Ce qui équivaut à une égale somme de francs
A. Voir Spittler et Meincrs, Historisches Magazin, t. VII, 4e livr., et Zimmermann, Annalen der Géographie und Statistik. 1790. t. II. — Coxe (t III, p. 50- 55) entre dans beaucoup de détails.
LES FINANCES DE i/ÉTÀT. BUDGET. 587
venu s'était élevé alors à 40,128,136 R. A., ou à un peu plus de 160 millions de francs, probablement encore sans compter les rentrées en nature. Pour les dix premières années du règne de la grande souveraine, le savant Schlœzer, dans sa Correspondance, Pavait déjà évalué à 30 millions de thaler ou environ 115 millions de francs. Une dizaine d'années plus tard, après les acquisitions du côté de la Pologne, la somme ne pouvait certainement plus être au-dessous de 160 millions de francs: c'est là une donnée qui nous parait incontestable1. A la fin du siècle, c'est-à-dire moins de vingt ans plus tard , elle était encore une fois doublée, car on la porte pour 1801 jusqu'à près de 80 millions de R. A. ou 320 millions de francs, montant que certains auteurs enflent même encore considérablement, tandis que d'autres le réduisent dans une non moins forte proportion*. Selon l'affirmation de H. Storch, qu'il basait, dit-il, sur des documents très -authentiques, le revenu était en 1804 de 109 millions de roubles, ce qui revient à peu près aux 100 millions d'écusdont, d'après le comte de Stedingk, ministre de Suède à Saint-Pétersbourg, le Trésor s'alimentait, vers 1806. Dans les années 1810 et 1811 , lorsque les dépenses croissantes de l'empire et des éventualités menaçantes firent élever la capitation, le droit de patente du commerce, le droit du timbre, celui sur le sel, etc.8, ce
1. Hupel (t. I*r, p. 392 et suiv.) discute très-bien la questionnais quand ensuite il ajoute (p. 435) : « D'après cela les revenus de l'empire ont bien plus d'importance que ceui de la plupart des royaumes de l'Europe », il dit tout bonnement une absurdité.
2. On peut comparer, H. Storch, Russland unter Alexanderl.. t. il, p, 326, et Gemâlde von Russland, t. V, p. 326, avec Tooke, t. IV, p. 55, et avec Leroy de Flagis, État de l'empire de Russie (1807), surtout p. 148. Ce dernier, après être entré dans de grands détails, dresse le « bilan de l'empire ». La valeur variable du rouble, dont nous parlerons plus loin, afin d'offrir au lecteur le moyen de faire la réduction , a ensuite donné lieu à de fréquentes erreurs dans les estimations.
3. Oukase du 2 (U) février 1810. Alors fut promise pour la première fois à la Russie la publicité du budget.
montant n'était déjà plus le même. Wichmann, dans son Tableau statistique de la Russie, évalue le revenu pour cette époque-là à 270-280 millions de R. B.1, qui pouvaient valoir, suivant le cours d'alors, 460 ou 480 millions de francs; cependant M. N. Tourghénief , en donnant l'analyse des plans financiers de Spéranski*, affirme qu'en 1810 ce même revenu ne dépassait pas 127 millions, tandis que les dépenses étaient évaluées à plus de 193 millions. D'après cela, il y aurait eu une baisse fort considérable dans un temps où, par suite des fréquentes émissions d'assignats, c'est-à-dire de billets d'assignations non remboursables, à cours forcé, tout renchérissait rapidement. Ce qui est certain, c'est qu'il y eut une halte dans la marche ascendante, si prodigieuse jusqu'alors. Encore en 1828, M. de Weydemeyer, à qui les chancelleries russes étaient ouvertes , ne les évaluait pas à plus de 500 millions de francs. Mais déjà TadministratioD du comte Cancrine avait donné une nouvelle impulsion à toutes les branches de l'économie nationale, et l'on assure que pendant les vingt ans qu'il passa à la tête du ministère des finances , il augmenta les recettes de l'empire de 160 millions de francs. En mars 1833, lord Palmerston donna au parlement britannique le chiffre de 19,300,000 liv. st. ou 482 millions de francs, mais une nouvelle augmentation dans de fortes proportions eut lieu depuis, car l'élasticité du revenu de la Russie est admirable, a Les revenus ordinaires de l'État, dit Tengoborski \ ont augmenté depuis
1. R. B. Nous désignons ainsi le rouble banco ou en assignats.
2. La Russie et Us Russes , t. III , p. 478. M. Tourghénief parle toujours de millions sans rien ajouter relativement au cours ou à la valeur. Laissés ainsi dans le vague, les chiffres n'ont plus de signification. D'après une lettre de Spéranski à l'empereur Alexandre Ier, citée dans le même livre (t. II, p. 396, note), les revenus, qui en 1810 étaient de 125 millions, furent portés, en 1812, à 300 millions. C'était sans doute l'effet du patriotisme exalté par l'invasion étrangère, ainsi que, du moins partiellement, de l'espèce d'income tax qui fut alors introduite,