Voir cependant t. 1er, p
Caspienne, mer intérieure et fermée. Elle n'était maîtresse que de l'embouchure de la Dvina et du Volga, non de celles de la Neva, de la Duna, du Dnièpr et du Don. Des provinces suédoises la tenaient à distance de la Baltique , et le khanat de la Petite-Tatarie s'étendait entre elle et le Pont-Euxin. Le grand homme ne tarda pas à arrêter sa résolution de changer un tel état de choses ; mais ce ne fut pas sans de longs efforts qu'il y parvint. En effet, quoique dès l'an 1698, les Turcs, en vertu de la convention de Karlovitz, fussent obligés de lui abandonner la ville d'Asof, ainsi que le droit de libre navigation sur la mer Noire; le tsar reperdit l'une et l'autre par la paix du Prouth (ou de Housch, 1711), confirmée par le traité de Conslantinople de 17121. Du côté opposé, il fut plus heureux. Bien résolu de prendre sa part des avantages que procure une situation maritime et de faire admettre son peuple dans la famille européenne , il s'avança, par une irruption violente le long de la Néva, jusqu'aux bords de la Baltique et y construisit Saint-Pétersbourg (depuis 1703), afin de se mettre dans l'impossibilité de reculer de nouveau dans l'intérieur. Pendant de longues années , Pierre soutint contre la Suède, maîtresse légitime de toute cette côte, une lutte opiniâtre, que le traité de Nystad*, 1 721 , couronna à la fin du succès le plus brillant. En échange d'une indemnité pécuniaire, la Suède céda à la Russie la Livonie, l'Esthonie, l'Ingrie, la Karélic avec Wyborg et Kexholm, en tout 230,000 kilom. carrés, c'est-à-dire un peu moins que la moitié de la France, d'ailleurs des provinces organisées à l'européenne, offrant des villes florissantes et se glorifiant, dans leurs classes supérieures, de lumières aux-