Weber, t. III, p
1738, la grande et la moyenne horde des Kirghises-Kaïssaks, occupant un territoire de près d'un million de kilom. carrés (18,350 milles carrés), reconnurent la souveraineté de la Russie, qui venait en outre de prendre possession d'un vaste district (Omsk), à l'ouest de l'Irtysch. En Europe, la paix de Belgrade* de 1739, double traité (entre la Porte et la Russie d'une part, entre la Porte et l'Autriche de l'autre) très-important, mais peu honorable pour les signataires chrétiens, trompa les espérances de l'impératrice, en ne lui confirmant que la possession d'Asof, et encore d'Asof démantelé seulement. Du reste, il y fut stipulé (art. 2) que les limites des deux empires resteraient les mêmes et telles qu'elles avaient été établies par les traités antérieurs, sauf cependant règlement définitif, auquel on pourvoirait dans une convention ad hoc. Celle que l'on signa à Nissa, encore dans la même année , reçut de nouveaux développements et explications par la convention de Constantinople, de 1741. En vertu de la première, on avait stipulé qu'à l'est du Dnièpr on tirerait une ligne droite depuis la rivière Konskié- Vody, qui a son embouchure dans le fleuve près d'Alexandrofsk (gouvernement actuel d'Iékatérinoslaf), jusqu'à la source occidentale de la Berda : tout ce qui serait au nord et en dehors de cette ligne appartiendrait à la Russie. En vertu de la seconde convention, il fut arrêté que cette ligne passerait par le centre de la place d'Asof; que la Russie ne pourrait construire de nouvelles forteresses qu'à 30 verstes au delà, et la Porte à 30 verstes en deçà, du côté du Kouban. Les limites de l'Oukraine, est -il dit dans l'ouvrage de Koch-
1. Le texte s'en trouve dans le Manuel de Ghillany, édit. française, t. II, p. 1 02-1 11 , et dans V Histoire de la paix de Belgrade, par l'abbé Laugier, t. II, p. 294-327. Voir auss» Korh-Schoell, t. XIV, p. 382 et suiv.; Herrmann, t. IV, p. 593, etZinkeisen, Geschichte des Osmamschen Reiches , t. V, p. 799 et suiv.
Schœll, furent beaucoup étendues vers la Crimée, et les Kosaks zaporoghes restèrent sous la domination de la Russie. À Test du Dnièpr, entre ce fleuve et le Boug, les limites n'ayant été réglées que très-imparfaitement, la Russie s'en prévalut pour introduire, depuis 1754, de nouvelles colonies dans cette région et pour y former des établissements connus d'abord sous le nom de Nouvelle-Servie, et ensuite sous celui de Nouvelle-Russie. Des lignes furent construites, en 1770, afin de garantir ces colonies contre l'invasion des Tatars. En résumé, et pour en revenir au règne d'Anne loannovna, les steppes jusqu'alors tatares du gouvernement dlékatérinoslaf et une partie de celles du gouvernement de Kherson (jusqu'au territoire d'Olviopol sur le Boug), furent dès lors réunies à l'empire.'
L'agrandissement que celui-ci reçut sous le règne de l'impératrice Elisabeth Pétrovna (1 74 1 -1 762) se borna à 42 milles carrés; il étendit la Finlande russe (Karélie) jusqu'au fleuve Kymen, y ajouta Frederiksham, Wilmanstrand, Nyslot ou Nyschlott, etc., et recula la frontière suédoise jusqu'à une plus grande distance de Saint-Pétersbourg. Cela eut lieu en vertu du traité d'Abo de 1743.*
Des acquisitions bien autrement vastes devaient être faites pendant le long règne de la quatrième des impératrices qui tinrent le sceptre au XVIIIe siècle. Mais avant de nous en occuper, il sera bon de venir en aide à la mémoire de nos lecteurs par une petite récapitulation. Voici , en kilomètres carrés, comment se modifia, de 1689 à 1762, la superficie de l'empire moscovite :
1. Le lecteur peut voir la frontière russe, telle qu'elle était alors du côté de la Petite -Tatarie ou du khanat de Crimée, au n° 7 de V Atlas Hussien, publié en 1 758 par l'Académie impériale des sciences de Saiut-Pctersbourg.