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Maurice Block. Statistique de la France, t. Ier, p

3. D'après d'autres données, plus récentes: Grande-Bretagne, 60.03; France, 50.42

royaume de Pologne pendant cette période de cinq ans auraient été de 391,895,894 florins, ce qui faisait, le florin à 60 c, 235,137,536 fr., ou par an 47 millions de francs. Elles provenaient de la capitation, de l'impôt sur les âtres, de l'impôt foncier et des impôts indirects. En 1 860, d'après YÂlmanach de Gotha, qui cite la gazette officielle de Varsovie, les recettes réelles, y compris les non-valeurs, se sont montées à 18,272,112 R. A. ou 73 millions de francs, et les dépenses à 15,949,826 R. A. ou 63,700,000 fr. On a vu plus haut que l'excédant figure dans le budget de la Russie; en 1862, il était de 3,174,862 R. A.; en 1863, de 3,150,000. Mais on va voir figurer aussi une subvention faite à la Pologne dans le budget du royaume. Nous avons sous les yeux celui de l'exercice de 1861 à 1862', avec ses deux grandes divisions, recettes et dépenses, et dans chacune avec le montant des divers articles.

Recettes. R A Pr

Impôt foncier 2,598,000 10,392,000

— ■ des maisons (ou des fltres) . . . 1,740,000 6,960,000

— des domestiques 50,000 200,000

Impôts indirects' 6,900,000 27,600,000

Subvention du Trésor impérial .... 3,557,000 14,228,000

Domaines 1,465,000 5,860,000

Forêts 495,000 1,980,000

Divers 3,590,000 14,360,000

Total 20,395,000 81,580,000

1 . Il se trouve inséré dans X Annuaire de l'Économie politique et de la Statistique, pour 1863, p. 464, et c'est à ce recueil que nous l'empruntons. Dans les Materialypo dèlam tsarstvaPolskago, publiés par M. Milutine (1864, n°m, 1er cahier, p. 78), on a donné le budget de 1862 avec plus de détails. La différence des totaux n'est pas très-considérable.

2. Ils se décomposent de la manière suivante: sel (monopole), 2,251,000; tabac. 675,000; sucre, 120,000; loterie, 122,000; timbre, 454,000; licence, 180,000; alcool, 800,000 ; taxe d'abattage (juifs), 400,000 ; octroi (? douanes), 1,760,000; postes, 138,000.

Dépenses. r. a. Fr.

Intérêts de la dette 3,434,000 13,736,000

Versement au Trésor impérial 3,150,000 12,600,000

Armée (? dépenses locales) 1,911,200 7,644,800

Instruction publique 933,550 3,734,200

Justice et police 1,395,000 5,580,000

Mines 1,331,000 5,324,000

Postes 482,560 1,930,240

Conseil d'Étal 364,600 1,458,400

Perception des impôts 1,040,200 4,160,800

Administration intérieure 484,850 1,939,400

— financière 326,350 1,305,400

Régie des domaines 163,900 655,600

Pensions 671,800 2,687,200

Régie des sels 1,953,500 7,814,000

Culte et bienfaisance 546,476 2,185,904

Services spéciaux 530,000 2,120,000

Divers 1,676,300 6,705,200

Total 20,395,286 81,581,000

Grande-principauté de Finlande. Voici en marcs d'argent, qui équivalent au franc et dont quatre forment la valeur d'un rouble, l'état des recettes et des dépenses dans ces dernières années:

Recettes. Dépentes.

Pour la dernière de ces années, nous pourrons aussi entrer dans des détails1.

1. D'après le même Annuaire , p. 465. Voir aussi Mnianach de Gotha pour 1865, p. 900.

tilti TROISIÈME SECTION. — CHAPITRE PREMIER.

Recettes.

Impôt foncier 2,551,200

— des manufactures 99,000

Capitation 1,252,700

Impôts indirects (douanes, timbre, eau-de-vie1). 7,776,578

Revenus casuels 1,346,766

Total 13,026,244

Dépenses.

A défalquer des recettes (? non-valeurs) .... 87,000

Gouvernement 1,282,682

Administration de la justice 451,364

— militaire 261,697

civile 3,290,746

Culte, instruction publique 1,613,077

Dépenses extraordinaires * 2,097,058

Fondations charitables, hygiène 1,196,418

Agriculture, commerce 1,924,595

Dotations , pensions 707,668

Tolal 12,912,305

A cela onajoute encore un budget militaire de 2,600,000 fr., mais où les recettes et les dépenses se balancent. Aussi trouvons -nous cette variante au sujet du budget de 1863, dont nous avons tout le détail sous les yeux : recettes, 15,308,961 marcs; dépenses, 15,110,460. On ajoute de plus cette observation: Les ministres du culte, les soldats de la milice et quelques fonctionnaires civils reçoivent leurs appointements soit des communes, soit des terres domaniales

1. Dans le budget de 1863, ces articles étaient spéciOés comme suit: douanes, 5,540,000 marcs; taxe sur l'eau-de-vie, 580,000; impôt du timbre, 421,000; produits des postes , 420,000.

2. Dans cet article parait comprise une somme destinée au remboursement de la dette de la grande-principauté, somme qui, dans le budget de 1863, s'élevait a 1,27G,000 marcs ou francs.

LES FINANCES DE i/ÉTAT. NUMÉRAIRE ET PAPIER. 617

(bostâllen) affectées à cet usage. Ces dépenses ne sont point portées au budget.

L'argent russe et sa représentation fiduciaire ou le papier-monnaie. Malgré tout ce que l'histoire nous apprend des splendeurs de l'ancien Kief, qu'elle est tentée d'appeler un second Constantinople ; malgré le commerce prospère de Novgorod, dans le temps où cette république princière avait des rapports suivis avec la ligue Anséatique, et les richesses presque fabuleuses en vaisselle d'or et d'argent avec ou sans repoussé, en joyaux, et autres matières précieuses, accumulées dans le trésor des tsars, on ne remarque pas en Russie, jusque vers la fin du Moyen-Age, de grande circulation de numéraire. Les monnaies étrangères en cours, y compris les dengas (tangas) tatars, ne pouvaient pas être répandues en quantité suffisante, et de véritables monnaies lusses n'entrèrent que fort lard dans la circulation. Des peaux d'écureuil (vekcha) et des pattes de martre (kouna) en tinrent lieu, pendant des siècles, dans les régions intérieures. Cependant de bonne heure il est fait mention, dans les chroniques et dans les lois, de la grivna; mais, dit Ch. Levesqne1, «la grivne, qui est aujourd'hui une pièce de monnaie de peu de valeur, était alors une livre effective d'or ou d'argent, de 9 % onces pour la principauté de Kief, et de 13 onces pour celle de Novgorod. » Elle était subdivisée en zolotniks ou parcelles d'or. Il est en outre question de povlokiy qu'il ne faut pas confondre avec les polomchki, diminutif de poul, obole; enfin dès l'an 1321 , l'histoire fait mention du roub ou rouble. Mais celui-ci n'était alors, au

1. Histoire âe Russie, 4eédit., t. II, p. 272. — On avait aussi les lobki, fronts d'écureuil , et les mordki, museaux de martre.

re de Karamzine', qu'une petite barre d'argent, sans nbre ni empreinte, pesant environ. 22 zolotniks, dont font une once. La barre d'argent ayant le poids de la ivna était découpée en morceaux, et comme découper

dit en russe roubith, on donna aux coupures le nom de ub, au pluriel r oubli. Ce n'est qu'au commencement du ye siècle que Novgorod, la cité commerçante, eut une onnaie d'argent frappée chez elle, et son exemple paraît oir été suivi à Moscou peu de temps après5. On croit que s premières pièces en ce métal parurent en 1409, sous le gne de Vassili II Dimitriévitch. Du temps de Herberstein,

rouble était généralement en usage, mais peut-être en lantités restreintes. Depuis 1654, il est la base du système onétaire, et avait pour subdivisions les kopêks ou kopeikes, nsi nommés du mot russe kopié, lance, parce que sur utes les pièces frappées par ordre de Ioann IV Vassiliévilch i voyait le chevalier S. George, tuant d'un coup de lance

dragon. Ces kopèks étaient d'abord également en argent, ais dans un moment d'épuisement de son trésor, Alexis ikhaïlovitch , le père de Pierre le Grand , fit frapper des >pèks en cuivre, de la même forme à peu près et auxquels î donna aussi la même valeur. «Personne, dit Levesque5, ; se plaignit de cette nouveauté. Elle paraissait fort indifrente au peuple , qui recevait pour le signe de cuivre ce l'on lui donnait auparavant pour le signe d'argent. t> Néan-

1. T. IV, chap. vin (p. 165 et 283). Dans la période de U62 â 1533, l'histnn ne connaît pas encore le rouble monnayé. Voir t VII, chap. iv (p. 165). Cf. \ notes (p. 345) ; Hupel , t. Ier, p. 581 ; t. II, p. 275.

2. Vix centum annis utuntur monetâ argenteâ, prœsertim apud illos cusd, le baron de Herberstein dans la première moitié du XVIe siècle.

3. T. IV, p. 61. — Au reste, sur tout ce qui concerne les monnaies et dailles russes, il faut voir le remarquable ouvrage du baron de Chaudoir, erpu sur les monnaie» russes et sur les monnaies étrangères qui ont en trs en Russie; Pétersbourg, 1836, 3 gros vol. in-8°, avec planches.

moins ce signe était lourd , et quand il fut devenu la base du système monétaire russe, on le trouva bien peu commode, dès qu'il s'agissait de sommes considérables. A défaut d'argent, mêlai qui paraît être reslé rare en Russie, on y substitua le papier. Mais avant de nous occuper de celui-ci, notons encore qu'en 1810, un oukase de l'empereur Alexandre Ier fixa la valeur intrinsèque du rouble d'argent, toujours subdivisé en 400 kopèks, à 83 7s zolotniks, de manière que le mêlai employé à frapper 100 roubles pesai 5 livres et 6 zolotniks; la livre d'argent fin devait être à la livre monnayée comme 10 est à 7 7,; puis, qu'un oukase du 1er (13) juin 1832 a modifié la proportion entre le rouble et le cuivre. D'après cette décision, le poud de cuivre devait donner des pièces pour 36 roubles en assignations1, et il devait y avoir quatre espèces de cuivre, le gri~ vennik de 10 kopèks, le pétak de 5, le groscha de 2, et le kopetetchnick de 1 kopèk. Les pièces les plus nombreuses sont celles de 2 kopèks. Enfin on verra plus loin que le manifeste du 1er (13) juillet 1839 a été publié dans le but de faire du rouble d'argent « la principale monnaie courante de l'empire, au titre actuellement existant. » La monnaie d'or, si l'on fait abstraction des ducats à l'effigie de la grande-princesse Sophie, ne date que de Pierre le Grand : depuis Catherine II on a des impériales (de 22 karats) valant 10 roubles argent, et des demi-impériales, valant 5 roubles. La monnaie en platine décrétée par un oukase du 24 août 1828, un ducat de la valeur de 3 R. A., ne fut qu'un essai, et l'on a fini par y renoncer.

C'est sous l'impératrice Anne que l'on s'occupa d'abord à mettre en circulation du papier-monnaie4; mais, sous son

1. Il en donnait seulement 24 auparavant. Voir Dede, Der Handel des Russischen Reichs, p. 51 , où sont réunies d'autres notions bonnes à être connues.

2. Schlœzcr, Mûn%-, Geld- und Bergwerksgeschichte in Russland, p. 109.

règne, cette entreprise se réduisait encore à quelques dizaines de millions, tandis qu'on rapporte à celui de sa cousine Elisabeth, fille de Pierre le Grand, une émission de 50 millions. Catherine II , — et elle se Test reproché vivement, dit-on, dans l'année de sa mort, — fit ensuite de cette sorte de dette intérieure une institution durable, par la création, à Pétersbourg et à Moscou, de «banques d'assignations», qu'elle dota d'un capital de 1 million de roubles en argent et en or. La guerre de Turquie l'avait jetée dans des embarras pécuniaires; elle se tira d'affaire par une émission qui paraît n'avoir pas atteint 26 millions, chiffre qu'elle promit de ne pas dépasser. Dans son manifeste du 29 décembre 1768 (9 janvier 4769), Catherine ordonna que les billets de ces banques, appelés eux-mêmes assignations, pussent à toute heure être échangés contre la somme correspondante en monnaie courante, et fussent reçus, dans les caisses de l'État, comme dans les transactions entre particuliers, aussi bien que l'or et l'argent. Cependant, sous le terme de « monnaie courante, » son gouvernement entendait la monnaie métallique en général, et, sur ce pied, les assignations étaient reçues partout sans difficulté : on les préféra non-seulement au cuivre, métal trop encombrant, mais aussi à l'argent, dont le transport était dispendieux dans un pays à grandes distances et où les effets de commerce fondés sur le crédit privé étaient à peu près inconnus, ainsi qu'on le verra encore plus loin. Elles furent recherchées à ce point qu'à l'échange on payait un agio : le papier était au numéraire comme 105 esta 100. Cependant, au bout de quelques années, le gouvernement donna aux mots de «monnaie courante» une signification plus restreinte : il ne voulut plus les entendre que du cuivre, qui, outre l'incommodité des transports quand il s'agissait de fortes sommes, offrait cet autre inconvénient d'être d'un prix variable. D'un

autre côté, les besoins renaissants de la guerre contre les Turcs firent perdre de vue la promesse relativement aux limites dans lesquelles on avait cru pouvoir se renfermer. On les dépassa de beaucoup, et quand un nouveau manifeste, celui du 28 juin 1786, publia l'engagement qu'on prenait cette fois de ne pas dépasser la somme de 100 millions, il était à prévoir qu'on ne s'arrêterait pas même à celle-ci, car c'est une tentation puissante que la possibilité de battre monnaie avec une simple planche d'impression appliquée à du papier. A partir de ce moment, l'agio se déplaça: ramenée au pair, la valeur du rouble en assignations ou rouble banco (que nous désignerons par les lettres R. B.) descendit au-dessous. En 1787, on payait le R. A. 103 kopèks banco; en 1790, 115; en 1793, 135, et en 1796, à la mort de Catherine, 147 La somme totale des assignations émises était alors de 157,703,000 R. B.; en argent, elle représentait moins de 80 millions. Comme de nouvelles émissions eurent lieu sous Paul Ier, la dépression continua, car l'équilibre entre le besoin réel et la masse de la circulation était rompu, ce qui ne tarda pas à se faire sentir à tout le monde par une énorme dépréciation de tous les articles de commerce, une cherté croissante de la vie. A la fin du siècle, la masse était de 212 millions et le cours était descendu

l. Voir là -dessus Oustiïalof, t. II, p. 287-291, et plus particulièrement les Principes d'Économie politique (1862, t. II, p. 200-227), de M. Gorlof, professeur à l'université de Saint-Pétersbourg et inspecteur à l'École de droit. On peut trouver des extraits de cet ouvrage russe dans l'article de la Revue contemporaine (31 juillet 1863, p. 348-374), intitulé Lu Finances de la Russie avant les dernières réformes, par M. de Cardoune, ainsi que dans l'Histoire du papiermonnaie russe de M. Bruckner, dans la revue Jahrb'ûcher fur National-Oekonomie und Statistik, publiée par M. Bruno Hildebrand, lr* livr., 1863, p. 48-64. — Sur les variations du rouble en assignations et son rapport au R. A. , on peut voir en outre Gùlich, Gewerblichc Zustânde, t. II, p. 289; et baron de Reden, Das Kaiserreich Russland, p. 136 (peu sûr). Nous nous baserons de préférence sur les évaluations de M. Gorlof, telles que nous les trouvons reproduites dans le travail de M. Brûckner, p. 50 et 53.

au-dessous de 65 p. 100 Alors il y eut un temps d'arrêt; les émissions ne cessèrent point, mais grâce aux espérances sous le prestige desquelles le règne d'Alexandre 1er s'ouvrait, le cours s'améliora. En 1803, il était remonté jusqu'à 80 p. 100; mais ensuite recommença la baisse. Les années de guerre qui précédèrent le traité de Tilsit donnèrent lieu à d'énormes dépenses, pour l'acquittement desquelles on eut recours à la planche d'impression, si bien qu'en 1810 la masse du papier en circulation était de 577 millions de R. B., et que le cours était descendu à 34 p. 100. La somme entière ne valait donc plus tout à fait 200 millions. L'inquiétude s'empara des esprits; on reconnut, dit M. Nie. Tourghénief*, qu'on ne pouvait vivre plus longtemps sur de pareils expédients, et l'empereur, lui-même alarmé, eut recours à son conseiller Michel Spéranski pour préserver le pays de la banqueroute, mot sinistre dont pourtant le ministre lui-même se sert dans une lettre qu'il adressa alors à l'empereur3. Spéranski se mit à l'œuvre avec beaucoup de zèle, et un manifeste du 20 juin (2 juillet) de la même année 1810 annonça une réforme du système monétaire. Deux autres manifestes avaient précédé celui-ci. Dans l'acte, fort détaillé et plein de franchise, du 2 (14) février, dont nous avons déjà parlé à propos des recettes de l'État, lempereur avait donné l'assurance qu'aucune autre émission n'aurait lieu et avait déclaré les assignations émises dette de l'État, dont tous les biens serviraient de garantie aux assignations de banque*. Par le second, ou le manifeste du 27 mai

1 . Nous parlons du cours intérieur ; niais on peut voir aussi l'état du cours sur Londres dans l'article des Jahrbûcher, p. 53 et 58.

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