La Russie, la Pologne et la Finlande, p
l'esprit des fortes études \ Le statut de 1802 fut modifié par celui du 4 juin 1820, et celui-ci le fut à son tour par celui du 9 janvier 1865, qui toutefois respecta le caractère spécial de l'université; elle ne fut pas soumise aux mêmes règlements que les universités russes proprement dites. Dans l'année révolue , elle comptait 560 étudiants , tandis qu'elle n'en avait eu que 365 en 1824 et 484 en 1843. Exceptionnellement, elle avait atteint, en 1830, le chiffre de 647, qui comprenait 263 étudiants livoniens, 126 kourlandais, 90 esthoniens , 157 des autres gouvernements de l'empire et 1 1 de l'étranger. La théologie n'en occupait que 84, et le droit 80; 227 se vouaient à la médecine; les autres suivaient lés cours des facultés préparatoires. Le nombre des professeurs est de 41, plus 10 enseignants (docentes) et 5 lecteurs. Université complète, cette haute école a les cinq facultés , théologie, jurisprudence, médecine, histoire et philologie , sciences physiques et mathématiques. Sa bibliothèque se compose de 669 manuscrits , 104,513 imprimés (les publications périodiques comprises), et 5,514 cartes, plans et dessins. Son observatoire, muni d'excellents télescopes, compte jusqu'à 155 instruments, et aucune autre des richesses d'une université bien dotée ne manque ici; le cabinet minéralogique mérite particulièrement une mention, ainsi que le jardin botanique et le musée zoologique. Parrot , Ledebour et Eschholz y ont laissé de brillantes traces de leur passage.
Telles sont les six universités actuellement ouvertes à la jeunesse studieuse dans l'empire proprement dit. Vilna ne figure plus dans le nombre, comme nous l'avons dit; cependant l'avenir peut lui rendre sa vie autrefois active, et son passé réclame de nous au moins un souvenir. Fondée
1. Storch, Ruisland unter Alexander i, t. II et t. III; puis t. VIII, p. 24-33. Voir aussi Uebersicht der Thâtigkeit, etc. , p. 89, et Woldemar, p. 75.
par les jésuites en 1578, réorganisée en 1781, l'université ( de Vilna dut, en 1803, à l'empereur Alexandre Ier une cxis- I tence toute nouvelle sur de plus larges bases1. Dès 1824. I elle était fréquentée par 927 étudiants, nombre qui aug- I menta encore dans la suite. La bibliothèque, sous la sage 1 administration de Grodeck , fut portée de 18,000 à 50,000 volumes. Par malheur, les étudiants prirent, en 1831, fait et cause pour l'insurrection polonaise, et l'année suivante, cette école, jusqu'alors prospère, fut fermée. D'abord, il est vrai, sa faculté de médecine fut convertie en une Académie ! médico-chirurgicale, mais celle-ci, à son tour, fut supprimée en 1840.
Dans le royaume de Pologne, Varsovie avait, de 1816 à 1831, une université qui, vers la fin de cette période, comptait jusqu'à près de 600 étudiants. La même insurrection polonaise entraîna cette haute école dans la ruine du i pays, et jusqu'à ce jour elle n'est pas définitivement réor- 1 ganisée, quoique cette réorganisation soit prescrite par le J rescrit royal du 11 septembre 1864, qui promet aussi à 1 Varsovie un gymnase russe et un gymnase allemand'. Parmi les instructions données par Alexandre II à son lieutenant dans le royaume, on lit ce qui va suivre: « Élaborer et soumettre au plus tôt un projet de réorganisation de la prin- ' cipale école de Varsovie en université, et lui conserver, tout en faisant la part des exigences locales, les droits et I les privilèges qu'établit le nouveau statut des universités russes.» En attendant, outre la haute école mentionnée ici, il existe à Varsovie une École principale ou supérieure ap-
1. La Russie, la Pologne et la Finlande, p. 553. Cf. le recueil de Storch t. Ier, p. 297, et t. VIII, p. 22.
2. Décrets impériaux du 30 août (11 septembre) 1864 concernant l'instruction publique... en Pologne, Pétersb., 1864, p. 5. Cf. le Rapport (doklad) à ce sujet de M. Nie. Milutioe, secrétaire d'État.
pelée jusqu'en 1862 Académie médico-chirurgicale, et fréquentée alors par moins de 200 étudiants, mais qui, réorganisée depuis, en compta 649 de 1863 à 18641. Le corps enseignant de la future université se compose de 56 maîtres partagés entre les quatre sections suivantes: médecine et chirurgie, jurisprudence, philologie et histoire, physique et mathématiques.
Dans la grande-principauté de Finlande n'a pas cessé de fleurir l'université luthérienne fondée à Abo par la reine de Suède Christine en 1 640 (26 mars) , et transférée en 1827, après un incendie qui dévasta cette ville, à Helsingfors, devenu aussi le siège du gouvernement. Comme Alexandre Ier Ta restaurée, elle fut désignée sous le nom d'université d'Alexandre ou Christinœa-Alexandrina. Nous l'avons décrite précédemment*. Rouverte vers l'hiver de 1828, elle comptait alors 339 étudiants; mais dès 1835, elle en eut 455, et quelquefois depuis jusqu'à. 500. Dans ses quatre facultés, théologie, droit, médecine et philosophie, ellecomplc environ 45 enseignants, dont 22 professeurs ordinaires. Sa bibliothèque avait en 1827, avant que l'incendie la dévorât, 50,000 volumes; elle en possède de nouveau près de 45,000, grâce à de riches dons qui lui ont été faits. Aucun des autres accessoires d'une université ne fait défaut non plus à celle de la Finlande8.
Lycées. Avant 1830, il en existait 4; mais peu après celte date, celui de Kréménelz-Volynsk a été transféré à Kief pour devenir le point de départ d'une université, et l'on vient de voir qu'en 1863 celui de Richelieu, à Odessa, a subi la même
1. Voir les Matériaux de M. ie secrétaire d'État Nie. Milutine, n° IV, 2e fascicule, n° 4; Das Kônigreich Polen (1864), p. 91. Cf. Possart, Das Kônûjreick Polen, p. 40.
2. La Russie, la Pologne et la Finlande, p. 617. Cf. Rein , p. 54-59.