Woldemar, p. 140, et Beilagen, p
2. En France, il y avait, en 1864, dans 68,218 écoles primaire* de toute espèce (salles d'asile non comprises), plus de 4,300,000 élèves; en 1865, même 4,720,000 élèves, ce qui donne pour moyenne générale 1 élève sur 8 à 9 habitants. Par rapport aux autres pays, voir noir* Statistique delà France, t. II, p. 343 et suiv. — En ce qui concerne la Russie, on sait déjà et l'on verra encore mieux plus loin , qu'il ne s'agit pas ici de tout l'ensemble des écoles primaires, puisqu'il en existe un très-grand nombre en dehors du ressort dont nous parlons.
3. La critique de l'ancien état des ebotes se trouve dans Uebersicht, p. 168 et suiv., p. il I et suiv. ; Kbanikof, p. 82 et suiv.
sur des rapports très-étendus qu'il avait sous les yeux, semble dire que tout est à refaire dans cette branche comme dans tant d'autres , et c'est avec courage qu'il a entrepris ces réformes urgentes'. Telle étant la situation de l'aveu du chef de l'administration , il faut attendre les effets du grand travail en voie d'exécution, travail qui ne peut manquer d'ajouter un fleuron de gloire de plus à la couronne d'Alexandre II. Nos lecteurs suivront, comme nous, avec sympathie toutes les mesures qui vont se dérouler et dont dépend en grande partie la prospérité future de la nation, le rang qu'on lui reconnaîtra au milieu de toutes les autres, et le succès de l'œuvre de moralisation sur lequel nous n'avons cessé d'insister. En définitive, une prédiclion que nous avons faite en 1844 * semble maintenant près d'être réalisée : c C'est un des titres à l'immortalité de Casimir le Grand, roi de Pologne , avons-nous dit, d'avoir mérité le surnom de roi des paysans; le jour viendra où quelque souverain de la Russie, jaloux du même titre, se fera bénir de la multitude, en lui consacrant des efforts semblables à ceux qui se font depuis vingt ans en faveur de la classe immédiatement supérieure. »
Sans entrer dans le détail des écoles populaires, jetons rapidement un coup d'œil sur chacune des trois catégories que nous avons indiquées tout à l'heure.
Les écoles de district sont des écoles primaires supérieures, dont chaque circonscription administrative du même nom doit posséder au moins une. Dans le moment actuel, aux 510 districts existants, répondent seulement 416 écoles
1. Ses vues à ce sujet sont déposées dans le Projet d'un plan général pwr l'organisation des écoles populaires en Russie (1862), ainsi que dan$ celui concernant les établissements d'éducation générale, p. 1 etsuiv. Jamais l'administration ne s'était ainsi montrée à découvert.
2. Encyclopédie des Gens du Monde, article Russie , t. XX, p. C9G
de district , et c'est à la Russie proprement dite qu'elles appartiennent; car sur les 24,000 élèves, plus de 21,000 professent la foi gréco-russe. Sur ce total de 24,000 élèves, malheureusement encore minime, près de 7,000 appartiennent à la classe des nobles ou des fonctionnaires, et plus de 13,000 à celle des bourgeois; la classe des paysans en a fourni 3,380, le clergé 505 et 77 sont des fils d'étrangers. C'est dans la circonscription universilaire de Moscou, et — chose inattendue pour les lecteurs occidentaux ! — dans celle de Kasan, que se trouve le plus grand nombre de ces écoles1 : Moscou, 86 écoles avec 5,727 élèves; Kasan, 81 écoles avec 5,320. Dans la circonscription de Dorpal, — c'est, il est vrai, la plus petite — , il n'existe que 20 de ces écoles avec 1,400 élèves. Il y en a 13, avec 735 élèves, dans la Sibérie occidentale, et 10, avec 640 élèves, dans la Sibérie orientale. Ces dernières se trouvent à Irkoulsk, Nijné- Oudinsk, Kirensk, Krassnoïarsk , Iénicéïsk, Atchinsk, Iakoutsk, Nertchinsk, Verkhné-Oudinsk et Troïtzko-Safsk. A la dernière de ces écoles, fréquentée par 53 élèves, sur l'extrême frontière du côté de la Chine, sont attachés 6 maîtres et fonctionnaires. On le voit, l'empire des Tsars prend au sérieux sa mission de civilisateur dans ces contrées asiatiques lointaines. Dans l'ensemble des écoles de district, les maîtres et fonctionnaires sont au nombre de 2,743, ce qui en fait plus de 6 par école. En effet, elles sont de 3 ou 4 classes, et le personnel, près de chacune, se compose d'un inspecteur, d'un ecclésiastique enseignant la religion , de 3 maîtres des branches d'instruction et d'un maître de dessin. On aimerait sans doute à en connaître la portée et l'esprit; mais comme ici rien n'est encore définitif, nous ne voudrions pas nous aventurer sur ce terrain ; les
1. On en a donné la liste complète dans Uebersicht, Beilagen, p. 300-307. Voir aussi le texte, p. 166-210; Woldemar, p. 156-179; Khanikof, p. 80-85.
vives critiques dont, dans le passé, ces écoles, comme nous l'avons dit, sont l'objet de la part du chef même de l'administration *, font pressentir une transformation totale. Que les amis de la jeunesse et de l'humanité en général l'y suivent avec sympathie ! car il s'agit là de populations en grande majorité chrétiennes, plus propres à exciter l'intérêt du philanthrope que tant de peaux rouges ou de peaux noires sur lesquels s'exerce avec prédilection le zèle des missionnaires.
Les écoles dites paroissiales et élémentaires, maintenant régies par la loi du 14 (26) juillet 1864, sont plus particulièrement celles du peuple*. Combien lui en a-t-on ouvert dans cet empire de près de 70 millions d'âmes? Pour répondre à cette question , il faut porter le regard au delà du ressort du ministère de l'instruction publique, et c'est ce que nous ferons dans un moment. Si, en 18448, nous avons parlé de 1,067 écoles de paroisses, nous avions en vue les écoles ecclésiastiques auprès des églises et des couvents, dont le nombre allait même jusqu'à 2,732. Ici, en attendant, on ne parle que des écoles du ressort indiqué. En 1833, tout se réduisait encore au chiffre de 583; en 1864, on en comptait 1,846, savoir 1,139 écoles dites paroissiales et élémentaires, et 707 ayant la dénomination d'écoles du peuple. Ces dernières se rapportaient surtout aux provinces occidentales4. Ensemble, elles recevaient 81,624 élèves, savoir 70,877 du sexe masculin et 10,747 du sexe féminin. C'est au sujet des écoles
1 . Un savant célèbre , M. Dabi , ayant fait imprimer en russe une critique sévère de ces écoles, M. Golovnine, dans un excellent rapport à l'Empereur dont il sera question plus bas , n'a pas dissimulé qu'il la regardait comme fondée.
2. M. Kbanikof /p. 85) les désigne spécialement sous le nom $ écoles primaires. Voir aussi Uebersicht, texte, p. 211-221 , et Beilagen, p. 308-315; Woldwar, p. 193-204.
3. Dans l'article Russie de V Encyclopédie des Gens du Monde.
4. On a sur elles des publications spéciales. Voir entre autres : Barsof , Narodnyia schkoly, etc , Écoles populaires de la région du sud-ouest (1863, 103 pages in-8°), Schkoly na Volyni i Podolii(\m, 156 pages in-8°), etc.
populaires surtout qu'on sera curieux de savoir quel contingent a fourni chacune des classes de la population. Malheureusement, le tableau officiel de YVebersichl (p. 315) néglige de nous satisfaire sous ce rapport , affirmant que les données sur les « écoles du peuple » manquent. Cependant dans une autre publication officielle*, où Ton a fait abstraction de ces écoles des provinces occidentales, et où le total des écoles paroissiales et élémentaires est réduit à 1,124 avec 56,639 élèves, dont 49,320 du sexe masculin et 7,319 du sexe féminin, nous trouvons de quoi combler la lacune indiquée, au moins jusqu'à un certain point. Il en résulte que des 56,639 écoliers ou écolières, 50,320 appartenaient au culte dominant et seulement 117 auxraskolniks'; 3,816 étaient prolestants, 1,778 catholiques, 131 arméniens, 218 israélites, 107 mahométans et 152 païens; puis, que 33,122 étaient de la classe bourgeoise, 17,450 de celle des paysans, 5,155 de celle des nobles et fonctionnaires, et 912 de celle du clergé. Le plus grand nombre de ces écoles appartenaient encore aux circonscriptions de Moscou et de Kasan; le moins grand nombre à celles de la Sibérie (Sibérie occidentale, 1,296; Sibérie orientale, 1,653).
De même qu'il existe des gymnases de jeunes filles, de même des écoles primaires supérieures, comme aussi de district, sont ouvertes à ce sexe. En 1865, on en comptait 84, dont les plus distinguées étaient celles des provinces Balliques, au nombre de 9. Ensemble, ces 84 écoles étaient fréquentées par 4,822 élèves, dont 929 étaient filles de nobles ou de fonctionnaires, 244 filles d'ecclésiastiques et 7 filles d'étrangers ; 3,251 appartenaient à la classe bourgeoise et 391 à celle des paysans8.