‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 338 sur 367 · Sur cette pénurie voir Uebersicht, p · texte numérisé non relu

Sur cette pénurie voir Uebersicht, p

3. Voir Vebersicht, p. 98. et p. 253 des Beilagen; Woldemar, p. 82; Khanikof, p. 62.

Le cours est de 4 ans, sans compter un cours pratique de 3 ans. Des cliniques et des collections de toute espèce dépendent de ces établissements, auxquels il faut souhaiter une plus forte fréquentation.

2° A l'instruction secondaire ou moyenne appartiennent les gymnases, les progymnases et certaines écoles spéciales. L'espace nous manque ici pour entreprendre une étude de Tétat intellectuel et moral de ces établissements, aujourd'hui très -nombreux; mais les éléments de cette étude existent dans les ouvrages que nous indiquerons en note1.

Gymnases et progymnases, c'est-à-dire gymnases du second degré et élémentaires. Aucune de ces écoles secondaires n'existait avant 174-7 dans la Russie proprement dite; les provinces Baltiques seules en possédaient. Dans ladite année, un gymnase fut attaché à l'Académie des sciences de Saint-Pétersbourg; huit ans plus tard un second, ayant une section noble et une section bourgeoise, fut fondé à Moscou, et le troisième fut établi à Kasan, en 1758. En 1834, il existait déjà 65 gymnases; aujourd'hui, on en compte près de 100, avec environ 27,000 élèves1, dont 18,660 appartiennent à la noblesse, 974 au clergé, près de 5,600 aux bourgeois et un peu plus de 1,000 aux paysans; 570 sont des fils d'étrangers. Ces chiffres sont significatifs. Un millier d'élèves seulement appartenant à la classe des paysans

1 . Projet de règlement pour les établissement* d'éducation générale du ministère de l'instruction publique en Russie, 1862 ; Ucbersicht, p. 102 , et Beilagen, p. 254; Woldemar, p. 85; Kbanikof, p. 65-79. Cf. Krusenstern , p. 56-61, et Malerialy, etc.. Matériaux pour l'histoire et la statistique de dos gymnases, Pétersbourg, 1864, 158 pages in-8°. — Dans Ucbersicht, p. 118, et p. 131 et suiv., on trouve la critique de Fétat des gymnases avant 1862.

2. En France, il y avait, en 1863, 74 lycées et 234 collèges communaux, avec un total de près de 62,000 élèves, sans compter ceux des 123 petits séminaires et des 1,081 établissements secondaires particuliers. Par rapport aux autres pays, voir notre Statistique de la France, 1. 111, p. 330, note.

fréquentent les écoles secondaires : il y en a peut-être antant et plus dans le pelit royaume de Saxe ou dans le grandduché de Bade, et pourtant ce chiffre, en Russie, est un signe de progrès réjouissant. Ce qui n'est pas moins significatif, ce sont ces 974 fils d'ecclésiastiques, peut-êlre en grande partie protestants et juifs1, car les fils de popes ne fréquentent guère encore les écoles laïques. Quant aux fonctionnaires et maîtres, il en figure 2,005 sur les rôles, ce qui fait, en moyenne environ 20 par établissement, mais il faut en ajouter 300 autres, employés extraordinairement. 11 y a dans chaque chef-lieu de gouvernement et de province au moins un gymnase à A classes, qui sont les classes inférieures (progymnase) des gymnases complets. A la tête de chaque gymnase est un directeur, choisi par le curaleur de la circonscription et confirmé dans ses fonctions par le ministre. Les gymnases complets ont 7 classes et se divisent en gymnases philologiques, donnant les uns renseignement des deux langues classiques, et les autres celui d'une seule, et en gymnases industriels, organisés sur le pied des Realschulen de l'Allemagne. « On compte dans chaque gymnase 8 maîtres inscrits sur les rôles (dont le premier est toujours l'ecclésiastique chargé de l'enseignement de la religion), est-il dit dans le Projet de règlement d'éducation générale*; le dessin , le chant et la gymnastique sont enseignés par les maîtres chargés des mêmes objets dans le progymnase (art. 191). » Et plus haut (art. 477) on lit: «Dans les villes qui possèdent plusieurs gymnases, on donne à ceux-ci le

1. Les écoles secondaires étaient suivies en 1865 par 45 mabumétaos et 3 païens.

2. De même que le mot de pédagogique est souvent employé mal k propos es Itussie, de même on confond ici le terme d'éducation avec celui de culture, c'est-à-dire d'instruction. Et pourtant, dans le livre officiel Ueberticht, etc. (p. 188), il est dit expressément : «Le gymnase est essentiellement uo établissement d'instruction et non pas d'éducation. »

caractère tantôt industriel, tantôt philologique, selon les besoins de la localité; mais dans toutes les villes qui ont une université , il doit y avoir au moins un gymnase philologique. » Voici ce qu'on dit des progymnases (art. 116 et 1 14.) : «A chaque gymnase est toujours attaché un progymnase; mais dans les villes et les hourgs plus peuplés, on ouvre aussi des progymnases à part.... Les progymnases, qui représentent le second degré dans le système des établissements d'éducation générale, offrent à ceux qui y sont élevés une éducation intellectuelle et morale plus complète et plus large que les écoles populaires, et servent en même temps d'intermédiaire et de transition pour ceux qui désirent achever le cours d'instruction générale dans les gymnases. Les progymnases comprennent 4 classes, dont chacune a un cours d'étude d'une année. » Il n'existe encore dans tout l'empire qu'une dizaine de progymnases. Les circonscriptions de Saint-Pétersbourg, de Moscou et de Vilna renferment chacune 13 gymnases, dont 6 sont dans la capitale du centre et 7 dans celle du nord, où il y a en outre un progymnase. Dans la circonscription de Kasan , il y a 12 gymnases, dont 2 au chef-lieu; dans celle de Kief 11 , dont 2 au chef-lieu; dans celles de Kharkof et d'Odessa 9, et dans celle de Dorpat 5. Dans la circonscription de la Sibérie occidentale, il n'y en a encore que 2, à Tobolsk et à Tomsk; enfin un seul, à Iakoutsk, dans la Sibérie orientale. Ce dernier renferme 219 élèves; il y en a 369 dans les deux précédents. Près de 600 garçons fréquentant les écoles secondaires dans la Sibérie; c'est incontestablement un fait considérable! Dans les provinces ci-devant polonaises, ces étabtissements sont anciens, nombreux et bien peuplés, et quant à ceux, en plus petit nombre, des provinces Baltiques, nous avons déjà dit dans notre première Statistique qu'ils méritent d'être cités avec tout ce qu'on connaît de mieux

dans ce genre. Le plus ancien de tous les gymnases, avonsnous ajouté, paraît être celui de Vilna, fondé dès l'an 1587; celui de Dorpat Ta suivi de près, à deux années d'intervalle; le gymnase de Reval remonte à Tannée 1630 4. On n'a pas tenu compte de ces fondations plus que bi-séculaires dans l'Histoire des Gymnases, en russe, citée plus haut (note).

Autres établissements secondaires. Les deux cinslitutsi exclusivement nobiliaires de Vilna et de Penza, etc., sont maintenant fermés, mais il en existe encore un à Nijni- Novgorod, avec 14 maîtres et 137 élèves, dont 19 pourtant n'appartiennent ni à la noblesse ni au clergé. L'école secondaire de Reval, dite Riller- und Domschule, est assimilée aux gymnases. En 1861 , il y avait, près de 48 gymnases, des internats ou pensions nobles, abritant plus de 3,000 élèves. Il faut mentionner en outre les écoles d'arpenteurs et de taxateurs qui existent près de 33 gymnases et donnent une instruction spéciale à plus de 1,000 jeunes gens*. Enfin notons encore que des cours d'agriculture font partie du gymnase de Novo-Tcherkask, ainsi que du second de Kharkof, et qu'une classe de navigation destinée à former des pilotes est jointe au progymnase de Libau (Kourlande).

Après les gymnases pour les jeunes gens viennent ceux pour les jeunes filles, organisés en 6 classes, sans compter la classe préparatoire. Il en existe 2 à Moscou, avec 309 élèves; d'autres à Tver, Smolensk, Vologda, etc. Dans d'autres villes, les pensions secondaires ou écoles supérieures de filles en tiennent lieu. Au total, les établissements de ce degré consacrés à ce sexe et qui sont du ressort du ministère de l'instruction publique, sont au nombre de 39, avec 4,335 élèves, dont 2,381 nobles, 234 filles d'ecclésiastiques,

1. Voir encore la suite dans notre Statistique, p. 98. On trouvera ià divers détails que nous n'avons pu reproduire ici. 1 Woldemar, p. 94; Uebersicht , p. 166, et Beilagen, p. Î70.

1,524 appartenant à la classe bourgeoise, 112 à la classe des paysans, et 84 à des étrangers1.

On arrive ainsi à un total général de près de 40,000 élèves recevant l'instruction secondaire, indépendamment des pensions et autres institutions privées.

3° À l'instruction primaire, la plus indispensable de toutes, appartiennent deux espèces d'établissements, ceux qui sont destinés à donner aux enfants du peuple les notions élémentaires de l'instruction, et ceux où l'on forme les maîtres pour les derniers, en d'autres termes, les écoles populaires et les écoles normales.

Écoles populaires. Elles se divisent, a) en écoles de district, b) en écoles paroissiales, élémentaires ou autres, et c) en écoles spéciales, soit quant au sexe, soit quant au culte. Un mouvement considérable de progrès a été imprimé aux écoles de ce degré, même sous l'empereur Nicolas ; car tandis que le ressort du ministère de l'instruction publique en comprenait moins de 1,000 dans l'année 1 833, il en avait, en 1865, environ 2,250, avec un total de plus de 100,000 élèves, ce qui est peu, sans doute, absolument parlant2, mais beaucoup comparativement aux chiffres relatifs à d'autres époques. Les publications officielles ne constatent pas le progrès par rapport à la qualité, autant que par rapport à la quantité3; réminent ministre actuel, se fondant

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