Voir Kœnig, Bilder aus Russland, p
2. Voir Oldekop, St. Petersburgische Zeitschrift, t. XIV, p. 110 et suiv. III. 49
cette époque -là, quoi qu'en dise M. de Gérebtsof1, il n'y avait pas encore d'administration provinciale régulière; tout était abandonné au pouvoir discrétionnaire des voïvodes. A peine si, sous Pierre le Grand, il existait une telle organisation ; mais du moins ce monarque en jeta les fondements. C'est lui qui, le premier, à la fin de 1708, divisa son empire en gouvernements ; d'abord en 8, auxquels un 9e et un 10e furent ajoutés dans les deux années suivantes. Voici quels étaient ces 10 premiers gouvernements: Moscou, Inghermanland (Ingrie, nom auquel fut substitué, en 1710, celui de Saint-Pétersbourg), Arkhangel, Kief, Smolensk, Nijegorod, Kasan, Astrakhan , Voronège ou Àsof, et Sibérie. En 1719, le nombre des gouvernements fut porté à 11, puis, en 1721, après le traité de Nystad, à U : moyennant des démembrements ou par l'effet des conquêtes, on ajouta les gouvernements de Reval, Novgorod-la- Grande, Riga et Bielgorod. On ne comptait alors que 255 villes, plus 18 annexes ou faubourgs, et A forteresses. En 1758, sous l'impératrice Elisabeth, la division embrassa 16 gouvernements8, dont ceux de fondation nouvelle étaient Orenbourg et Vybourg (Wihorg). Catherine II, dans les quatre premières années de son règne, les porta jusqu'à 20, en y ajoutant les gouvernements de la Petite-Russie, de la Nouvelle-Russie, des Slobodes d'Oukraine et d'Irkoutsk. Au moment où ce génie organisateur publia ses fameux Règle-
1. Voir plus haut, p. 740. Y avait-il, comme il le veut (t. Ier, p. 313), des namiestniks avant Pierre le Grand ? Nous en doutons. C'est â Strahlenberg (éd. allem., p. 179 et suiv.) qu'il faut recourir pour avoir des renseignements exacte sur les divisions de cette époque-là. Cf. Gorodskiya Pocéléniya (1860), t. Ier, préface , p. vi (ouvrage volumineux donnant le tableau des villes par gouvernements).
2. On en peut trouver l'énumération, avec la subdivision de ces gouveraements en provinces , dans Mùller, Sammlung, t. II, p. 181-288, et la représentation pour l'œil dans l'Atlas russien de 20 cartes, publié en 1745 par l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg.
ADMINISTRATION LOCALE
meiits pour V administration des gouvernements de l'Empire il existait 23 de ces derniers : Pskof, Tver et Asof *, détaché de Voronège, étaient venus se joindre aux autres. La nouvelle organisation substitua aux gouvernements des lieutenances (namestnitchestvo) , formées selon les bases qu'on a indiquées plus haut (p. 744). Les lieutenances de Tver et de Smolensk, considérées comme les plus avancées de l'empire, furent les premières en état; on mit dix ans, de 1776 à 1785, à en créer 41, lesquelles embrassaient 493 districts (ouîesdy), avec autant de chefs-lieux et 86 autres villes qui n'avaient pas ce rang. Les seuls gouvernements de Saint-Pétersbourg et de Moscou conservèrent cet ancien nom des circonscriptions. Après que la Lithuanie, une partie de la Pologne et la Kourlande eurent été réunies à l'empire, on fît de ces" acquisitions 8 lieutenances nouvelles, avec 91 chefs -lieux de districts et 7 simples villes. Les 49 ou 50 lieutenances existantes alors, plus le Pays des Kosaks du Don, figurent dans la Ghénéralnaia Karta ou Carte générale de l'empire de Russie, publiée en 1785. Indépendamment de la Crimée, dont on commençait seulement l'organisation, et du Pays des Kosaks du Don, qui a son régime spécial, ou y voit outre celles que nous avons nommées : laroslavl (1777), Vologda, Viatka, Kostroma, Perm, Kalouga, Tambof, Simbirsk, Orel, Koursk, Saratof, Toula, Oufa (Orenbourg), Vilna, Moghilef, Minsk, Slonim, Polotsk, Novgorod - Séversk , Bratzlaf, Tchernigof, Kharkof, Riaisân, Penza, Vladimir, Iékatériiioslaf, Caucase, Podolie et Volynie, Voznécensk. L'empereur Paul transforma de nouveau les lieutenances en gouvernements : des 49 qui existaient, plus deux oblasth ou provinces, il