par l'Autriche, la Prusse et la Russie, puissances d'alentour dont la dernière recouvrait ainsi sur elle tout ce qu'elle avait dû lui céder dans le cours des siècles, et dont la seconde, depuis que le petit électeur de Brandebourg avait posé sur sa tête la couronne ducale de Prusse transformée en couronne royale, n'avait d'autre tendance que de se substituer à elle, de la supplanter. Vouloir vivre, à cette époque, c'était, pour la Pologne, d'un côté, jurer la mort de la Prusse, et de l'autre, arrêter

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