‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 211 sur 367 · Page 32. Cf. Lindemann , p · texte numérisé non relu

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parler de la soumission définitive du Caucase accomplie en 1864 et solennisée par l'empereur Alexandre II , le 24 juillet de cette année , par un Te Deum chanté au camp de Krassno- Sélo, fête imposante à laquelle nous avons eu la bonne fortune d'assister. On sait que, parmi les montagnards du rivage de la mer Noire, bien des milliers d'hommes ont préféré l'exil à la perte de leur indépendance * ; mais il y a lieu de craindre que les difficultés de leur transmigration dans l'empire Ottoman et les privations qu'ils ont dû endurer par suite de leur nombre, ne leur aient fait regretter amèrement la résolution prise. Ceux, au nombre d'environ 60,000, diton, qui ont accepté les terres que le gouvernement russe leur offrait dans les plaines du Kouban et sont allés s'y établir, se sont ainsi préparé, nous l'espérons, un sort moins malheureux.

Nous n'avons rien à ajouter ni sur le dadianat de Mingrélie, le chamkhalat de Tarki et les différents khanats ou sultanats qui sont voisins de ce dernier dans la partie orientale du Caucase , ni sur les hordes de la steppe dzoungarique et kirghise, lesquelles se considèrent moins comme des sujets que comme des protégés du grand empereur de Russie ; il sera temps d'y revenir quand nous donnerons la topographie détaillée de l'empire. Nous avons voulu seulement consigner encore ici quelques renseignements nouveaux relatifs aux différentes classes de la population dans la région caucasique.

Noblesse. Les pays de langue géorgienne , la Géorgie ellemême, l'Iméreth, la Mingrélie, le Gouria, etc., ont fourni

1. Sur la situation antérieure des montagnards vis-à-vis de l'armée russe, on peut voir l'opuscule d'un anonyme (de Smitt), Wie ward der letite orientalische Krieg herbeiqefùhrt? (1863) p. 103. Voir aussi Der Krieq gegen Hussland im Jahre 1854, t. Ier, p. 55 et suiv., et l'article Russland und die Vôlker desRaukasus, dans Bodenstedt, Die Vôlker des Kauhasus (1855), t. Ier, p. 219 et suiv.

un renfort considérable â l'aristocratie de l'empire à laquelle ils ont été incorporés dans les années 1801 à 1838 f. On sait que la Géorgie, qui s'appelle en russe Grousie, avait jusqu'à la fin du siècle dernier des tsars indépendants 2, mais qui, à plusieurs reprises, ont eu recours au protectorat de leur puissant voisin et coreligionnaire, le tsar et empereur de toutes les Russies. George XIII, le dernier de ces tsars, mais déjà vassal de l'empire , laissa , de son mariage avec une princesse Tsitsianof, plusieurs fils, désignés sous le nom de tsarévitchs. Aujourd'hui sa descendance est connue sous le nom de princes de Grousie ou Grousinski. Les princes Bagrathiôn-Moukhranski forment une branche de leur illustre maison, qui était celle des Bagrathides, à laquelle on assigne une origine biblique et qui occupait le trône de Géorgie depuis l'an 787 , après avoir régné déjà auparavant en Arménie1. D'autres maisons princières sont celles des Orbélian ou Orbelianof, des Tsitsianof, des Eristof ou peut-être primitivement Eristav (de êris-tavy chef du peuple), souvent mentionnés dans l'histoire*, celle des Palavando, dont parlent les voyageurs5, etc. D'un autre côté, des tsars d'Iméreth sont issus les Bagrathiôn-Imérethski et les Bagrathiôn-Davidof; des dadians de Mingrélie, les princes Dadianof, dont les Gouriel du Gouria sont une branche6;

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