III
dant depuis cette époque , la Russie eut constamment plus d'un demi-million de soldats, et mêlée dès lors à la politique européenne et aux affaires du monde en tous lieux, elle fut obligée d'augmenter encore ce nombre, déjà si lourd pour ses finances. Alexandre 1er fit beaucoup pour le perfectionnement de l'armée russe1, aidé comme il l'était par deux ministres de la guerre successifs, Araktchéïef et Barclay de Tolly. Le premier régénéra l'artillerie, qu'il mit au niveau de celle des autres grandes nations; le second veilla au maintien de la discipline et affermit l'ordre dans tous les rangs. Le moral de l'armée , qui s'éleva considérablement sous lui, la rendit respectable aux yeux de tous. Sous Alexandre 1er eut aussi lieu l'établissement ou le rétablissement2 des colonies militaires; mais ce ne fut pas là une mesure heureuse , car la force des choses la fit bientôt abandonner, ainsi que nous le dirons plus loin. Nicolas Ier eut à y combattre l'esprit de révolte. « Un souverain tout militaire, aussi énergique qu'intelligent, dit de lui M. le baron de Haxthausen , n'a épargné, depuis vingt-cinq ans (1852), ni peines, ni dépenses pour fortifier et perfectionner son armée. Une foule d'abus que l'on connaît à peine de nom ailleurs, se sont considérablement diminués, grâce à ce prince instruit, actif et ferme.» Cependant l'effectif continua d'être fort au-dessous de la force nominale de l'armée, et si, vers la tin du règne dont nous parlons, 1,200,000 hommes étaient, comme on l'assure, portés en compte dans les budgets, il faut en retrancher d'abord les marins, puis les non-combattants, puis encore les cantonnistes et autres enfants de troupe, enfin et surtout les non-valeurs, toutes les inscriptions fictives dues à l'infidélité des chefs