C. Culte catholique romain
Culte de la majorité dans le royaume de Pologne, il est, dans l'empire, celui d'une minorité respectable qui ne reste pas beaucoup au-dessous de 3 millions. Au total , il y a environ 6 % millions de catholiques romains sous la domination russe, sans compter les 283,000 grecs-unis que l'on compte encore dans le royaume de Pologne, tandis que ce culte à part a disparu dans l'empire. L'organisation des églises catholiques dans l'empire étant différente de celle des mêmes églises dans le royaume, nous les rangerons ici sous deux rubriques.
Catholiques romains de l'empire. L'ancienne Moscovie ne connut point ce culte jusqu'au temps d'ioann IV le Terrible; cependant on a vu plus haut que, comme ce tsar, un de ses prédécesseurs avait déjà prêté l'oreille aux propositions du pape tendant à l'abolition du schisme et, par suite, III. 36
à une réunion. Le Faux-Dimitri entreprit ensuite, à l'instigation des jésuites, de convertir le peuple russe au catholicisme; mais cette propagande n'eut pas non plus de succès. Sans vouloir pousser plus loin cet historique, nous rappellerons que Pierre le Grand, qui se plaisait à parodier le pape et le conclave1, accorda, en 1705, aux capucins la permission de construire une église à Moscou* et qu'il assigna aussi aux catholiques, dans le même but, des terrains dans la capitale de sa fondation, mais qu'un incendie y dévora en 1737 la première église catholique. Elle fut remplacée, en 1763, par l'édifice en pierre qui figure parmi les temples dont la diversité a fait donner à la perspective de Nevski le surnom de rue de la Tolérance. Bientôt après, les partages de la Pologne augmentèrent singulièrement le nombre des catholiques sujets russes, et il fallut alors pourvoir à l'organisation extérieure de leur culte. Dès 1773, ils eurent un évêque résidant à Moghilef (Russie occidentale), et en 1782 ce siège fut transformé en un archevêché, au titulaire duquel on donna un coadjuteur. Des concordats furent signés avec le Saint-Siège en 1798, 1818 et 1 847.
L'organisation du culte catholique dans l'empire et dans le royaume est réglée par le concordat de 1847. Dans l'empire, dont nous traitons d'abord, elle a pour centre le collège ecclésiastique, dont le siège est à Saint-Pétersbourg, qui relève du ministère de l'intérieur et est présidé par l'archevêque de Moghilef, métropolitain de toutes les églises catholiques romaines de l'empire. Outre le diocèse métropolitain de Moghilef, il existe six diocèses épiscopaux, chacun avec son consistoire particulier, formé d'ecclésiastiques nommés par l'évêque avec l'assentiment du gouvernement.