‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 335 sur 367 · Strahl, GeschiciUe d. fl. K.t t. Ier, p · texte numérisé non relu

Strahl, GeschiciUe d. fl. K.t t. Ier, p

de 1272 à 43281. Même vers 1450 encore, ^Eneas Sylvius, plus tard pape sous le nom de Pie H, désigna les Russes comme gens barbara, incompta, jugement qui, encore dans le siècle suivant, fut confirmé par le baron de Herberstein, étranger pourtant à toute déclamation*. L'ancienne civilisation que nous avons rappelée, mais qui périt presque tout entière, nous la laisserons de côté, pour ne prendre la civilisation du grand peuple russe qu'à sa renaissance et la suivre depuis ces faibles commencements jusqu'à nos jours.

Époque de Ioann III Vassiliévitch, que Ton peut dater de 1472, c'est-à-dire du mariage de ce premier tsar avec l'héritière des Paléologues de Constantinople'. Arrivée à Moscou de lettrés italiens apportant des manuscrits, de l'architecte et ingénieur Aristote de Bologne, de beaucoup d'autres artistes ou savants de la même nation.

Époque de l'introduction de l'imprimerie, en 1553, sous Ioann IV le Terrible4. Ce tsar fort éclairé, malgré l'éducation insuffisante qu'il a reçue, permet aux étrangers, dont il appelle un grand nombre dans le pays, l'exercice public de leur culte, et ouvre, à Novgorod et à Pskof, des écoles

1. Voir plus haut, p. 42-45; Karamzine, t. V, cliap. iv (p. 296 et suiv.).

2. En parlant de Novgorod la Grande, il dit: Regio multo frigidior est ipsà Moscoviâ. Geniem quoque humanissimam habebat, sedquœnunc proculdubio peste Moscoviticâ , quam eo commeantes Mosct secum invexertmt, corruptissima est. Voir ses Commentaires, édit. de Baie, p. 74. Le jugement du Français Margeret (p. 164) n'est guère plus favorable.

3. Voir plus haut , p. 261 et 504; Karamzine, t. VI, chap. n (p. 54-62) et t. VII, chap. iv (p. 159-187); Strahl-Herrmann , t. II, p. 380-403; Oustrialof, t. 1er, p. 241. Ce que dit à ce sujet M. de Gérebtsof (t. Ier, p. 468) manque de portée.

4. Voir p. 509; Karamzine, t. VIII, chap. 1er (p. 39) et t. IX, chap. n (p. 63- 90) ; Herrmann, t. III , p. 123-141 ; Gérebtsof, t. Ier, p. 416 ; l'article Jean Fœdorof dans le Dictionnaire des auteurs russes du métropolitain Eugène, et, dans Erman, Archiv, t. VIII (1848) , p. 263-270, l'article Zur Geschichte der Buchdruckerkunst in ftussland. Cf. Lecoinle de Laveau , Description de Moscou , 1" édit., p. 181-201.

qui furent à peu près les premières de la Russie renaissante.

Époque de Nicon, sous Alexis Mikhaïlovitch, 1652-1667 Il en a été question plus haut (p. 517 et suiv.). Déjà on recevait alors en Russie les journaux étrangers, et bientôt après (1682) fut fondée l'Académie ecclésiastique de Moscou >, au nombre des attributions de laquelle fut comprise celle d'examiner les étrangers qui venaient dans le pays pour se vouer à l'enseignement dans les maisons particulières. La Petite-Russie apporte à la Grande le tribut de ses lumières.

Epoque de Pierre le Grand , au commencement du XVIIIe siècle. Elle n'eut pas encore le mérite de la fondation d'un grand nombre d'écoles populaires ou scientifiques, — les préférences du réformateur de la Russie étaient pour les établissements spéciaux, techniques, militaires, maritimes, etc.; — mais ce grand homme mit sa nation en contact immédiat avec la civilisation étrangère, en envoyant le plus possible de ses sujets l'étudier à sa source et en attirant de là des hommes capables dans toutes les branches. Il éleva les savants au rang de la noblesse et ordonna à celle-ci, comme aussi au clergé, de s'instruire; il prescrivit aux archevêques et aux évêques de fonder des écoles dans leurs habitations, encouragea le progrès avec le plus vif empressement, et traça avant de mourir le plan de l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg, à laquelle devait être jointe une espèce d'université, mais qui ne fut inaugurée que sous le règne suivant. Jusqu'à Pierre, on s'était servi, dans les impressions, de l'alphabet cyrillique ou slavon, compliqué de formes et dont la bigarrure déplaisait à l'œil : il se servit d'Ëlie Kopiévitch pour simplifier cet alphabet et introduire (1707) l'écriture civile, qu'il ordonna de substituer, dans

t. Voir dans le Jouroal de l'instruction publique (août 1845, p. 171-185) l'article Des écoles ecclésiastiques de Moscou au XVIIe siècle.

les publications séculières, à récriture ecclésiastique. Alors parurent, en 1710, le premier calendrier russe et, en 1714, la première gazette; et de même que sous la grande-princesse Sophie les pièces de théâtre avaient pris faveur à la cour, de même le goût des lettres en général devait s'y introduire bientôt , sous les règnes d'Anne et d'Elisabeth , grâce aux talents variés du prince Kantémir et au génie de Lomonossof, l'un créateur, avec Théophane Prokopovitch, de la prose russe , l'autre du langage versifié. La fondation de l'université de Moscou , la première ouverte aux Russes dans leur propre pays, fut, sous Elisabeth (1755), la conséquence naturelle de ce mouvement littéraire dont le développement ne devait plus s'arrêter* et dont Ivan Chouvalof, favori de l'impératrice et correspondant de Voltaire, fut un des plus ardents promoteurs.

Époque de la création des écoles populaires laïques sous Catherine II. depuis 1774. «Il faut, dit dans son rapport le général Betzki dont cette grande souveraine s'était déjà servie pour la fondation des célèbres Maisons d'Enfants trouvés à Moscou et à Saint-Pétersbourg, il faut, au moyen d'une bonne éducation, créer une génération nouvelle, de nouveaux pères et mères qui puissent greffer sur leurs enfants une éducation basée sur les véritables principes, etc.*» ^Epinus et Iankowitz furent les principaux instruments dont Catherine se servit. Dans un espace de trois ans, 150 établissements d'instruction naquirent sous sa main, et, dans

1. Sur l'influence de Pierre le Grand dans cette direction, on peut voir sa Vie par Bergman n et celle d'Oustrialof ; puis l'Histoire de Russie de ce dernier, t. II , p. lût et suiv. ; Herrmann , t. IV, p. 446-467; Gérebtsof, t. II, p. 162 et suiv. ; Saldero, Die geistige Hinterlassenschaft Peter' s I.

1 Pour se rendre compte des vues de Catherine II et de Belzki relativement ii l'instruction générale , on fera bien de consulter l'ouvrage du dernier, Les Plans et les Statuts des différents établissements ordonnés par S. M. I. Catherine II, traduction française de Clerc \1775), surtout au tome II.

m. si

le nombre, nous noterons le Gymnase des instituteurs or vert à Saint-Pétersbourg en 1783. L'école allemande de Saint-Pierre1, dans la même ville, créée déjà en 1763, fui présentée, comme école modèle, à l'imitation de toutes les autres. A côté des écoles laïques fonctionnaient les écoles paroissiales ou de couvents. Celles-ci étaient déjà adoptées par les mœurs de la nation, au lieu qu'en conduisant leurs enfants dans les autres, les parents, comme au temps de S. Vladimir, répandaient des larmes abondantes et amères Catherine créa aussi des gymnases , écoles secondaires, et I prépara les plans pour la fondation de trois universités*.

Époque ^de la multiplication des universités sous Alexan- | dre Ier, 4801-1820. Ce monarque en fonda trois3, celles de I Kharkof (1804), Kasan (1804) et Saint-Pétersbourg (1819): \ mais il fut en outre le régénérateur de celle de Dorpat (1802), | dont l'origine remonte à 1632, et de celle de Helsingfors, I en Finlande, qui avait été fondée à Abo, en 1640, et qui fut, en 1827, transférée dans la première de ces deux villes. Alexandre, prince libéral, qui avait fait entendre à ses sujets cette parole, que l'instruction publique était la première condition de la prospérité des États, se hâta d'ériger, par oukase du 8 septembre 1802, le ministère de l'Instruction publique4, dont le premier titulaire fut le comte Pierre Zavadofski , déjà éprouvé sous le règne de Catherine II. Continuant l'œuvre de cette femme illustre, il s'occupa aussi d'instruction populaire et ouvrit à la jeunesse, seulement dans les années 1804 à 1807, 140 écoles nouvelles1. Enfin,

1. Voir sur elle Lemmerich, Geschichte der evang.-lutherischen KircheSt. Pétri in St. Petershurg, 1862, 2 vol. in-8°.

2. Voir sur tout cela la Bibliothèque russe de Bacmeister; Oustrialof, t. H, p. 269 et 296-303; Krusenstern, L'Instruction publique en Russie, p. 18-W.

3. Nous ne comptons pas ici celle de Varsovie fondée en 1817.

4. Voir Storch, Russtand unter Mexander 1. , t. Ier, p. 162-202 , etc.

5. Voir Oustrialof, t. H, p. 459 et suiv. ; Gérebtsof, t. II, p. 171 et sui?.;

sous Alexandre 1er, qui fut le plus généreux Mécène pour Fémineni historien Karamzine, la littérature nationale commença à prendre un grand essor1.

Époque de russification systématique sous Nicolas Ier. Ce monarque, effarouché par la cruelle expérience des complots, de complots aussi irréfléchis qu'atroces , réagit contre l'école française et l'école allemande de ce temps-là et fit prévaloir les tendances nationales du parti religieux. Les minisires Chischkof (jusqu'en 1828), prince Charles de Lieven (1828- 1833), comte Ou varof (1834-1849*) et prince Chirinski- Chikhraatof (1849-1853) dirigèrent l'instruction publique dans cet esprit. Nous ne savons s'il est resté de cette époque des monuments durables; le gouvernement s'est plus préoccupé de l'ordre à établir dans les établissements d'instruction que de la propagation même des lumières, et nous trouvons des critiques du système suivi dans les universités, dans les gymnases, etc., jusque dans les écrits des Russes amis du gouvernement de leur pays8. Mais le fond du système n'était

Krusenstern , p. 25-36. — Un aperçu complet de Tétât de l'instruction publique sous Alexandre Ier (en 1824) se trouve dans Oldekop, St. Petersburgisehe Zeitschrift,\. XIX, p. 436-450.

1. Nous avons esquissé un tableau de cette littérature dans {'Alla* histonque et pittoresque , t. III, tableaux 152 et 153, et t. IV, Partie complémentaire.

2. Déciatilètié , etc. Époque décennale du ministère de l'instruction publique, 1833-1843(161 pages in- 8°).

3. De même que M. Oustrialof, grand admirateur du prince dont il a écrit la vie [Kaiser Nicolaus /., p. 116-119). trouve à redire au système d'instruction publique avant Nicolas , de même les organes actuels du gouvernement, et, d'après eux, M.Khanikof (Études sur l'instruction publique en Russie, 1865) nous parlent de la « décadence du corps enseignant » sous le prédécesseur d'Alexandre II (p. 45), du «peu de profondeur des études» (p. 50), de «rabaissement du niveau universitaire ■ (p. 46). A la fin de ce règne, ajoute cet écrivain (p. 47), « il était évident que ies moyens de sévérité coërcitive ne faisaient qu'empirer la situation; il fallut se décider à réformer complètement l'organisation de l'enseignement supérieur. » L'auteur des Études n'est pas moins mécontent de l'état de l'enseignement secondaire (p. 47). • Les collèges (gymnases), dans l'origine, ditil, ne prospéraient pas ; maintenant encore ils n'ont pas atteint tout le développement qu'on peut désirer pour eux » (p. 94).

certes pas déraisonnable. Il consistait à substituer l'instruction publique, vigoureusement réglementée, à l'usage de faire donner l'éducation à la jeunesse russe, au foyer paternel , par des étrangers plus ou moins hostiles à l'esprit du pays, et à donner pour base au système adopté les trois grands principes que Nicolas désigna lui-même à Ouvarof, orthodoxie, autocratie, nationalité1. « Ce monarque, dit l'un des auteurs cités en note, voulait que la jeunesse acquît des notions étendues et nombreuses , mais empreintes du cachet officiel;» et le système a trouvé faveur, puisque l'autre a pu écrire les lignes suivantes: «Pendant cette période, le besoin de l'instruction est senti dans toutes les classes de la nation, et les mesures de rigueur aussi bien que les récompenses sont devenues également inutiles pour activer l'enseignement, qui suit désormais sa marche naturelle. Aussi la plupart des privilèges attachés aux diverses écoles ont-ils pu être abolis... »

Quoi qu'il en soit, il n'y avait là rien d'achevé, il restait infiniment à faire au règne si plein de bonne volonté dont nous sommes les témoins depuis 1855. Des réformes ne tardèrent pas à être résolues dans l'enseignement à tous les degrés. Cependant quelque hésitation se fit d'abord remarquer au sujet du système à suivre dans ces réformes, et en peu d'années se succédèrent, à la tête du ministère de l'Instruction publique, MM. Norof (1853-1858), Kovalefski (1858- 1861) et l'amiral Poutiatine (1861- fin de 1861). Ce dernier, rappelé des mers de la Chine, semblait devoir apporter une force spéciale à cette grande branche de l'administration publique. Cependant au bout de peu de mois (décembre 1861),

1. Voir Gérebtsof, t. II, p. 178 et suiv.; Krusenstern, p. 37. — Un aperçu complet de l'état de l'instruction publique sous Nicolas se trouve dans le même livre de Krusenstern (p. 186-189) et surtout dans les Tablitiy outehebwjkh tavédénu, etc. , publiés par le ministère en 1838 (109 pages in-<4°).

une autre destination lui fut assignée, et on lui donna pour successeur le ministre actuel, fils de l'amiral Golovnine, devenu historique par sa captivité au Japon. M. Alexandre Golovnine déploya aussitôt, et a continué depuis de déployer, une activité éclairée et réfléchie. Des réformes importantes furent introduites pendant les années 1862, 1863 et 1864, réformes qui s'appliquaient, d'une part, à l'administration centrale elle-même et, d'autre part, à l'ensemble de l'organisation scolaire. Des projets de statuts ou de règlements publics furent successivement publiés1, et un mouvement extraordinaire de vie fut imprimé à ce vaste corps, sur lequel repose tout l'avenir de la nation. Nous regrettons vivement que le manque d'espace nous interdise d'entrer ici dans le détail des innovations introduites par le nouveau ministre, dont les vues élevées et bienfaisantes ne sauraient être méconnues*. Cependant tout l'ensemble de ces in-

1. Plusieurs de ces projets ont été imprimés aussi en français et en allemand. Nous avons sous les yeux les suivants : Projet de règlement pour les établissements d'éducation générale, suivi d'un mémoire explicatif (1862); Projet d'un plan général pour l'organisation des écoles populaires (avec même suite, 1862); Projet d'un statut général pour les universités (avec même suite, 1862); Statut général des universités impériales (1863). Et en russe: OtmiversitetskU Oustaf ou Statut universitaire de l'an 1863. Les différents projets ont été soumis par le ministre aux autorités universitaires et en partie même à des professeurs célèbres du dehors; les avis et observations qui, par suite, lui ont été adressés de tous côtés ont été classés et imprimés dans un recueil intitulé Svod Zametchanii, etc., Recueil d'Avis sur le projet d'éducation générale, ou d'organisation des universités, des gymnases et même des établissements d'instruction générale (professionnelle), 1863, 7 ou 8 vol. in-8°.

2. On peut voir ce détail dans les Études sur l'instruction publique de M. de Kbanikof , p. 1 £t suiv. , et mieux encore dans un ouvrage dont on a bien voulu nous donner communication en bonnes feuilles. Cet ouvrage , en langue allemande , commence par un Coup d'œil sur l'activité du ministère et des établissements qui en dépendent, pendant les années 1862, 1863 et 1864. Des pièces justificatives d'un haut intérêt sont imprimées â la suite du texte. Voici le titre de cet ouvrage fort instructif : Uebersicht der Thâtigkeit des russisch- kaiserlichen Ministeriums der Volksaufklârung , St. Pétersbourg , 4366 ; texte, 332 pages, et Beilagent 375. r .

no valions esl exposé dans un ouvrage rédigé en allemand, tout récemment publié sous les auspices du ministre luimême, dont nous donnons le titre en note.

Nous n'avons pas à nous occuper seulement des établissements d'instruction, mais aussi de tous les autres moyens de propager les lumières. Ce sera l'objet des deux paragraphes suivants; puis, dans un troisième, nous examinerons les résultats des efforts faits jusqu'à ce jour.

J. Établissements d'instruction.

Ils sont de deux espèces, suivant qu'ils font parue de l'organisation ressortissant au ministère de l'instruction publique, ou qu'ils sont en dehors de cette organisation. Pour juger de l'état actuel de l'instruction en Russie, il faut connaître les deux genres d'établissements; en ne tenant compte que des premiers, on est tombé, au préjudice delà réputation du pays, dans de graves erreurs.

Ressort du ministère de l'instruction publique. 11 a déjà été question précédemment (p. 762) du ministère en luimême, administration dont certes on ne peut plus dire maintenant, pas plus que de la plupart des autres, qu'elle soit fermée aux investigations1. Les seules notions que nous ayons encore à ajouter ici se rapportent, d'une part, au

1 . Indépendamment de ses statistiques et des ouvrages dont il a été question tout à l'heure, le ministre actuel a fait paraître dans ces derniers temps plusieurs publications* spéciales. Celles en russe portent ces titres : Sbornik sprovotchtujkh svèdènii, etc. Recueil de renseignements sur le ministère de l'instruction publique (1864-, un gros volume in-4°), et Patniatnma Knijka, etc., Mémorial dn ministère de l'instruction publique (1865, 616 pages in-8°); uo autre en allemand , porte celui-ci : Zur Geschichte vnd Statistik der Gelehrten- und Schul- Anttaiten des k. r. Minùtteriutns der Volksaufkloiittig , par Woldemar (1865, 271 pages in-8°). Ces ouvrages réunis donnent un tableau complet des objet* dont ce ministère s'occupe , ainsi que du personnel qu'il emploie.

budget du ministère et, d'autre part, à sa représentation dans les provinces.

On a vu plus haut (p. 611) qu'en 1864 le budget du ministère de l'instruction publique s'élevait à la somme de 6,244,000 R. A., près de 25 millions de francs. En 1865, il était de 6,467,452 R. A., et avait les subdivisions sui-

vantes :

Administration centrale 160,095

— locale 228,036

Universités et lycées 1,544,901

Gymnases 2,350,814

Écoles de districts et communales, écoles élémentaires et autres 1,424,123

Dépenses diverses faites dans l'intérêt de la science et de l'instruction, pour constructions, pour former ou perfectionner les professeurs, etc 663,164

Dépenses pour impressions et moyens d'enseignement 96,319

Total 6,467,452

En France, le ministère de l'instruction publique ne dispose que de 1 ou de 2 millions de francs de plus (en 1865, de 26,050,000 fr.), il est vrai indépendamment des sacrifices que font les familles elles-mêmes ; et pourtant les 25 millions alloués à celui de Russie ne sont guère qu'un tiers de la dotation totale des établissements d'instruction de toute espèce; 12,683,800 R. A. ou 50,735,200 fr. ont en outre été alloués, dans la même année, pour ceux qui sont du ressort de douze autres ministères ou autorités1. Cela fait

1. Woldemar, p. 3. — Voir aussi un article dans St. Petersburyer Zeitung du 19 (31) décembre 1865 , extrait de l'organe spécial du ministère de l'instruction publique. Cet organe spécial , riche source de renseignements de toute espèce , c'est le recueil mensuel intitulé Journal ministerstva narodnago prosveschtchéntya. H en est à sa 140e livraison, ce qui, divi»é par 12 mois, montre qu'il

au total 75 millions, somme fort considérable et que renforcent encore les sacrifices des communes et des familles, que l'on évalue à au moins 20 millions de francs. Sans doute la vaste étendue de l'empire et ses immenses besoins, longtemps restés sans satisfaction suffisante, ne permettent pas de s'étonner de l'ampleur de ces sommes : néanmoins la Russie peut certainement se glorifier des sacrifices qu'elle fait pour l'instruction publique. En effet, elle y consacre 0.037 de son budget, tandis que l'Autriche y affecte seulement 0.019 du sien, la Prusse 0.019, et la France 0.011.

Tous les établissements d'instruction de l'empire proprement dit se partagent, depuis le règne d'Alexandre 1er (1803), entre des circonscriptions universitaires ou d'instruction, aujourd'hui au nombre de 10. Ces circonscriptions (oulchebniya okrougci) répondent à celles qu'en France on appelle académies, et presque toutes ont leur nom de l'université à laquelle elles se rattachent et qui en forme le centre. En voici les noms, avec l'indication des gouvernements ou provinces de leur ressort :

Circonscription d'instruction de Saint-Pétersbourg : Saint- Pétersbourg, Novgorod, Pskof, Olonetz, Vologda et Arkhangel ;

Circonscription d'instruction de Moscou: Moscou, Tver, Smolensk, Kalouga, Toula, Iaroslavl, Vladimir, Kostroma et Riaisân;

Circonscription d'instruction de Kasan: Kasan, Nijegorod, Penza, Astrakhan, Saratof, Simbirsk, Samara, Perm, Viatka et Orenbourg;

parait déjà depuis environ douze ans. Nous devons à l'extrême bonté du ministre actuel d'être au courant de cette publication , comme de la plupart des autres de son département. L'occasion de mieux les utiliser encore viendra peut-être pour nous dans les années à venir, si tant est qu'il nous soit permis de compter encore sur l'avenir.

Circonscription d'instruction deKharkof: Kharkof, Koursk, Orel, Voronège, Tambof et Pays des Kosaks du Don;

Circonscription d'instruction d'Odessa : territoire d'Odessa, Kherson, lékatérinoslaf, Tauride, Bessarabie;

Circonscription d'instruction de Kief : Kief, Volynie, Podolie, Tchernigof et Poltava;

Circonscription d'instruction de Vilna : Vilna, Minsk, Grodno, Kovno, Vitebsk et Moghilef;

Circonscription d'instruction de Dorpat: Livonie, Kourlande et Esthonie;

Circonscription d'instruction de la Sibérie occidentale: Tobolsk et Tomsk;

Circonscription d'instruction de la Sibérie orientale: ïrkoutsk, Iénicéisk, Iakoutsk et Transbaïkalie.

Ces circonscriptions, indiquées par M. Khanikof sur la carte qui accompagne ses Études*, sont plus ou moins vastes selon l'importance et la multiplicité des établissements renfermés dans chacune. Celle de Dorpat embrasse une étendue de moins de 2,000 milles carr. d'AU., qui répond encore à celle des plus grandes d'entre les anciennes provinces de France; celles de Kief et d'Odessa s'étendent sur 4 à 5,000 milles carr. d'Ail.; celle de Vilna sur 5,500; celles de Moscou et de Kharkof sur plus de 7,500, ce qui est déjà presque la superficie de l'Espagne; celles de Saint-Pétersbourg et de Kasan, sur plus de 27,500, étendue colossale, qui cependant est presque doublée dans la Sibérie occidentale et quintuplée dans la Sibérie orientale. Dans ces deux dernières circonscriptions, 5 à 6,000 individus seulement reçoivent l'instruction, tandis que 42,000 la reçoivent dans la circonscription de Kasan, 39,400 dans celle de Vilna, 30,500 dans celle de Moscou et 25,500 dans celle de Saint-

1. On peut comparer avec celte carte celle de* TaàUUy outchebnykft %avédénii de 1838, et les chiffres donnés par M. Khanikof, p. 19.

Pétersbourg1. En kilomètres carrés, la plus petite circonscription, celle de Dorpat, offre le chiffre de 92,000; la plus grande, celle de la Sibérie orientale, le chiffre de 7 % millions. Dans cette dernière, il y a, d'après les calculs de M. de Khanikof, 106,710 kilom. carr. par école; dans la Sibérie occidentale encore près de 50,000; dans celle de Dorpat3S4, et dans celle de Vilna même 192. Kief, Odessa et Moscou ont entre 8 et 900 kilom. carr. pour une école. Nous donnerons plus loin le nombre précis des écoles et de leurs élèves.

A la tête de chaque circonscription est un curateur (popétchitet) , résidant au siège de l'université ou au cheflieu de la circonscription. Il a le plus souvent un adjoint ; deux inspecteurs de l'okrough et un directeur de sa chancellerie composent avec ces chefs l'administration locale, dont fait partie en outre un conseil où ont droit de siéger, sous la présidence du curateur, l'adjoint, les inspecteurs, le recteur de l'université et les directeurs des gymnases.

Passons maintenant en revue les établissements des trois degrés, instruction supérieure, secondaire et primaire, renfermés dans les dix circonscriptions.

1° A Y instruction supérieure appartiennent les universités, les lycées et les écoles vétérinaires (il n'y a pas d'académie enseignante dans le ressort du ministère qui nous occupe); nous ferons connaître successivement tous les établissements de ces trois rubriques.

Universités. L'historique qu'en a tracé, d'une manière fort satisfaisante , un organe du gouvernement même1, nous dispense de remplir cette fâche; nous nous bornerons à faire connaître l'état actuel des universités. Dans l'empire même, il en existe 6 depuis la fermeture de l'université de Vilna, qui était la plus fréquentée de toutes : ce sont celles de

1. D'après le tableau donné par M. Khanikof, Études, p. 19. S. Woldemai, p. 36-60.

Moscou, de Kasa'n et de Kfaarkof pour les populations de la Grande-Russie, celles de Kief et d'Odessa pour les populations de la Russie occidentale, de la Petite et de la Nouvelle-Russie, celle de Dorpat pour les provinces Baltiques, enfin celle de Saint-Pétersbourg pour la population mixte de cette capitale et pour toutes les parties de l'empire indistinctement. Voici quel a été, à différentes époques, le toi al des étudiants dans ces institutions prises ensemble, abstraction faite de Dorpat , où le nombre n'a guère varié qu'entre 535 et 570, et d'Odessa, dont la fondation est toute récente: en 1836, — l,466;en 1848, — 4,016; en 1850,-3,018; en 1856, —3,775; en 1860, — 4,903; en 1862, — 4,372, et en 1864, — 3,524. Si l'on ajoute, relativement à cette dernière année, pour Dorpat 560 étudiants et pour Odessa, au moment actuel, environ 200, on trouve un total de 4,284 étudiants, que la réouverture de l'université de Vilna porterait immédiatement à plus de 5,000 f. Aujourd'hui ces établissements sont régis par le statut universitaire du 18 juin 1863. En vertu de cet acte, les universités ont une espèce d'autonomie, leur administration étant confiée à un conseil que préside le recteur et qui est responsable de la conduite de la jeunesse universitaire de son ressort. Les membres du conseil, ainsi que le recteur, sont élus pour quatre ans par les professeurs et dans leur sein; seulement leur élection a besoin de la confirmation de l'empereur. A ce conseil sont subordonnés les séances des facultés, le tribunal et la police universitaires. Dans de certains cas, ses décisions ont besoin de la sanction du curateur et du ministre, dans d'autres elles sont définitives. Le nouveau statut, qui agrandit la sphère d'activité de toutes les hautes

1. Pour avoir des points de comparaison, on peut recourir à notre Statistique de la France, t. II, p. 323 , et â celle de M. Block, t. Ier, p. 203. La moyenne des étudiants est en France d'environ 8,000.

écoles, leur assure aussi les moyens de maintenir le niveau des études à une hauteur convenable, d'avoir en tout temps des professeurs capables en groupant autour d'elles des pépinières d'aspirants et déjeunes maîtres (privatim docentes), et de ne manquer d'aucune des ressources nécessaires en ouvrages scientifiques et littéraires, en matériel de toute espèce, cliniques, collections, instruments, etc. 11 met le conseil à même de conférer des bourses (stipendia) aux étudiants sans fortune, d'en envoyer d'autres à l'étranger et de les y entretenir pendant un ou deux ans, etc. Enfin il mérite d'être étudié, de même que les autres sources où nous puisons , sous le rapport du moral des étudiants et du régime auquel ils sont soumis. Une remarque essentielle à faire, c'est que ce statut n'est pas applicable à l'université de Dorpat, qui a son droit historique et est d'ailleurs placée dans des conditions spéciales comme haute école fréquentée en grande majorité par la jeunesse allemande des provinces Baltiques et chargée de pourvoir à l'instruction des jeunes hommes parmi lesquels se recrute le corps ecclésiastique de l'Église protestante. Cependant l'ancien statut de cette université (du 4 juin 1820) a aussi été remplacé par un statut nouveau (du 9 janvier 1865)'. Seule de toutes les universités de l'empire, mais semblable en cela à l'université de la grande-principauté de Finlande, celle de Dorpat a une faculté de théologie protestante ; près de toutes les autres, il y a seulement un professeur de la théologie grecque orthodoxe.

Disons maintenant un mot de chaque université en particulier, suivant l'ordre dans lequel nous les avons rangées ci-dessus*.

1. Voir l'ouvrage officiel allemand déjà cité, Uebersicht, etc., p. 88.

2. Dans le livre de M. Woidemar, p. 60 et suiv., un article particulier est consacré à chaque université. 11 est précédé d'un historique général.

Saint-Pétersbourg. Fondée en 4819, cette université, trèsimportante aujourd'hui, ne comptait encore, en 1826, que 26 étudiants ; mais dès 1830 elle en eut 202; en 1838, 352; et en 1843, 557 ; dans Tannée révolue, elle en avait 647. Les quatre facultés sont les suivantes : historique et philologique, de physique et de mathématiques, de droit (y compris les sciences administratives), de langues orientales. Sont enseignés dans cette dernière faculté les idiomes suivants : le turc , le tatar dans toutes ses variétés , le chinois et le mandchou, l'arménien et le géorgien, le persan, le mongol et le kalmuk, l'arabe, l'hébreu avec le syriaque et le chaldéen; de plus, il y a une chaire pour l'histoire de l'Orient, une autre pour la littérature sanscrite, etc. Le nombre des professeurs et des lecteurs ne reste pas beaucoup au dessous de 80. Les collections sont nombreuses, et la bibliothèque appartenant à l'université se compose de plus de 60,000 volumes (32,928 ouvrages).

Moscou. C'est la plus fréquentée de toutes, car après avoir eu, en 1808, seulement 135 étudiants, en 1830, 754 et en 1843, 836, elle en a compté 1,804 en 1865, essor très-considérable. Elle est aussi la plus ancienne des universités russes proprement dites, car sa fondation, comme on l'a vu, remonte à 1755. Elle se compose également de quatre facultés : historique et philologique, de physique et de mathématiques, de droit, de médecine. Les professeurs et lecteurs sont pareillement au nombre d'environ 80. En outre des plus riches collections, de cliniques et hôpitaux, d'un observatoire, d'un jardin botanique, etc., l'université a une bibliothèque qui, quoique jadis consumée par l'incendie de 1812, compte de nouveau près de 140,000 volumes (84,721 ouvrages)1, dont 14,000, y compris lesjour-

1. L'énuroération de toute» les collections tant de Moscou (p. 64) que des autres universités se trouve chez Woldemar, qui donne aussi divers autres renseignements.

naux et revues, sont mis, dans une salle spéciale, à la disposition des jeunes lecteurs.

Kasan. Fondée le 5 novembre 1804 et inaugurée en 1814, celle-ci a les mêmes quatre facultés. Son ancienne école orientale, où a longtemps professé le célèbre arabisant Frœhn et où Kovalefski a publié son dictionnaire mongol- 1 russe et français, école transférée à Saint-Pétersbourg, se réduit aujourd'hui à deux chaires de la faculté historique et philologique1. Les étudiants, au nombre de 113 en 1830, de 359 en 1843, n'ont guère dépassé ce chiffre depuis, et n'allaient pas au delà de 325 en 1865. Cependant le programme dont nous parlons dans la note, en énumère pour 1 862 jusqu'à 444. Les professeurs ordinaires sont au nombre de 42, les extraordinaires au nombre de 18; mais il y a, en outre, 31 docentes et 4 lecteurs pour les langues modernes; total, 95. C'est un beau chiffre pour une université placée presque aux confins de l'Europe et de l'Asie. Elle a aussi de belles collections de toute espèce, et sa bibliothèque se compose de 55,000 volumes (27,900 ouvrages), sans compter ceux qui sont à la disposition journalière des étudiants et qui forment encore 7,200 volumes.

Kharkof. L'origine de cette université remonte à la même date que celle de la précédente , et elle se compose aussi des mêmes quatre facultés. Le nombre des étudiants qui n'était encore que de 82 en 1808 et en 1824 de 118, dé-

1. Le titulaire de Tune d'elles, M. Ilrainski, ^vofesseur de tatar, a bienvouln, avec une rare obligeance , nous servir de guide dans nos visites au quartier tatar de Kasan. Il est auteur de divers ouvrîmes destinés à faciliter l'intelligence du russe aux Tatars, du tatar aux Russes — Outre ces ouvrages, nous avons rapporté de Kasan un curieux programme de l'état de l'université en 1862, en russe. Nous conservons d'ailleurs le souvenir le plus reconnaissant de l'accueil que nous ont fait tous les fonctionnaires de l'université, curateur, recteur, professeurs, bibliothécaire (H. le professeur Gottwald), tous hommes de mérite et dont quelques-uns sont des savants de premier ordre.

rNSTRUCTION PUBLIQUE ET LUMIÈRES. 815

passait 300 dès 1830 et était, dans la dernière année révolue, de 677. Ce qui favorise l'augmentation , c'est le grand nombre de bourses affectées à cette université, savoir 169, la plupart servies par le gouvernement , mais fondées aussi en partie par des particuliers, par Farinée du Don, par celle du Kouban, etc. Ces bourses sont de 142 à 300 R. A.1. La bibliothèque de l'université possède plus de 70,000 volumes (35,134 ouvrages); parmi les collections figurent le cabinet de médailles avec ses 22,000 numéros, et le musée physiologique, dont le cabinet anatomique seul renferme plus de 3,000 numéros.

Kief, université dite de S. Vladimir. Fondée le 8 novembre 1833, elle fut ouverte le 15 juillet de Tannée suivante. Malheureusement, la jeunesse académique, en partie polonaise , ne se tint pas à l'écart de l'agitation politique et des sociétés secrètes, et par ce motif les cours furent suspendus au commencement de 1839. Cependant, quand ils eurent été repris, cette université compta, dès 1843, 63 professeurs et fonctionnaires, et 320 étudiants, nombre qui s'est élevé, en 1865, jusqu'à 567. L'université de Kief a les quatre facultés ordinaires; la première, celle d'histoire et de philologie , se divise en trois sections qui sont les suivantes: section de philologie slavo-russe, section de philologie classique, et section des sciences historiques. Les bourses servies en 1864 étaient au nombre de 118. Plusieurs des collections ne sont pas encore bien riches, mais la bibliothèque se composait, à la même époque, de près de 64,000 numéros (107,124 ouvrages, y compris les publications périodiques, les plans et les estampes); le cabinet numismatique comptait plus de 27,000 médailles, et le musée archéologique 1,518 numéros.

î. Voir Woldemar, p. 69.

Odessa, université de la Nouvelle-Russie. C'est l'ancien Lycée Richelieu transformé. Ainsi appelé en l'honneur du duc de Richelieu que l'émigration avait conduit en Russie et qui, comme administrateur de la Nouvelle-Russie, avait laissé des souvenirs profonds et durables, ce lycée, espèce de haute école, avait été fondé le 2 mai 1817 1 et dès 1830 (oukase du 30 juillet) une circonscription universitaire y avait été rattachée. Le 11 (23) juillet 1864, il fut élevé au rang d'université ; l'ouverture s'en fit sous celte forme agrandie le 22 mai 1865. En 1832, il avait eu jusqu'à 440 élèves. On a vu plus haut quelle est actuellement la circonscription de cette université. Dans l'année révolue, le nombre des étudiants n'était encore que de 55, mais il est destiné, ce semble, à prendre de grands développements. Dèsl842, le lycée avait été divisé en trois sections qui forment maintenant la faculté de droit, la faculté physico-mathématique et celle des sciences camérales. La bibliothèque compte déjà plus de 24,000 volumes (12,653 ouvrages), et toutes les collections ordinaires sont ou déjà existantes ou en voie de formation.

Dorpat. Primitivement fondée par Gustave- Adolphe, en 1632, année de sa mort, cette université eut à traverser de longues vicissitudes qui ne lui permirent point de répondre à l'attente qu'avait eue d'elle le grand protagoniste du protestantisme*. Elle n'avait encore rendu que de bien faibles services, lorsqu'elle fut renouvelée, rappelée à la vie, par Alexandre Ier, le 18 (30) décembre 1802. Elle s'organisa alors sur le pied des universités protestantes allemandes, se rapprochant de ce modèle plus qu'aucune des universités russes et faisant régner dans son sein plus sérieusement

1. Krusenstern, p. 97; Woldemar, p. 81. On peut voir aussi ce que nou avons dit du Lycée Richelieu dans La Russie , la Pologne et la Finlande, p. 725.

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