‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 292 sur 367 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

625.000 avec 125,000 chevaux. Pour la Prusse le premier est de 190,000 hommes avec environ 30,000 chevaux; le second, de 351,000, avec 40,000; mais ces forces peuvent être portées à un chiffre bien plus élevé. La Grande-Bretagne n'a guère que 220,000 hommes sous les armes.

Quelques mots maintenant sur le soldat russe. Dire qu'il est intrépide, patient et subordonné, c'est seulement répéter ce que tout le monde sait et ce que toutes les campagnes contre les Russes ont confirmé ; ce qui est moins connu*, c'est que ces qualités militaires se développent en lui malgré l'aversion naturelle qu'il a pour le métier des armes; car, comme nous l'avons dit, le Russe, qu'on croit belliqueux, est essentiellement pacifique. 11 se résigne, pour devenir soldat, à la volonté de Dieu et des autorités auxquelles il doit obéissance, mais n'a aucune envie de guerroyer el n'a aucune soif de sang. La guerre, à ses yeux, est un mal nécessaire. Néanmoins, une fois arrivé sur le champ de bataille, cet homme si peu soucieux de combats et de gloire est prodigue de sa vie el reste sans sourciller sous une grêle de balles ou d'autres projectiles. Réuni à ses camarades , il oppose un mur impénétrable à l'ennemi et couvre ses chefs de son corps avec un véritable héroïsme. Un bon juge l'a dit2, ce courage, qui est dans sa nature, se manifeste avec une grande présence d'esprit dans le danger. Et fort peu de temps suffit aux jeunes recrues pour avoir cet esprit militaire. Rien n'est plus merveilleux que la promptitude avec laquelle le paysan se transforme. Placé dans une sphère toute nouvelle, dépouillé de sa barbe, de sa chevelure on-

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