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palales ordinaires s'ajoutent encore quelques commissious I ou collèges particuliers se rapportant à l'alimentation et à \ la sanité publiques. ( Enfin , le Pays des Kosaks du Don a une administration j exceptionnelle dont il a déjà été parlé (t. II, p. 448, et t. III, p. 685).
Administration communale. Nous voici arrivé à la vraie base de tout édifice social qui prétend à la solidité, la commune; base qu'il importe de bien poser en Russie, plus . encore que partout ailleurs, à cause de l'immensité de l'empire des Tsars, de la diversité de ses parties et de l'influence vitale qu'exercent sur sa situation économique, sur ses conditions d'existence, les accidents d'un climat presque partout excessif. Nous aurons à considérer la commune d'abord dans les villes et ensuite dans les campagnes.
Communes urbaines. Il a déjà été longuement traité des villes et de leurs habitants (p. 317-336) tout ce qui nous reste à faire ici , c'est d'achever le tableau de l'administration des villes. Une première loi municipale avait été rendue
1. Pour le nombre et la population des villes, il faut consulter les ouvrages de statistique indiqués à la page 318, ainsi que les tableaux a sostoïanii gorodof, de 1842 et suivants ; puis le travail de Kœppcn, Ueber Russlands Stâdte, de la même année 1842. — Pour leur description, on fera bien de recourir à l'ouvrage important Goiodskiija Pocéléniya (1860 et suiv.). Nous en avons sous les yeux 5 vol. gi . in-8°. — On commence à connaître aussi les budgets municipaux. Aucune ville de Russie n'est très-riche ; les premières sous ce rapport sont Saint- Pétersbourg, avec un revenu de plus de 3 millions R. A.; Moscou, plus de 1,800,000; Odessa, 1,200,000; Riga, 957,000. Dans trois autres villes, le revenu dépasse 200,000 R. A.; ce sont: Astrakhan, Nijni-Novgorod et Kicf. Dans six autres encore, il dépasse 100,000 R. A.; ce sont: Kharkof, Kasan, Poltava, Rybinsk et Saratof. En 1863, toutes ensemble n'atteignaient pas le chiffre de 12 millions de R. A. Voir St. Petersb. Zeitutuj du 19 (31) décembre 1865. Cf. Menschen und Dinyc in liussland , p. 26 1 . En France , 201 communes ont no revenu supérieur à 1 00,000 fr. , et 3,469 autres un revenu supérieur à 10,000. Les recettes ordinaires de toutes ensemble sont de 292 millions, sans compter les 150 millions des recettes extraordinaires. Les recettes ordinaires de Paris étaient, en 1865, de 134 millions de francs.
ADMINISTRATION COMMUNALE
par Pierre le Grand (oukase du 16 janvier 1721); cependant on a vu que c'est le statut (Gorodovoié polqjénié) de Catherine II, du 24 avril (5 mai) 1785, qui est la base de l'organisation urbaine f, maintenue jusqu'à ce jour, quoique modifiée déjà par les oukases du 14 (26) mars et du 24 mai (5 juin) 1861, qui, en même temps que l'éligibilité des municipalités, ont accordé l'éligibilité du golova, son chef, réformes auxquelles viendront sans doute bientôt s'en joindre de nouvelles. Le golova (tête) s'appelle le plus souvent gorodnitchéî , de gorod, ville. Nommé pour trois ans, il est le président d'un, conseil appelé gradskaîa douma, dont tous les membres, en général au nombre de 6 et au moins de 3 , sont librement élus par les habitants, aussi pour trois ans. A ce conseil est attaché un secrétaire, et un autre remplit ses fonctions dans le gorodovoï maghistrat, dénomination qui paraît répondre à celle de conseil de six voix y autrefois en usage. C'est le tribunal de la ville , de police et de commerce ; il se compose de 2 présidents et de 4 assesseurs. Chaque ville a son médecin ou physicien. Parmi les autres fonctionnaires, le premier, après le maire, est le commissaire de police (tchastnii pristaf), dont il existe plusieurs dans les villes considérables. Ils sont subordonnés au gouverneur civil et correspondent avec lui. Dans les villes de gouvernement, il y a d'ailleurs le plus souvent un maître de police, officier supérieur ou général, qui relève directement du ministère de l'intérieur. Dans les deux capitales, il y a des grands-maîtres de police.
Il serait intéressant d'établir une comparaison entre l'organisation des villes russes proprement dites, et celle, plus conforme à nos usages occidentaux, des villes allemandes des provinces Baltiques, Riga, Reval, Dorpat,
1. Hupel, t. 1er, p. 485-495. L'auteur de La Vérité sur la Russie (p. 840-243) regarde cette organisation comme surannée.
Mitau, Libau, etc.; mais cette tâche ne saurait être rem- I plie ici faute d'espace *.
Certaines villes importantes forment à elles seules une circonscription administrative appelée gradonalchcdtsvo (de grad ou gorod, ville, et natchalstvo , commandement). A sa tête est le gradonatchalnik. De telles villes sont, comme on Ta vu déjà, Odessa, Taganrog, Kertch et Izmaïl\
Communes rurales. C'est là principalement une étude pleine d'intérêt, non -seulement au point de vue indiqué plus haut, mais encore à celui des mœurs nationales et du degré de civilisation auquel a atteint jusqu'ici le peuple russe; et, ajouterons-nous, une étude toute nouvelle, car nous ne sachions guère que MM. de Haxthausen et Le Play, qui, parmi les écrivains des pays d'Occident, s'en soient occupés ; encore le premier l'a-t-il fait avant que ce sujet ait été mis en lumière dans le pays même (par exemple, par t MM. Tengoborski et Kochélef) 8. Cette étude, quoique à peine entamée, nous ne pouvons pas nous y livrer ici; il nous suffira d'en exposer les principaux résultats.
Ce qui se rapporte à la classe des paysans en général et au nombre des villages a été dit précédemment (p. 336 et suiv.) : nous y renvoyons le lecteur. C'est seulement de l'organisation rurale qu'il doit être question ici.
La commune rurale slavonne, et en particulier russe, s'appelle mtr, absolument comme le monde *, car pour les
1. Voir Menschen und Dirige, p. 232, 252 et suiv.; Haithausen, t. 111, p. 146 et suiv.
2. Sur l'étendue et la population de ces territoires urbains, on peut consulter l'ouvrage Dèviataya Révisiya.
3. Voir les ouvrages cités p. 198, note 2, et, pour Kochélef. Bodcnsledt, Russische Fragmente, t. II , p. 85 et suiv. , et p. 74, la note.
4. Et aussi comme la paix, la concorde, ce qui répond au Koafio; des Grecs, qui est aussi l'ordre, l'ordre paré. — M. deGérebtsof (t. Ier, p. 347) fait remonter le mir aux temps les plus anciens.
ADMINISTRATION COMMUNALE
paysans de cette origine, elle est le monde en petit. Nous en avons dit un premier mot (p. 348), dans l'historique concernant la classe des paysans, puis (p. 401 et 402), à propos de l'appropriation des terres à la suite de l'émancipation des serfs. Le mir, c'est la famille agrandie par son développement naturel, mais ayant toujours à sa tête, dans la personne de l'ancien (starik, starchina, starosta), le père ou l'aïeul commun. D'après la loi de 1861, ce chef s'appelle selskii starosta , ancien du village (sélo) ; et comme toute autorité quelconque s'appuie maintenant sur un conseil délibérant, il a près de lui le selskii skhod, l'assemblée de village1, qu'il ne faut pas confondre avec l'assemblée cantonale ou de volosth, dont il a été fait mention (p. 785), lequel volosth est la famille rurale dans sa plus grande extension. Ces familles slavonnes possédaient et possèdent encore en commun la terre de leur circonscription, et c'est là ce « socialisme russe » dont on a beaucoup parlé dans ces derniers temps*. Cependant, dans le cours des siècles, l'indivision a fait place à un système de partages périodiques» système dont nous avons déjà dit un mot (p. 336), sur lequel un congrès récemment réuni, sous les auspices de la Société libre économique de Saint-Pétersbourg, vient d'ouvrir le débat en Russie même. On a vu (p. 407, note) ce qu'en pense l'économiste français d'un grand mérite qui a fait de l'étude du sort de la classe ouvrière l'objet d'études persévérantes , M. Le Play ; voici maintenant comment le juge Tengoborski, dans un passage de ses Études qui en donnera en même temps l'explication. Cet autre économiste éminent écrivait, comme le premier , avant l'émancipation des serfs. «Ce qui entrave, peut-être bien plus que l'état