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L'ADMINISTRATION DANS TOUTES SES BRANCHES

Le mot administration a deux sens, l'un plus étendu, l'autre plus restreint. Dans le premier, il comprend lous les services publics, la gestion de toutes les affaires d'un pays; dans le second, il désigne spécialement celle des affaires et des intérêts intérieurs, à l'exception de la justice, soumise non pas à des règlements, des résolutions, des usages, mais à une loi immuable, qu'il s'agit d'appliquer religieusement et à l'abri de toute ingérence, fut-elle celle du chef de l'État. C'est dans ce dernier sens qu'une règle fondamentale veut que l'administration et la justice ne soient pas confondues. Parmi les titres du règne d'Alexandre II aux suffrages de ses contemporains aussi bien que de la postérité, nous n'oublierons pas celui d'avoir essayé d'établir cette séparation dans son empire. Cependant, comme elle est encore loin d'être complètement réalisée, nous ne consacrons pas une section à part a la justice, qui, d'ailleurs, sans être un service administratif, a pourtant aussi son administration et sa hiérarchie.

L'administration c'est l'ordre. Dans nos pays d'Occident, l'ordre existe solidement dans les rangs de la société civile, et c'est à ce point que le mécanisme marche et fonctionne régulièrement même au milieu des révolutions. Plut au Ciel que le pouvoir exécutif y fût aussi solidement affermi que les rouages administratifs! Il n'en est pas encore ainsi lout-àfait dans l'Europe orientale : cette seconde moitié de notre partie du monde veut à son tour avoir son organisation ra- III. 47

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ionnelle et efficace. On l'a dit avant nous, les Polonais l'ont pas réussi à la lui donner, il est donc de l'intérêt de ous que cette tache soit accomplie par les mains auxquelles iduellement elle est remise. Après tout, quel peuple mieux [ue les Russes, si essentiellement gouvernables (je parle lu gros de la nation), se prêlait-il à recevoir cette organiation? Un publiciste contemporain dont la voix se fait enendre avec autorité là où il s'agit des affaires intérieures le la France et quelquefois aussi dans les discussions relaives à la politique européenne, s'exprime à ce sujet, avec aison, en ces termes1 : « La force principale des Russes esl lans leur caractère national, dans celte résignation qui l'exclut pas l'activité , dans cette double soumission à Dieu t à l'Empereur, qui n'est ni la fatalité antique ni le fatalisme oriental. Cette qualité, cette vertu, est dans le sang; c'est in instinct de race, que la religion et le pouvoir ont seulenent développé. La nation russe est de toutes les nations le l'Europe la plus disciplinante, celle qui adopte le plus ïcilement la pratique, sinon la théorie de l'ordre.... Dieu a oulu que cet instrument tombât presque toujours dans des nains puissantes. Mais jusqu'à Pierre 1er, aucun des grands lommes qui marchèrent à la tête de ce peuple n'avait eu onscience de sa destinée. »

L'administration c'est l'ordre : ce mot, on a cru pouvoir 3 parodier en disant, relativement au passé, qu'en Russie administration c'était le désordre1. Cependant là aussi is réformes sont ou déjà commencées ou tout au moins réparées. Sans doute, en Russie, l'administration est le iége de cette bureaucratie des tchinovniks qu'on a sou-

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