Révélations, t. III, p. UO
leurs cordages n'ont pas d'égaux dans les autres pays. » Mais à cela le même écrivain oppose les parties faibles, et il va jusqu'à prétendre qu'un vaisseau russe n'est pas sitôt en commission, qu'il commence à se détériorer. Il fait connaître la paie des officiers de l'élat-major, qui est modique; quant à celle des matelots, elle est, comme la paie des soldats, presque nulle. Leurs aliments ne donnent pas lieu non plus à de bien grandes dépenses, car qu'est-ce que 1 % ou 2 millions de francs de vivres, pour 50,000 hommes de mer? environ 40 fr. par homme. Quand ils sont en mer, ils reçoivent chaque jour 1 % livre de biscuit et un verre d'eau-de-vie, sans parler de la viande salée, du beurre salé, du gruau et des légumes secs.
Les malades de la flotte sont traités dans de nombreux hôpitaux et lazareths1, ainsi que dans ce qu'on appelle les «commandes» de la flotte.
Établissements d'instruction. Selon YAdress-Kalendar de 1863, c'étaient les trois établissements suivants, dont nous indiquons le nombre d'élèves à cette époque-là.
Morskoï Korpous ou Corps maritime 255
École d'ingénieurs et artilleurs maritimes 161
École de pilotes de Kronstadt 172
Total 588
L'année avant, le total des élèves avait été de 1,152. Mais ces établissements sont en voie de transformation, comme ceux de l'armée de terre ; des gymnases en prendront en partie la place*, et il paraît être question aussi de fonder une académie maritime. Non -seulement le Corps des cadets de la marine , qui datait du règne de
1. On peut voir sur eux les ouvrages indiqués p. 706, note 2, et p. 732, note 1.
2. On peut consulter le volumineux projet rédigé par l'amiral Poutiatine (1860), et les Comptes rendus pour 1861.
Pierre Ier, n'est plus , comme on vient de le voir, que le Corps maritime, il attend aussi toutes sortes de réformes plus réelles. L'école de pilotes de Nikolaïef ne paraît plus exister que sous forme d'une compagnie (rota) de pilotes; nous ne relrouvons pas non plus l'école de navigation fondée en 1781 à Kholmogori. D'un autre côté, nous avona sous les yeux un rapport sur l'asile (priouth) de Constantin à Arkhangel, où sont reçus des enfants de marins, un autre sur l'école du 1er équipage maritime , et un troisième sur le vaisseau-école d'artillerie maritime. Il nous suffit de mentionner ces diverses institutions.
Colonies russes. Il ne faut pas les confondre avec ce que nous avons appelé (p. 21) les possessions. A vrai dire el officiellement, la Russie n'a de territoire colonial que celui de l'Amérique du Nord, appartenant à la c Compagnie américaine russe1. » Dans une assemblée générale des actionnaires de cette compagnie marchande qui s'est réunie le 15 (27) septembre 1865, le ministre des ûnances a parlé d'une « direction générale des colonies,» que le gouvernement proposera de nommer pour surveiller l'administration de la compagnie et qui serait sous l'autorité du ministre de la marine. La compagnie existe depuis 1799, et son privilège n'expirera que le 1er janvier 1882. Jusqu'à ce momentlà, la possession exclusive du territoire dont nous parlons, lui restera. A partir de 1882 seulement, elle subira le contrôle indiqué, mais en conservant le pouvoir pour tout ce qui tient à l'administration , et même le privilège d'avoir son pavillon, ses propres troupes et jusqu'au droit régalien de battre monnaie.
1. Voir t.ler, p. 166 et ci dessus p. 127. — Pour l'historique, on peut consulter en outre: Mùller, Sammlung, t. III, p. 1 et sniv. ; Reimers, t. II, p. 157, etHaferaeister, Temtorialvergrosserung, p. 34.
QUATRIÈME SECTION