CHAPITRE II
On doit à M. de Gérebtsof un Essai sur l'histoire de la Civilisation en Russie*; mais pour donner à son livre tout l'intérêt que la matière était susceptible d'offrir, il eût fallu que l'auteur retraçât plus fidèlement le caractère local, et nous ne croyons pas non plus qu'il ait solidement fondé ses récits sur les sources contemporaines de chaque époque, depuis les Byzantins et Nestor. Pour nous, après avoir marqué, au commencement du présent volume, le point de départ et la nature sui generis de la civilisation russe, nous avons, dans la suite, fait connaître le développement successif des institutions du pays et des différentes classes de la nation. Si nous avions osé aborder, nous aussi, une lâche de cette grandeur, nous aurions eu soin avant tout de distinguer deux choses, la civilisation indigène, nationale, et la civilisation exotique importée. Dans celle-là , où nous aurions reconnu la période varègho -byzantine, la période mongole ou tatare, la période semi-européenne et la période européenne définitive, nous aurions examiné séparément quelle part ont eue le prince, la noblesse, le clergé, les bourgeois et les hommes du peuple à la marche progressive de la nation; les travaux du clergé surtout, tant régulier que séculier, auraient été pour nous l'objet de l'étude la plus attentive. Peut-être n'aurions-nous rien trouvé