Voir à la note i ci-dessous
1 Frère ainé de M. Nicolas Alexéïevitch Milutine (Milioutine) , ministre de la guerre depuis 1861 , et auteur d'une excellente histoire de la guerre entre la Russie et la France en 1799 , traduite aussi en allemand, 5 vol. in-8°.
3. Sur le mouvement du personnel depuis 1854, voir Russland unter Alexander //., p. 308-317, et Hûstow, Der Krieg gegen Russland (1856), t. II. p. 156.
A. C'est là une des matières qui excitent le plus la curiosité du public dans tous les pays de l'Europe. Pour ce paragraphe et les suivants , nous avons été a même de puiser à des sources officielles , et nous avons seulement eu le regret de ne pas pouvoir utiliser in extenso , faute de place , les riches matériaux dont nous étions en possession , grâce à l'extrême obligeance que nous avons rencon-
part, eu Russie, les transformations ne sont plus sensibles que dans le ministère de la guerre. L'organisation nouvelle date de 1863, et il faut reléguer dans le domaine du passé tout ce qu'on Irouve dans les livres relativement à un élal de choses différent de celui qu'on va faire connaître. Dans cette organisation se présentent d'abord deux grandes divisions, troupes régulières et troupes irrégulières, et en ce qui concerne les premières, on lait maintenant cette distinction , non moins fondamentale, de troupes actives ou mobiles et troupes locales ou sédentaires. On en verra l étal exact et complet dans l'aperçu général que nous placerons à la lin de ce paragraphe (p. 688) \
Troupes régulières. Elles sont ou sur le pied de paix ou sur le pied de guerre. Mais, dans l'organisation nouvelle, il y a plus d'un pied de paix : on peut réduire jusqu'à une certaine limite l'armée tout entière, ou bien appliquer la réduction à une partie des troupes , en maintenant les autres sur un pied de force proportionnellement plus grande. Pour passer du pied de paix au pied de guerre, ou n'a pas besoin de former de nouveaux régiments, de nouveaux bataillons ou de nouvelles batteries : il suffit de rappeler au service actif les soldats temporairement renvoyés dans leurs foyers. C'est le nombre de ces soldats qui marque la différence entre l'effectif de l'armée sur le pied de paix et celui sur le pied de guerre. Gomme nous l'avons
Irée dans les administra lions et près de leurs chefs. — Par rapport à l'organisation antérieure, on peut voir, indépendamment de notre Statistique de 1829, Hupel, Stoich , Haillot, Tanski , comte de Bismark, Schubert, baron de Haithausen , etc. La nouvelle , à ses débuts , est aussi exposée dans l'ouvrage de M. le premier lieutenant Brix , Die kaiserlich rus*i*che Armée am 1. Januar iS63. Pour l'étude comparative nous renvoyons à un travail anonyme , aussi de 1863, Die mUitàrUchen Machlverhâltnùse der sechs europâischen Gros*- Staaten.
1 . Les noms des divers régiments sont donnés par Brix , p. 41 et suiv.
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dit, on divise maintenant les troupes régulières en troupes actives et troupes locales, division qui nous paraît la conséquence naturelle de la vaste étendue du pays.
1° Troupes actives (podvijnyia voïsha). Peut-être vaudrait-il mieux traduire par «troupes mobiles» la dénomination russe que nous mettons entre parenthèses, afin de mieux distinguer l'état de choses actuel de celui qui l'a précédé. Lors de l'organisation des arrondissements militaires dont nous parlerons bientôt, les corps d'armée et la première armée dite «armée active » furent supprimés, ce qui fait qu'en temps de paix il n'existe plus maintenant de corps d'armée. Cependant en abolissant « l'armée active », on a maintenu la rubrique de « troupes actives » ou de troupes mobiles, et l'on a même conservé «l'armée» active du Caucase, séparée de tout le reste de l'armée. En temps de guerre, d'ailleurs, plusieurs divisions d'infanterie avec leur artillerie constituent toujours un « corps d'armée » , et un certain nombre de corps, avec quelques divisions de cavalerie, forment «une armée». Seulement, ces grandes unités de guerre ne sont pas constituées à l'avance.
Voici actuellement la composition de l'armée active.
Infanterie. Composée de régiments d'infanterie et de bataillons de tirailleurs (ou tireurs), elle forme en tout 47 divisions, savoir: 3 divisions de la garde, 4 de grenadiers dont une à l'armée du Caucase, 40 de l'armée. Chaque division est composée de 4 régiments, ce qui donne un total de 188 régiments, savoir: 40 régiments de la garde, 18 de grenadiers, et 460 de l'armée. Dans les divisions de la garde, dans celles des grenadiers et dans vingt et une des divisions de l'armée, il y a, outre les 4 régiments d'infanterie, un bataillon de tirailleurs. En tout, il y a de ceux-ci 28 bataillons, sans compter les tirailleurs finlandais, attachés à la garde, Tous les régiments d'infanterie ont 3 ba-
taillons, à l'exception d'un petit nombre qui en ont 4. Il y a, au total, 620 bataillons, y compris les tirailleurs. Le bataillon des régiments d'infanterie se compose de 4 compagnies de ligne et de 1 compagnie de tirailleurs. Les compagnies de tirailleurs des divers régiments peuvent être réunies en bataillons complets, à 4 compagnies. — L'effectif des hommes, en temps de guerre, doit être de 693,000, dont environ 40,000 de la garde, sans compter les grenadiers. Sur le pied de paix, cet effectif est réduit aux deux tiers, peutêtre même à la moitié; nous doutons qu'il soit possible d'en indiquer le chiffre exact pour un moment donné1.
Cavalerie. Elle se compose de 10 divisions (2 de la garde et 8 de l'armée), dont la 10e est formée des 4 régiments de dragons de l'armée du Caucase. Voici l'état des régiments qui y appartiennent, chacun de 4 escadrons:
4 de cuirassiers .... 16 escadrons.
20 de dragons 80
16 de lanciers 64 —
1 6 de hussards 64 —
56 régiments 224 escadrons.
La cavalerie de la garde se compose de deux divisions, savoir: lre division, 4 régiments de cuirassiers, 2 de Kosaks du Don, plus un escadron de Kosaks de l'Oural; 2e division, 2 régiments de dragons5, 2 de lanciers et 2 de hussards. Les cuirassiers de la garde composent la grosse cavalerie. Les dragons sont exercés tant au service de l'infanterie qu'à celui de la cavalerie. — L'effectif complet, comparativement
\ . C'est une phrase consacrée que de dire avec incrédulité , quand on a fait le compte de l'armée russe : « Oui , cela existe ainsi sur le papier. « Voir là-dessus Haxthausen , t. III , p. 289.
2 Un régiment de dragons de la 2e division de la garde s'appelle régiment des ■ grenadiers à cheval».
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faible , si une cavalerie irrégulière nombreuse ne venait le renforcer, doit être d'environ 50,000 hommes, avec 33,000 chevaux; 11,000 de ces hommes font partie de la garde.
Artillerie. On la range sous quatre rubriques, artillerie à pied, artillerie à cheval, parcs d'artillerie et artillerie de siège. L'artillerie à pied se compose de 47 brigades réparties entre les 47 divisions d'infanterie (3 brigades de la garde, 4 de grenadiers et 40 de l'armée), auxquelles il faut ajouter une batterie de Sibérie et une brigade de la Transbaïkalie. Chaque brigade a 3 batteries, dont une de gros calibre (batterie de position), une autre dite «allégée», et une troisième batterie légère, rayée. Les deuxièmes batteries des brigades doivent être sous peu remplacées par des batteries rayées. Toute l'artillerie à pied compte 149 batteries, 56 de gros calibre, 44 allégées, 47 légères rayées, 1 batterie légère et 1 batterie de montagnes. Chaque batterie a 8 pièces, savoir: les batteries de gros calibre, 4 canons de 12 (livres) et 4 licornes 1 d'un demi-poud ; les batteries allégées, 8 canons de 12; les batteries légères, rayées, 8 canons de 4; la batterie légère, 6 canons de 6, et 2 licornes d'un quart de poud. Le nombre des caissons à munitions (sur deux roues) est fixé, sur le pied de guerre, à 3 pour chaque pièce soit de gros calibre soit allégée, et à 2 pour les canons rayés, ainsi que pour les canons de 6. — A l'artillerie à cheval appartiennent 4 batteries de la garde2 et 7 brigades de l'armée, d'après le nombre des divisions de cavalerie. Les brigades sont formées de 2 batteries (une de gros calibre et une allégée) ; elles portent les numéros de leurs divisions respectives; il y a, par conséquent, un total de 18 batteries, 8 de gros calibre, 9 allé-
1. C'est-à-dire des obusiers destinés à lancer des grenades et des bombes.
2. La garde a encore une 5e batterie , celle des Kosaks du Don , qui appartiennent aux troupes irrégulières.
gées et 1 légère rayée. Les batteries à cheval, comme celles à pied, ont 8 pièces: savoir: les batteries de gros calibre, 8 licornes d'un demi-poud; les batteries allégées, 8 canons de 12; la batterie légère rayée, 8 canons de 4. — Pour approvisionner les troupes en campagne de projectiles, de cartouches, etc., il y a 8 brigades de parcs d'artillerie, composées chacune de 3 parcs mobiles et d'un parc volant. Déplus, les troupes stationnées dans la Sibérie orientale ont un demi-parc mobile , et l'armée du Caucase a , en temps de paix, 4 parcs volants, et 6 en temps de guerre. Chaque parc mobile se compose de 122 voitures de parcs et de 2 forges de campagne. Les parcs volants ont 1 14 caissons à munitions, 3 chariots de parc, 3 voitures et 3 forges de campagne. — L'artillerie de siège se compose actuellement de 2 parcs, chacun de 4 sections. Chaque section a 4 pièces de 24, 4 canons de 18, 4 licornes de 1 poud, 2 mortiers de 5 pouds, 4 de 2 pouds, 8 de 1 demi-poud, 34 affûts de canons et de mortiers, 3 chariots à munitions et 433 voitures. — En tout, l'artillerie compte 70,000 hommes, avec plus de 1,400 bouches à feu.
Génie. Les troupes du génie se composent, d'abord de 11 bataillons de sapeurs, savoir le bataillon de la garde et celui des grenadiers, 7 bataillons de l'armée, 2 bataillons de l'armée du Caucase, et de 6 demi-bataillons de pontonniers; ensuite de 2 parcs de campagne et de 2 parcs de siège. Les bataillons de sapeurs ont 4 compagnies, excepté les 2 bataillons du Caucase, qui en ont 5. A ces bataillons sont attachés les parcs du génie, parcs de campagne ou parcs de siège; les premiers composés de chariots et de • forges de campagne, les seconds servant au transport des outils nécessaires pour les travaux de siège. Chaque équipage de pont comporte 32 pontons en toile et une section de pontons en bois avec chevalets. Ce matériel est chargé
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sur 55 chariots avec 268 chevaux de trait et 18 chevaux de selle. — Le total des hommes est de 17,000, dont 13,900 sapeurs, 2,800 pontonniers, etc.
Ainsi, l'ensemble des troupes actives, sur le pied de guerre, est de 828,000 hommes, avec 33,000 chevaux, sans compter les chevaux des parcs, et sans parler de tous les caissons et chariots.
2° Troupes locales ou sédentaires (mestnaia voiska). Celles-ci, qui ne changent jamais de cantonnements, comprennent: les troupes de réserve, les régiments et les bataillons de places, les troupes de gouvernements, de districts et d'étapes, les bataillons de ligne, l'artillerie -des places, l'artillerie de garnison, les compagnies d'ouvriers du génie, les troupes d'instruction.
Troupes de réserve. En temps de paix comme en temps de guerre, elles sont appelées à fournir les recrues nécessaires à l'armée active. L'inlanterie de réserve se compose de bataillons d'infanterie et de bataillons de tirailleurs. Le chiffre des levées normales de recrues faites annuellement est de 4 hommes sur 1,000. D'après le calcul officiel, cela donne un total de 101,800 recrues1. D'après cette donnée, on a organisé 70 bataillons d'infanterie de réserve et 10 bataillons de tirailleurs: le reste, c'est-à-dire 21,000 hommes, entre dans la marine, la cavalerie, l'artillerie, etc. Chaque bataillon comprend, en outre des recrues que l'on veut incorporer dans l'armée, un cadre permanent d'instructeurs. Le temps que les jeunes soldats doivent passer dans la réserve n'est pas limité; il dépend de leurs progrès ou de circonstances diverses. Outre l'école du soldat, on leur apprend à lire et à écrire, on leur enseigne le catéchisme et les devoirs moraux de leur état. — La cavalerie de la
t. Le recrutement de 185Ô a produit eu tout 147,305 hommes; celui de. 1862, 87,t08; celui de 1863, 141,328.
réserve est composée de 56 escadrons, où, en formant les recrues, on dresse en même temps les jeunes chevaux. — A l'artillerie de la réserve appartiennent 4 brigades d'artillerie à pied à 3 batteries de gros calibre, et 2 brigades d'art illerie à cheval à 2 batteries ayant 4 pièces chacune. — Du génie de réserve, il n'existe encore, outre les deux compagnies des bataillons du Caucase, que 3 bataillons de sapeurs de la réserve, composés de 4 compagnies et répartis sur les 3 brigades de sapeurs.
Régiments et bataillons de places. Les premiers sont à 3 ou à 2 bataillons, les seconds à 4 compagnies. Sont actuellement organisés sur ce pied 8 régiments et 3 bataillons. C'est la garnison des forteresses.
Troupes de gouvernements , de districts et d'étapes. Les premières sont des bataillons chargés du service de garnison dans les villes de gouvernement. En effet, à raison du grand éloignement de la frontière de la plupart des villes de ce rang, on ne peut pas y placer des régiments actifs; dans
10 d'entre elles, on a conservé, sous le nom de bataillons de gouvernements , les anciens bataillons de la garde intérieure (vnoutrennaia gouardia*), dissous comme telle eu 1864; et dans les 38 autres, au lieu d'un bataillon entier,
11 n'existe en temps de paix qu'un cadre, dont on forme, en cas de guerre, un bataillon destiné à remplacer les troupes actives appelées sur le théâtre des hostilités. Ces cadres sont composés de 128 à 192 soldats, avec le nombre approprié de sous-officiers et d'officiers. L'effectif des bataillons de gouvernements est fixé suivant l'importance de la ville et les exigences du service. Les bataillons de 600 à 1,000 hommes ont 4 compagnies et les autres 2. En Sibérie, le service des bataillons de gouvernements se fait par deux bataillons de ligne. Aux troupes locales appartiennent aussi