‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 329 sur 367 · Voir p · texte numérisé non relu

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2. Dans le livre Le Socialisme en Russie (1860), ce terme est pris dans une tout antre acception.

de servage, les progrès de notre agriculture, dit-il, c'est la manière dont les terrains sont partagés entre les paysans, c'est-à-dire leur distribution par foyers {tiagloy. Tout le terrain dont l'exploitation est concédée aux paysans d'un village* est partagé en autant de lots qu'il y a de foyers ou familles. Comme la commune est solidairement responsable des charges et redevances qui pèsent sur chacun de ses membres, c'est elle aussi qui fait ce partage. L'étendue des lots est proportionnée au nombre des membres de chaque famille, eu égard à ses besoins et aux bras dont elle peut disposer pour la culture du terrain qui lui tombe en partage. Lorsqu'un fils se marie du vivant de son père, il a droit à un lot qu'il doit exploiter pour son compte. Là où il y a des inégalités sensibles dans la fertilité du sol, on égalise le partage en donnant à chacun une partie de terrain de chaque qualité. Lorsque l'étendue des terrains excède le strict besoin de la population, c'est-à-dire la proportion normale jugée nécessaire pour la subsistance de chaque famille3, c'est aux paysans le plus à leur aise, à ceux qui disposent du plus grand nombre de bras propres au travail, qui ont plus de bétail et, en général , plus de moyens de culture à leur disposition, qu'ils sont adjugés, souvent même

1. Sur le tiaglo, mot qui correspond maintenant à feu, foyer, on peut voir P. Storcb, Der Bauernstand, etc., p. 27-31. Ce même auteur, p. 29, parle aussi des partages, mais presque seulement incidemment. Est-ce sa faute ou celle de son censeur?

2. On a vu p. 402 la distinction entre la terre seigneuriale et la terre de paysans.

3. Voir plus haut, p. 402. On assure que la terre ne comporte nulle part eo Russie plus de 1,800 à 2,000 habitants par mille carré d'Ail, (en Angleterre, au contraire, elle peut en nourrir 5,240, en Belgique jusqu'à 8,700). S'ils prétendent â la prospérité, ils ne doivent pas dépasser le nombre de 1,500. Voir notre article Russland dans le Staatslexikon de Brockbaus, 3e édition, t. XII, p. 75 1 et 753, et de plus notre tome H, p. 144. Voir aussi la carte 2 do livre de Buschen.

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ADMINISTRATION COMMUNALE. 791

malgré eux; et ils contribuent, en proportion, aux charges de la communauté. Celte répartition se fait ordinairement avec beaucoup d'équité et de discernement. Le surplus des terrains répartis de cette manière forme en même temps une réserve pour les partages à venir que les progrès de la population peuvent rendre nécessaires. Lorsque, au contraire, il n'y a pas assez de terrains pour assigner à chaque famille un lot proportionné à ses besoins, le surplus de la population se rend dans les contrées ou dans les gouvernements voisins, quelquefois môme dans des provinces trèséloignées, pour chercher du travail etgagnerson pain.» Suit la critique de cet état des choses, critique à laquelle d'autres écrivains russes, par exemple M. Kochélef, déjà cité, et de même M. de Ilaxthausen *, opposent leur avis approbalif , mais avec laquelle nos économistes français, M. Wolowski en tête, sont parfaitement d'accord pour condamner l'institution. Quant à nous, nous réservons encore notre jugement, nous bornant à dire ici que la question a besoin d'être examinée à un point de vue plus élevé que celui du revenu , dont toutefois nous ne méconnaissons pas l'importance relative.

B. Le royaume de Pologne*.

Le 23 avril 1861 , dans une note officielle insérée au Moniteur universel de France, on pouvait lire cette appréciation équitable: «Les idées généreuses dont l'empereur

t. Voir surtout t. III, p. 161. A la page 132, il dit: Le mir ou la commune russe étant, d'après notre conviction , la base réelle de toutes les institutions populaires, nous essayerons d'en esquisser les traits principaux, et nous ajouterons, comme un exemple vivant, la description d'une grande commune, celle des Kosaks de l'Oural. Elle suit, p. 165-175.

î. On en a traité, sous d'autres rapports que l'administration, dans différents chapitres ou paragraphes des sections précédentes. Voir la Table alphabétique.

Alexandre II n'a cessé de se montrer animé depuis son avènement au trône et qu'atteste si hautement la grande mesure de l'émancipation des paysans, sont un gage certain de son désir de réaliser aussi les améliorations que comporte l'état de la Pologne ; et il faut faire dés vœux pour qu'il n'en soit pas empêché par des manifestations de nature à mettre la dignité et les intérêts politiques de l'empire russe en antagonisme avec les dispositions de son souverain.» On sait si ce vœu , si sensé , si sage , a été écoulé par la noblesse polonaise; mais les réformes qui déjà avaient été annoncées par l'oukase du 14 (26) mars de la même année, n'en ont pas moins été commencées immédiatement après les journées désastreuses du 8 et du 9 avril. Le 16 juillet, le Conseil d'État fut rouvert à Varsovie et inauguré par une séance de ses quatre sections réunies sous la présidence du lieutenant de l'empereur (namestnik); le 13 (1er) janvier 1862 fut ordonnée la suppression, à Saint-Pétersbourg, du département spécial pour les affaires du royaume de Pologne, faisant partie du Conseil de l'Empire, comme avait déjà été supprimée l'assemblée générale des départements de Varsovie au Sénat dirigeant; enfin d'autres mesures de conciliation furent prises encore à la suite de celles-ci, ainsi qu'on l'a vu plus haut (p. 432). Si beaucoup des réformes qui devaient suivre se font encore attendre à l'heure qu'il est, il ne serait que juste de s'en prendre à l'insurrection de 1863. Quoi qu'il en soit , l'état actuel de l'administration dans le royaume peut se résumer comme suit.

Auprès du namestnik (en polonais namiestnik) est un conseil de régence ou d'administration (sovelh oupravléniya) composé de 14 membres, y compris le ministère ou plutôt les commissions administratives préposées aux différents départements , car le titre de ministre n'a pas été rétabli. Les départements sont : l'intérieur avec les affaires ecclé-

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