Almunach de Gotha pour 1865, p
2. Le général comte de Bismark , ouvrage cité , p. 20. On peul consulter aussi Haxtuausen, t. III. p. 334-337, 343 et 344 , 347 - 351; et comme éléments d'un débat contradictoire, d'une part Tanski, Système militaire de la
p. 266-272 , d'autre part le panégyriste de la Pentaicliie, p. 309-316 cl 406.
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doyante, de ses vêtements larges et commodes, il se façonne néanmoins dès les premiers mois aux allures des camps , aux exigences de la discipline*, et prend cette tournure martiale qu'on remarque chez tous les soldats de cette nation. Au reste, si cela est vrai du Russe proprement dit, cela ne s'applique pas moins aux hommes des différentes nationalités secondaires de l'empire, par exemple aux Lettons et aux Eslhoniens (Finnois) des provinces Balliques. C'est dans ces provinces, où la religion dominante est le luthéranisme, que le recrutement a trouvé jusqu'ici le plus d'obstacles à surmonter, parce que ceux qu'il atteint sont arrachés à leur terre natale pour passer au milieu d'hommes qui non-seulement parlent une autre langue et semblent adorer un autre Dieu, mais sont habitués à regarder comme une race inférieure à la leur ceux qu'ils comprennent sous la dénomination de Tchoudes ou Tchoukhontsis , race qu'ils dédaignent, tandis qu'ils honorent au moins de leur jalousie le JSiémetz ou Allemand , et voient en quelque sorte un être à part dans le juif, comme eux sujet au recrutement.
Sur ce qui concerne le moral de l'armée en général , sur l'esprit qui l'anime, tout nous semble dit : aussi nous bornons-nbus à renvoyer le lecteur aux opinions diverses qui ont été émises*.
Quant aux états-majors, ils comprenaient, en 1864, sur le pied de guerre3, 27,500 officiers de tous grades, depuis celui de colonel, chiffre qui, si l'armée est de 800,000
1. Sur la discipline de l'armée russe voir plus loin et Haxtbausen, t. III, p. 358-362.
2. Tanski, p. 256 et suiv. ; Die Gcgenwart, t. III, p. 436 et suiv. ; Haxthausen , t. III , p. 344. D'aulres jugements sur la valeur de l'arméo russe se trouvent dans les Révélations sur la Russie, t. II . p. 256-321 et t. III , p. 1- 96 ; mais il faut se défier de leur sévérité outrée.
3. D'après Brix , p. xxi des tableaux. Au lieu de pied de paix , on doit, sans doute, lire pied de guerre.
hommes, donne à peu prés un officier pour 30 hommes. Le nomhre des généraux, qui, en 1856, était de 440 et, en 4859, de 354, était réduit à 240. En France, il y avait en 1860, outre les maréchaux, 92 généraux de division et 164 généraux de brigade: total 256; puis, près de 20,000 officiers de tous grades. En Autriche, il y avait plus de 220 officiers généraux en activité de service, sans compter plus de 320 en congé plus ou moins limité. Comme dans cette monarchie, il y a en Russie des feldmaréchaux et un feldzeugmeister, des généraux en chef, désignés sous les quatre titres de généraux de l'infanterie, de la cavalerie, de l'artillerie ou du génie1; puis des lieutenants-généraux et des généraux du grade de ghénéral-maïor. 11 n'existe dans ce moment qu'un seul feldmaréchal, mais il y en a eu déjà 4 ou 5 à la fois ; pareillement , il n'existe qu'un seul feldzeugmeister ou maître de l'artillerie; mais le nombre des généraux en chef ou de corps est peu au-dessous de 50.
État-major général (glavnii schtab). Comme corps, ce n'est qu'en temps de guerre qu'il fonctionne, si l'empereur, qui est le chef suprême de l'armée, se rend en personne auprès d'elle; en temps de paix, quelques-uns de ses membres, appelés à gérer différentes parties du ministère de la guerre, ont pourtant, à ce titre, des attributions permanentes. L'état-major général se compose du ministre de la guerre, du grand-maître de l'artillerie, de l'inspecteur général du génie, de leurs adjoints, s'il en existe, de l'inspecteur des bataillons de tirailleurs, du chef de la chancellerie militaire de campagne de l'empereur, du quartier-maître général, du général de service (major général), du chef du quartier général de l'empereur, des aides-de-camp géné-
I. Voir une remarque que nous avons faito plus haut sur ce grade , p. 2M> à l'occasion du Ichine.
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raux1, des généraux de la suite de l'empereur, des aidesde-camp (Fligheladyoudanti) de Sa Majesté, du commandant du quartier général, du vaguemestre général, chef des équipages , du capitaine des guides , de l'aumônier en chef, de l'écuyer des écuries militaires et du chef des télégraphes.
Recrutement de l'armée2. Les levées de recrues sont généralement annuelles; cependant, en cas de nécessité, le gouvernement a recours aux appels extraordinaires. Elles sont ordonnées par un oukase spécial, qui détermine le temps que l'opération ne doit pas excéder et le nombre de recrues à fournir (le plus souvent 4 ou 5 hommes sur 1,000). Les bourgeois et les paysans sont seuls soumis au recrutement. Mais, en outre de l'exemption dont jouissent la noblesse, le clergé, les marchands des deux premières guildes et les bourgeois notables, le recrutement n'est pas appliqué aux populations de certaines localités. Ainsi sont complètement dispensés du service les habitants de la Bessarabie , les Russes établis au Kamtchatka, les nomades de la Sibérie, etc. Sont exemptés, à la condition de payer 300 R. A. par recrue, les habitants du gouvernement d'Arkhangel et quelques autres, et à celle de payer 150 R. A. les Lapons,
1. Voir plus haut, p. 279. — Sur certaines fonctions que les aides-de-camp et les aides-de-camp généraux de l'empereur avaient autrefois â remplir , voir l'ouvrage anonyme d'un homme d'État lusse, Système de législation, d'administration et de politique de la Russie en 1844, p 21.
2. Il y a eu, jusqu'ici, environ 130 recrutements successifs. Sur l'ancien état de choses à cet égard , voir Hupel , t. Ier, p. 3 i9 , 662 , et t. Il , p. 481 ; notre Statistique, p. 307; Die Gegenwart, t. III, p. 419 ; Platon Storch, DerBauernstand in Russland, p. 48-58 , et Ausvigaus dem Jahresbericht des Minisleis der Reichsdomânen fur 1S42, p. 10, enfin Haxthausen, t. III, p. 321 etsuiv., 348. Nous ne parlons pas des déclamations à ce sujet, qui abondent. Au reste , il faut convenir que la matière y prêtait avant l'époque des réformes introduites, ici comme ailleurs, par Alexandre II. Nous ne pouvons nous-mème nous souvenir qu'en frémissant de la presse de recrues dont nous avons un jour (1824) été témoin dans un cabaret de la Koui lande.
les Karéliens, les Baschkirs et les Teptères. Enfin sont dispensés du service militaire les étudiants et les élèves des écoles supérieures, certains colons étrangers, les fonctionnaires élus par les bourgeois ou par les paysans , après neuf ans de services, les fils uniques, les soutiens de leur famille et les fils aînés ou uniques des soldats en activité de service ou en retraite, et, à titre de grâce particulière, les descendants du fameux Ivân Souçanine, paysan qui, en 1613, se dévoua à la mort en faisant faire fausse route à un corps de Polonais. Ne sont pas admis comme recrues les jeunes gens ayant moins de 21 ans ou plus de 30, ni ceux d'une constitution faible ou d'une taille au-dessous de 2 archines 3 verchoks (1.60 mètre).
La population de l'empire proprement dit étant officiellement évaluée, depuis la dernière révision, à 29,654,000 hommes (les âmes d'autrefois), le nombre des individus soumis au recrutement peut être évalué à 23,590,000, et celui des exemptés à 6,065,000. Tout recrutement, sur le pied de A sur 1,000, produit près de 102,000 hommes1.
La durée du service, autrefois de 22 ans pour la garde et de 25 pour les soldats de l'armée, mais réduite à 20 et . à 22 ans par l'oukase du 3 (15) septembre 1827, puis encore une fois abrégée par le règlement de 1832, et modifiée par le système des congés indéfinis adopté peu de temps après, est encore dans ce moment de 15 ans. Mais comme, pendant les trois dernières années, les soldats comptent dans la réserve et comme on peut même prolonger ce terme de quatre ans, il en résulte qu'en général le service réel n'est guère maintenant que de 8 ans.
Au reste, ces dispositions sont dans ce moment soumises à un nouvel examen. L'empereur Alexandre II a nommé,
1. Voir ci-dessus, p. 681. Il s'agit des hommes remplissant les conditions Toulues.
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en 1862, un comité spécial afin d'étudier les améliorations qui pourraient y être introduites. Des délibérations de ce comité sortira un nouveau règlement sur le recrutement.
Le corps des officiers se recrutait jusqu'à ce jour dans les écoles de Cadets, aujourd'hui également réorganisées et dont les écoles militaires proprement dites, ainsi que celles de porte-enseignes, semblent devoir prendre la place. Nous consacrerons un paragraphe spécial aux écoles militaires.
Dans le royaume de Pologne, le recrutement a été remplacé par la conscription. Tout Polonais, depuis l'âge de 20 ans jusqu'à celui de 30, est tenu de se rendre à l'appel. L'exemption du service s'accorde à peu près dans les mêmes cas qu'en Russie, et la loi autorise le remplacement.
Dans la grande-principaulé de Finlande, le racolage tient lieu de recrutement. On admet au service tout individu de 17 à 40 ans, s'il a la taille voulue et si sa constitution ou sa santé ne le rend pas incapable de servir. Le racolage se traite de gré à gré, généralement pour une durée de 3 à 12 ans. Les enrôlés qui n'ont pas fait de conditions, sont tenus de servir 6 ans.
Places fortes. Le plus grand nombre d'entre elles garnissent la ligne de délimitation que nous avons décrite plus haut. Nous suivrons le même ordre pour en faire l'énumération.
En Finlande: Sweaborg et Wiborg. Sur les bords du golfe de Finlande1 et de celui de Riga: Kronstadt, forteresse située dans l'île de Kotline, et Dunamûnde> fort construit à l'embouchure de la Duna. (La liste officielle ne compte plus ni Narva, avec Ivangorod, ni Riga, ni Bomarsund, dans les îles d'Aland2.)
1. Les citadelles de Saint-Pétersbourg et de Scblusselbourg servent seulement <)e prisons d'État.
1 VoirLI", p, 30 f noie 1,
Le long de la frontière occidentale de la Russie. — Sur la Vistule: Novo-Ghéorghiefsk (ci-devant Modlin), au confluent du Bougo-Narew; la citadelle de Varsovie et Ivangorod , au confluent du Wieprz. Sur la Duna : Dunabourg. Sur la Vilia: Vilna. Au confluent du Boug et du Narew: Brest- Litofski. Sur la Bérésina: Bobrotiisk. Sur le Dnièpr: Kief. (On passe sous silence Smolensk.) Sur le Dnièstr : Bender. (On ne nomme pas Kaménietz-Podolski et Khotine.)
Sur le littoral de la mer Noire: Nikolaïef, non loin do l'embouchure du Boug, etKertcli, sur le bord du détroit du même nom. (Il n'est pas question de Sévastopol.)
Au Caucase, des forts disséminés dans tout le pays, à droite et à gauche du Dariel étaient destinés à assurer aux Russes la possession du terrain conquis. Il est inutile de les énumérer, car, grâce à la pacification du pays, une grande partie d'entre eux a perdu toute signification stratégique, et leur nombre sera considérablement réduit. Mais sur la frontière qui regarde la Turquie sont les forteresses d'Akhaltsikh, Akhalkalaki et Alexandrapol (Goumri), sans compter celles qui garnissent la côte pontique (Anapa, Redoute- Kalé, Poti , etc.).
En Asie, la frontière est protégée, en outre des forteresses ci-dessus, par une ligne de petits forts (tels que Gourief, à l'embouchure de l'Oural, Novo-Pétrofsk ou JSovo- Alexandrofsk , dans la presqu'île de Manghischlak, ArM et Fort Pérofski sur le Syr-Daria, puis Kopal, Vernoiéei peut-être Tokmak, dans le pays de l'Ili, où, près du lac Issyk-Koul, commence la frontière chinoise. (Pétropavlofsk, dans la presqu'île de Kamtchatka, n'est pas non plus nommé comme forteresse.)
I Sur celui-ci voir t. l*r, p. 232 et pu.txitn.
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Colonies militaires. Nous avons déjà dit plus haut que l'on commença à en établir sous le règne de Catherine II, et d'ailleurs les premières colonisations de Kosaks sur les frontières de l'empire remontent à un temps beaucoup plus ancien1. Celles dont il doit être question ici datent à peine de 1820 (l'oukase d'institution était du 26 avril 1818), et c'est l'empereur Alexandre Ier qui les fonda. Désirant retenir sous les armes les forces considérables ramenées de France après la campagne de 1815, sans avoir a supporter des frais d'entretien trop onéreux pour son trésor et sans enlever à la culture de la terre des bras dont elle avait peine à se passer, ce souverain accueillit un projet du comte Araktchéïef, l'homme de sa confiance et ancien ministre de la guerre, consistant à opérer la fusion d'un certain nombre de régiments, soit d'infanterie, soit de cavalerie, avec les paysans, serfs delà couronne, dans des gouvernements presque déserts et dont le sol était en grande partie resté en friche. Outre une grande économie dans les dépenses, résultant de ce que le soldat contribuerait à son entretien par des travaux agricoles et pourvoirait lui-même, sans pension, aux besoins de sa vieillesse, Araktchéïef faisait envisager à son maître, dans le plan qu'il lui soumettait, l'espoir d'un progrès notable de la population, de la richesse nationale et de la civilisation dans l'empire. Il y voyait de plus un remède aux difficultés du recrutement, ainsi qu'à la lenteur avec laquelle on réunissait des forces considérables et les faisait arriver aux frontières. Enfin, cette institution lui semblait permettre d'accroître encore la force numéri-
1. Sur celles-ci voir Die Gegenwart , t. III , p. 406 et suiv., et t. II. p. 512- 537. — Sur les colonies militaires d'un autre genre dont il Ta être parlé ici . on peut consulter l'ouvrage du baron Ch. de Pidoll , Quelque* mots sur les colonies militaires russes comparées aux Frontières militaires de l'Autriche (1847); Tanski, ouvrage cité , p. 1 18-153; Révélations, t. III, p. 27 ; Haxthausen , t. III, p. 485-496; enfin Rnssland und die Gegenwart (1851), t. Ier, p. 231-240.
698 TROISÎÈME SECTION. — CHAPITRE Iï.
que de l'armée, par la formation d'un corps de réserve composé de paysans et par l'assujettissement au service militaire de toute la population mâle des villages coloniaux. Selon ses vues, la colonisation, appliquée d'abord à un petit nombre de régiments, devait embrasser plus lard l'armée presque entière, et 4 à 6 millions d'âmes ou de serfs mâles de la couronne devaient y être englobés. Exécutée sur une si vaste échelle, l'entreprise pouvait menacer la tranquillité de l'Europe, où elle produisit en effet, à son début, la plus vive sensation; d'un autre côté, elle pouvait jeter dans la Russie même une semence de discorde et de mécontentement dont la révolte de 1832 n'aurait été qu'un symptôme précurseur. Mais non-seulement on ne lui donna point une telle extension , frappé des inconvénients qui en étaient inséparables, on se refroidit même bientôt sur elle, et déjà l'empereur Nicolas renonça aux colonies d'infanterie. Pour celles-ci, on avait choisi, dans le gouvernement de Novgorod, un pays presque inculte, boisé et en partie marécageux. Dès le 1er janvier 1822, une première division de grenadiers, colonisée dans le district du chef-lieu, le long du Volkhof et à l'ouest du lac Ilmen , sur un espace de 62,000 hectares, avait présenté un effectif de 15,061 hommes et de 12,760 femmes, total 27,821 individus des deux sexes. La seconde avait été établie à la fin de 1826, au sud du même lac, autour de Staraïa-Rouça. Cependant en 1830 toute cette colonisation d'infanterie ne comprenait encore que 24,000 soldats actifs et 8,000 de réserve, sans compter les femmes et les enfants. Mais, en même temps une opération semblable s'était exécutée par rapport à la cavalerie. Pour celle-ci , on choisit dans la Russie méridionale une portion de territoire voisine des steppes, dont la population se composait d'un ramas de Moldaves, de Valaques, de Serbes, de Kosaks et de Tatars. On commença,
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dès 1818, par les houlans du Boug, et douze régiments de Kosaks ayant été métamorphosés en houlans en vertu d'un oukase du 3 décembre 1821 , on en établit une partie, ainsi qu'une division de cuirassiers, dans le gouvernement de Kharkof; puis une autre division de cuirassiers dans celui deKherson et sur la partie limitrophe de celui de Iékatérinoslaf. Dès 1822, douze régiments occupaient 380 villages. En 1830, il y avait là 22,800 cavaliers parmi une population dont le total s'élevait à 87,000 individus mâles. Établies dans une région plus fertile et sous un climat plus favorable, d'ailleurs plus habilement administrées par le général comte de Witte, qui, tout en entrant dans les vues d'Araktchéïef, modifia son ordonnance, ces colonies du midi répondirent mieux que les autres à l'attente du gouvernement et n'ont pas été entièrement abandonnées comme elles. Le système en général, après avoir été modifié déjà par l'oukase du 19 novembre (1er déc.) 1825, le fut plus essentiellement encore par celui du 8 (20) novembre 1831. Nous n'en suivrons pas les différentes phases; nous nous bornerons à dire que Ton disloqua sans bruit les colonies d'infanterie, qu'on substitua temporairement au nom de «colonies militaires» celui de «districts des soldats cultivateurs», et que nous n'avons trouvé aucune mention de toute l'institution ni dans YAdress-Kalendar de 1864 ni dans les derniers budgets, quoiqu'elle figure encore pour des nombres considérables dans les chiffres officiels du neuvième recensement*. Dans ces états, on parle encore de 158,920 colons de l'infanterie, dont 78,000 mâles, se rapportant, savoir 134,874 au gouvernement de Novgorod, 14,115 à celui de Vitebsk, et 9,931 à celui de Moghilef; puis, dans le supplément pour 1854, ajouté par Koeppen, il n'est plus question
t. Voir Koeppen , Déviataia Révùiya , p. 13 et suit, et p. S5M55.
"700 TIIOISIÈME SRCTION. - i:HAPlTHK II.
que de cavalerie. On y entre dans tout le détail des divisions et subdivisions; nous nous bornerons à reproduire le résumé suivanl:
Sexe masculin. Sexe féminin. Total.
Colonies militaires de rOukraine. 1187o89 987892 2167981
Colonies militaires de la Nouvelle-Russie 161,525 136,741 298,266
Colonies militaires de Kief et de
la Podolie 68,685 61,449 130,134
Totaux 348,299 297,082 645,381
11 est possible que ces établissements, considérés comme la pépinière d une forte et nombreuse cavalerie, aient tout l'avenir qu'on se promettait de l'institution dans son. ensemble.
Administration de l'armée1. Elle est confiée au ministre de la guerre, qui dirige toutes les forces de terre de l'empire et toutes les branches de l'administration militaire, soit seul , comme dans ce moment , soit avec un ministre adjoint (tovarischtch). Le ministre est l'intermédiaire par lequel les affaires relatives à l'armée doivent être portées à la sanction de l'empereur , comme il sert aussi d'organe aux ordres et aux décisions du monarque. Le ministre de la guerre est membre du conseil de l'empire et du comité des ministres; de plus, il siège dans le Sénat dirigeant. Comme président du conseil du ministère de la guerre, il en dirige les délibérations. Ses rapports avec l'auditoriat
■I. Uaxthausen (t. III, p. 291-300 et 369) rappelle tout ce qui a été dit sur l'état vicieux de cette administration, et l'auteur de La Vérité sur la Hnssie (p. 245-259) accumule tes griefs contre elle. C'est un passé dont uous avons d'autant moins à nous occuper que la place nous manque pour des choses plus nécessaires. - Notons seulement ici la série des derniers ministres de la guerre: le prince Tchemychef , 1827-1852; ie prince Vassili Dolgoroufcof, 1852-1856; le général de l'artillerie Soukhosanetb , 1856-1861 ; le lieutenant-général Droitri Milutine, depuis 1861 .
L ARMÉE liT LES INSTITUTIONS MILITAIRES. 701
général , par rapport à la justice militaire , sont de même nature que ceux du ministre de la justice avec le Sénat. Il est le premier membre de l'état-major général dont nous avons parlé , et la chancellerie militaire de campagne de Sa Majesté, quand elle est organisée, est sous son autorité. Voici quels sont les départements et directions générales du ministère de la guerre: chancellerie du ministre; département de l'inspection (du personnel de l'armée) ; direction générale de l'état-major, ayant à sa tête le quartiermaître général du grand état-major de l'empereur dont il a été parlé, et dont dépendent le corps et l'école des topographes, les archives ou le dépôt des manuscrits, plans et cartes; direction générale de l'artillerie, ayant pour chef le feldzeugmeister général assisté d'un adjoint (dans le cas où le titulaire est un prince de la famille impériale), comprenant d'ailleurs un conseil administratif, un comité scientifique ou technique, l'atelier des plans, etc., et dont dépendent d'une part les arsenaux, poudrières, fabriques d'armes, etc.1, d'autre part l'académie et l'école d'artillerie, ainsi que le bureau du journal de l'artillerie; direction générale du génie , ayant pour chef l'inspecteur général du génie , avec ou sans adjoint , et comprenant aussi le comité technique chargé de l'examen des projets, des devis et des comptes rendus concernant les nouvelles constructions; direction des troupes irrégulières, qui, outre ses trois sections, se compose d'un conseil où siègent les délégués des différents pays de Kosaks et auquel est attaché un auditeur en chef pour les affaires concernant la justice militaire ; direction générale de l'intendance, gérée par l'intendant général, assisté de S vice-directeurs; département médical, auquel est attaché un comité scientifique-médical, composé des