GALERIES DE TABLEAUX ET AUTRES COLLECTIONS
Nous les rangerons également sous deux rubriques, selon qu'elles sont du ressort du ministère de l'instruction publique ou en dehors de ce ressort; mais il faudra nous borner ici à un simple et très-rapide aperçu, en attendant que, dans le volume de la Topographie, nous puissions entrer dans les développements.
Ressort du ministère de l'instruction publique. La pre-
1. C'est le chiffre le plus réduit; il est porté bien plus haut ailleurs.
mière place est due aux sociétés savantes; les collections viendront après.
1° Sociétés et corps savants. On a vu plus haut (p. 762) que la Commission archéographique figure dans l'organisation même du ministère, de même que ce qu'on appelle le Comité savant; mais la Russie possède ensuite environ 30 corps savants, institutions ou sociétés dont plusieurs jouissent d'une réputation européenne et sont une gloire pour le pays1. Nous n'en pouvons mentionner ici que quelques-uns des plus éminents.
L'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg8. Fondée par Pierre le Grand en 1724 et ouverte le 25 décembre de l'année suivante, peu de temps après la mort de ce rénovateur de la Russie, elle peut aujourd'hui, depuis qu'en 1841 l'Académie russe (spécialement littéraire et nationale) y a été réunie, être jusqu'à un certain point assimilée à l'Institut de France. Non-seulement elle rend au pays les plus signalés services, elle lui a aussi donné une auréole de célébrités, composée de noms tels que ceux-ci : Lomonossof , Euler, Bernoulli, Gmelin, Pal la s, Guldenstâdt, Stritler, Georgi, Schubert, iEpinus, Schlœzer, Fuss, Scherer, F.-B. Hermann, Lchrberg, Krug, Vostokof, Frœhn, Kœler, Storch, Sjœgrén, Struve, Schmidt, Ouvarof, Bloudof, Lenz, Kœppen, etc. Nous ne mentionnons que les morts; mais que l'on nous permette d'y joindre au moins deux noms de nestors de la science heureusement encore en vie, celui de l'illustre amiral Lùlke, président actuel de l'Académie, et celui do M. Charles-Ernest de Ba?r, qu'on a quelquefois appelé le Humboldt de la Russie et dont ce corps savant vient
1. l/énumération entière de ces sociétés se trouve dans YVebersicht, p. 59.
2. Voir sur elle, Uebersicht, p. 54, et Beiiagen, p. 93-126; Woldemar, p. 9-15; Khanikof , p. 27-29; La Russie, la Pologne et la Finlande, p 234iU, et Pamiatnaïa Kniga, p. 147-152. r^.
de célébrer le jubilé de cinquante ans. Il n'est pas d'érudit ou de savant à horizon un peu étendu qui ne connaisse les Actes ou Mémoires de l'Académie des sciences de Saint- Pétersbourg, ainsi que son riche Bulletin; mais de nombreux et remarquables ouvrages ont déplus élé publiés par elle*. Il sera question plus loin de ses magnifiques collections; disons seulement ici qu'en outre de son observatoire astronomique, elle monte maintenant, sous la savante direction de MM. Kupfer et Vesselofski, secrétaire perpétuel, un observatoire magnétique. Comme la savante compagnie est, selon les intentions de M. le ministre de l'instruction publique, à la veille d'une transformation, nous supprimons pour le moment toutes les notions de détail.
L'observatoire principal de Nicolas à Poulkova (sur les hauteurs de Douderof, non loin de Saint-Pétersbourg). I] figure au même rang que ceux de Greenwich et de Paris. Ouvert le 7 août 1839, il resta près de vingt-cinq ans sous !a direction du grand astronome W. Struve, qui a maintenant pour digne successeur son fils, M. Otton Struve. Le célèbre établissement dont nous parlons est sous le contrôle d'un comité que l'on peut comparer à notre Bureau des Longitudes. Ses statuts actuels datent du U (26) août 1862. Son grand réfracteur, au service d'astronomes de premier ordre, a rendu possibles des découvertes importantes dans le ciel étoilé*. Il faut d'ailleurs savoir que, de même qu'en Angleterre on compte les longitudes depuis le
1. Sur les Actes, voir notre ouvrage cité , p. 236. L'Académie publie tous les ans un Compte rendu en russe et en français. Le dernier que nous ayons sous les yeux est celui, en russe, de 1863 (107 pages in-8°). Les ouvrages que l'Académie a publiés, sont énumérés dans un Catalogue spécial, imprimé eo 1857 (82 pages in-8»), et dans lequel son extrême libéralité nous a permis de choisir librement.
2. Voir là-dessus Woldemar, p. 1G; Khanikof, p. 29et 123-U5; Uebersicht, p. 5.r», et beilayen, p 144-187.
méridien de Greenwich, et en France depuis celui de Paris, de même on fait passer par Poulkova le méridien officiel de la Russie. Ce méridien est à la dislance de près de 48 degrés (plus exactement de 47° 59' 31") à Test de celui de l'île de Fer, de 30° 19' 40" de celui de Greenwich, et de 27° 50' 31" (soit 28°) de celui de Paris.
La Société impériale des naturalistes de Moscou. Fondée en 1805, elle a célébré en 1855 son premier jubilé semiséculaire1. Longtemps le célèbre Fischer de Waldbach en fut Tâme, comme le sont encore maintenant son fils Alexandre et son gendre, le docteur Renard. Elle possède une bibliothèque d'histoire naturelle de 22,500 volumes, et son Bulletin, arrivé jusqu'au 40e volume, est connu des naturalistes dans toute l'Europe.
La Société minéralogique de Saint-Pétersbourg. Elle date de 1817 et a pour président M. Anatole Démidof. Parmi ses collections, on remarque celle de paléontologie*.
La Société entomologique russe, fondée en 1859 et placée sous le palronage de Mme la grande-duchesse Hélène Pavlovna*.
La Société impériale archéologique de Saint-Pétersbourg. Fondée en 1846, elle a déjà publié 20 vol. de Zapiski ou Mémoires et 10 vol. d'archéologie orientale. Elle a d'ailleurs son journal et on lui doit encore d'autres publications4.
La Société impériale attachée à l'université de Moscou pour l'histoire et les antiquités de la Russie. Fondée en 1804, elle publie un journal et des éditions de vieilles chroniques ou autres documents de l'histoire nationale5.
t. Voirie Happort rédigé par M. le docteur Renard, naturaliste distingué {Moscou, 1856, in-8°, 151 pages in-8°).