Le privilège octroyé so trouve Urid., p
En Russie, comme en Pologne, les évêques et leurs suffragants ne doivent être nommés par l'empereur que d'après un arrangement préalable entre lui et le Saint-Siège. Cette formalité remplie, le pape leur donne l'investiture canonique. Les sept diocèses sont ceux de Moghilef, Vilna , Telché (gouv. de Vilna), Loutsk et JUomir, Kaménietz, Minsk et Tiraspol (gouv. de Kherson). Dans chacun d'eux, il existe un séminaire, indépendamment de l'Académie ecclésiastique qui, de Vilna, a été transférée à Saint-Pétersbourg et dont le recteur est aussi revêtu de la dignité épiscopale. Les bâtiments consacrés au culte étaient, en 1850, au nombre de 2,264, succursales et chapelles comprises; mais les églises paroissiales ne paraissent pas avoir dépassé de beaucoup le chiffre de 900. Le clergé séculier comprend environ 1,990 prêtres; dans son ensemble, il se composait, en 1860, dans les 49 gouvernements de la Russie d'Europe, de 4,839 individus mâles et 1,518 personnes du sexe féminin. Dans 112 couvents, il y avait environ 2,200 religieux et religieuses; les couvents de femmes étaient au nombre de 51 avec environ 600 nonnes.
Catholiques romains du royaume de Pologne. Ici, nous avons affaire à un vieux peuple catholique1, où tous fidèles d'une même Église, qui malheureusement permettait à la minorité régnante d'opprimer et d'exploiter le grand nombre, répugnaient à la dissidence, si familière sur le terrain de la politique à cette même minorité , tolérante seulement pour la tribu des enfants d'Israël dont elle était entourée et du savoir-faire de laquelle elle avait incessamment besoin. Au nombre, dans le royaume, de 3,804,865, sur une population totale de 4,972,193*, les catholiques en
1. Voir plus haut, p. 139, et notre ouvrage La Russie, la Pologne et la Finlande, p. 514. ...» -i »
î. Milutine, Materialy, p. U et 15. Cf. Dos Konigreich Polen, p. 70.
forment les 77 ou 78 centièmes. Ils possèdent 1,460 églises (dont 9 cathédrales et 6 collégiales), plus 70 annexes ou succursales, avec un clergé de plus de 2,200 prêtres, mais comprenant 4,942 personnes, en comptant aussi les moines, les religieuses , les frères des écoles et les sacristains. Le clergé se forme dans une académie théologique et 12 séminaires. Il existait, en 1862, 193 couvents, dont 152 d'hommes se rapportant à 19 ordres différents, et 41 de femmes; il y avait alors dans les premiers 1,940 individus, tout compris, et dans les seconds 469; mais ces nombres ont depuis été réduits. Une grande partie des moines est investie de la prêtrise. Le haut clergé se compose de l'archevêque de Varsovie, qui autrefois s'intitulait primat de Pologne, de 7 évêques diocésains, de quelques autres évèques ou suffragants, et de 37 prélats, au total de 49 dignitaires. Les diocèses sont ceux de Varsovie , Kalisch, Krakovie, Ploçk, Sandomir, Lublin, Podlakhie et Augustow. L'autorité supérieure à laquelle ils ressortissent, est la direction des affaires ecclésiastiques et de l'instruction publique du royaume. Le clergé a conservé des débris de ses grands biens d'autrefois : 288 terres ou propriétés rurales lui appartiennent encore, et l'on estime son revenu à environ un million de florins (600,000 fr.), auxquels s'ajouteraient 1,600,000 fl. annuellement payés par le Trésor. Au reste, nous nous référons, quant à la position matérielle du clergé, à ce qui a été dit plus haut (p. 445).
A ces catholiques romains il faut ajouter les grecs-unis du royaume, au nombre de 283,000, avec 269 églises, 75 succursales et 50 chapelles, desservies par un peu plus de 200 prêtres; on compte aussi parmi eux quelques moines. Les grecs-unis paraissent relever des mêmes évêchés que les autres catholiques.
D. Culte évangélique luthérien.
La première église de ce culte, en Moscovie, date du règne de îoann IV le Terrible, qui permit aux Allemands de la slobode de Moscou de transformer en un vrai temple le simple oratoire que son prédécesseur Vassili leur avait accordé au siècle même de la réforme1. Depuis 1617, les Suédois introduisirent le protestantisme dans l'Ingrie, leur conquête. Comme, parmi les étrangers qui entrèrent au service de Pierre le Grand, il y avait beaucoup d'hommes professant le même culte, ce monarque fit bâtir à leur intention, dès 1705, dans la forteresse de Saint-Pétersbourg, un petit temple en bois; puis en 1722 fut fondée dans l'île de l'Amirauté l'église de Saint-Pierre, qui dans la suite fut réédifiée dans la perspective de Nevski. Les églises de Sainte -Anne et de Sainte -Catherine vinrent bientôt s'y joindre *, ainsi que l'église hollandaise et celle des Finlandais. C'étaient là de petites communautés isolées, principalement composées d'étrangers, officiers de marine et autres, fonctionnaires civils et politiques, etc. Cependant l'acquisition de la Livonie , de l'Esthonie et de cette partie de la Finlande appelée depuis Vieille -Finlande, vint multiplier les protestants dans l'empire; en 1796 s'y ajouta encore la Kourlande, également protestante en grande majorité, puis en 1809 toute la grande-principauté de Finlande, où sur 1,650,000 habitants actuels, 1,620,000 professent le luthéranisme des Suédois. Celui d'Allemagne, dominant dans les provinces Baltiques, fut successivement importé par des immigrants et des colons dans les deux capitales, et, de 1763 à 1770, dans le gouvernement de Saratof, où ils sont mêlés de frères moraves, de mennonites, etc.
I. Voir plus haut, p. 506, et Lemmerich, Geschinhte der evanyelisch-luthe* rischen Kirche St. -Pétri in St.-Petersburg , t. Ier, p. 19. S. Lemmerich , t. Ier, p. 34 et suiv.
Aujourd'hui, il y a au total sous la domination russe environ 3,800,000 luthériens, dont 1,900,000 dans l'empire \ 1,620,000 dans la grande-principauté de Finlande, et 288,000 dans le royaume de Pologne; plus les 15 ou 20,000 herrnhutes et mennonites. Nous placerons sous les trois rubriques indiquées ce qui nous reste encore à dire à leur sujet.
Luthériens évangéliques de l'empire. Ils possédaient, il y a une vingtaine d'années, 374 églises et 301 oratoires. Dans la Statistique de 1863 on a inscrit comme se rapportant au clergé protestant en général 1,758 individus mâles et 1,780 du sexe féminin , dont le plus grand nombre dans les gouvernements suivants: Livonie (682 mâles), Kourlande, Tauride, Saint-Pétersbourg et Esthonie (124). On a vu pins haut (p. 193) qu'il y avait dans les provinces Baltiques 264 pastorats, dont 114 en Livonie, 105 en Kourlande et 45 en Esthonie. Le nombre total des pasteurs approche de 480.
Voici quelle est leur organisation d'après YAdress-Kalendar de 1863, conformément au statut du 28 décembre 18328, qui règle les affaires de l'administration du culte dont nous parlons, laquelle dépend de la direction des cultes étrangers au ministère de l'intérieur. Un consistoire général est établi à Saint-Pétersbourg : composé surtout de laïcs, parmi lesquels est compris un procureur impérial, il a aussi un laïc pour président, mais l'évêque luthérien de Saint-Pétersbourg en a la vice-présidence. Il y a ensuite huit consistoires, formés moitié de laïcs et moitié d'ecclésiastiques, et dont les présidents sont des laïcs, mais qui ont également des vice-présidents ecclésiastiques, portant