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Woldemar, p. 26; Uebersicht, Beilagen, p

Plusieurs sociétés savantes ou littéraires existent dans les provinces Caltiques, à Vilna, à Odessa, etc.

2° Bibliothèques et collections. Nous en avons déjà indiqué un grand nombre, mais il nous reste à faire connaître la première de toutes et quelques autres d'une importance majeure.

La Bibliothèque publique impériale. Nous remplirions des volumes, s'il fallait la décrire selon son importance ou selon l'intérêt qu'elle nous inspire, non-seulement en elle-même, mais aussi par rapport à son régénérateur (sous les auspices de l'empereur Nicolas), l'éminent homme d'État baron Modeste de Korff, et aux continuateurs de son œuvre. Cependant ce que nous avons déjà dit ailleurs à ce sujet1 peut être complété au moyen des ouvrages que nous indiquons en note. Là, dans ce splendide palais renfermant plus de 900,000 volumes imprimés, on en trouve, dans une salle particulière, 29,000 traitant de la Russie en langues étrangères et sans compter les ouvrages écrits en russe1; là est la salle des Incunables, toute pleine de ces vétérans de la typographie russe; là sont, dans deux salles, près de 30,000 manuscrits, tant russes qu'étrangers, et, dans d'autres, 66,000 estampes, environ 600 autographes curieux , etc. Le plus précieux des manuscrits russes est cette Bible d'OsIromir, ainsi nommée de son premier possesseur, po-

1. La Russie, la Pologne et la Finlande, p. 252-259. Voir aussi Uebersickt, p. 56, et BeUagen,?. 127-U3; Wôldemar, p. 17-22; Kbanikof, p. 30-33; le petit Guide de la Bibliothèque impériale publique (1860, 39 pages in-8*); le rapport décennal, en russe, du même auteur (M. de Korff), 1859, 49 pages in-8°; Minzlof (un des conservateurs supérieurs actuels et homme plein de mérite), Souvenir de la Bibliothèque impériale publique de Saint-Pétersbourg, contenant des gravures et autres feuilles volantes du quinzième siècle, Leipzig, 1863, 23p. grand in-4° ; Petzholdt, Biblioiheca bibliographica (1866), p. 862 et suiv., etc.

2. Le catalogue alphabétique de cette riche collection a été autographié, Pétersbourg, 1860, in-fol. — Pour les livres russes sur la Russie, voir Tcbertkof, Vsèobchtchàta Bibliotheka Rossii, Bibliothèque générale de la Russie, 2e édit., Moscou, 1863, in-fol.

çadiiik à Novgorod en 1056, dont nous avons fait déjà mention (t. H, p. 365) et qui est le plus ancien monument en langue slavo-russe. La bibliothèque de Voltaire, autrefois à l'Ermitage, est aussi là maintenant, conservée dans une pièce à part. Mais, encore une fois, une description demanderait des volumes : nous nous bornerons à dire qu'aujourd'hui la fameuse bibliothèque Zaluski ne forme plus qu'une faible part de la Bibliothèque publique impériale; que vingt autres collections précieuses sont venues l'augmenter successivement; que son époque de transformation a été celle de l'administration éclairée du comte Boutôurline (1843- 1849) et de M. le baron de Korff (1849-1861), continuée maintenant avec non moins de sollicitude par M. le conseiller privé Délianof; enfin que depuis 1863 elle est rentrée dans le ressort du ministère de l'instruction publique, auquel elle avait appartenu à l'origine pendant quarante ans , et que le ministre actuel a le projet d'y introduire toutes sortes d'améliorations.

La Bibliothèque et les Musées de l'Académie impériale des sciences. La première comprend deux sections, savoir celle des livres en langues russe et autres slavonnes, composée de 45,000 volumes, et celle des livres en langues diverses, autres que slavonnes, qui se monte à 103,000 volumes; total, 148,000, sans compter les 8,500 livres du Musée asiatique, magnifique collection qui renferme en outre près de 1,370 livres chinois cl 1,640 manuscrits orientaux; plus, le cabinet des médailles orientales formé de plus de 21,500 pièces. Parmi les autres musées de l'Académie, le principal est le musée zoologique et zootomique, où sont réunies plus de 94,000 pièces. Puis vient le musée botanique, dont l'herbier comprend 47,000 espèces, sans compter celles de l'herbier du défunt académicien Meier; le musée anatomique et craniologique, Je musée ethnogra-

phique, etc. Le cabinet numismatique présente plus de 5,000 médailles russes, et 3,500 se rapportant aux peuples anciens et modernes1. [

Le Musée impérial de Moscou et le Musée Roumanlsof. Réunis dans l'hôtel Paschkof, qui domine tout son quartier où il a presque seul survécu à l'incendie de 1812, ces deux musées, de contenu varié, ont pourtant chacun leur existence séparée, chacun leurs collections respectives. Le Musée Roumantsof, en particulier, ouver! à Saint-Pétersbourg en 1827*, mais transféré dans l'ancienne capitale en 1861 , a une bibliothèque de près de 30,000 volumes et de 1,050 manuscrits; le Musée de Moscou en a une de 72,700 volumes et de 885 manuscrits; il en est de même des au- i très collections, parmi lesquelles figure un cabinet numis- i matique de 27,000 pièces et un cabinet minéralogique de I 25,600. Près de 600 pièces composent une collection d'an- | tiquités chrétiennes. j On assure qu'il y a en tout 280 bibliothèques en Russie, , dont 92 publiques, les autres bibliothèques de couvents, de corporations, de cabinets de lecture, etc. C'est peu; encore la plupart sont-elles sans doute insignifiantes. Dans le gouvernement de Moscou, il y en a 44; dans celui de Saint- Pétersbourg, 44; à Kherson, 14; à Kasan, 8 ; à Kalouga, 8, etc. Dans 14 gouvernements ou provinces, il n'y a pas de bibliothèques du tout.

Ressorts des ministères de la cour impériale, des domaines, des finances, de l'intérieur, etc. Au premier * de ces ressorts appartiennent l'Académie des Beaux-Arts et

1. Voir plus haut les ouvrages concernant l'Académie elle-même, et surtout Woldemar, p. U et 15. Le musée asiatique a été décrit par l'académicien Dorn en un volume de près de 800 pages, Pétersb., 1846, in-8°.

2. Voir La Russie, la Pologne et la Finlande, p. 269. Cf. Woldemar, p. 22; Vebersicht, p. 58, et Betlaqen, p. 188-212.

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l'Ermitage; au second, le Jardin botanique et la Société libre économique de Saint-Pétersbourg; au troisième, le Corps des mines; au quatrième, la Société impériale géographique de Russie, etc. Du ressort du lieutenant du Caucase dépend la Société caucasienne d'économie rurale, etc.

L'Académie des Beaux-Arts. Nous en avons déjà dit un mol (p. 838); mais cette institution d'Elisabeth (1754) n'est pas seulement un établissement d'instruction, le beau et riche palais qu'elle occupe sur les bords de la grande Néva renferme aussi des collections de toute espèce, entre autres une de cartons de Raphaël et surtout une galerie de tableaux de peintres nationaux.

L'Ermitage impérial. Véritable temple des arts fondé par Catherine H, restauré avec plus de grandeur et de luxe par Nicolas, il est majestueux par sa façade, qui fait suite à celle du Palais d'Hiver, par le splcndide escalier qui mè*ic aux riches salles de l'étage supérieur, et par la succession même de ces salles sans nombre, qui, d'un côté, ont vue sur la magnifique Néva; mais surtout il renferme des richesses inestimables, tant en tableaux de grands maîtres et en chefs-d'œuvre de la statuaire qu'en antiquités (de la Scythie, de la Crimée, du Bosphore Cimmérien, etc.), en camées et pierres gravées, en médailles, en estampes, en ouvrages illustrés et de luxe, en vases gigantesques, en tables de malachite et autres décors de salons. Nous l'avons décrit1 dans un temps où, avant d'être rebâti (depuis 1838), il était presque inabordable aux simples particuliers : aujourd'hui l'accès en est rendu facile, et l'Ermitage a même ses jours

1. Notice sur les principaux tableaux du Musée impérial de l'Ermitage (1828), et La Russie, la Pologne et la Finlande, p. 244-252. Aujourd'hui, on a infiniment mieux que cela : voir le Musée de l'Ermitage impérial (1860, 380 p. in-8°, avec plan»), et l'ouvrage do luxe intitulé Galerie de l'Ermitage, encore en cours de publication, et dont le conservateur en chef actuel est l'auteur (Pctersb., 2 vol. in-fol.).

publics; un ordre admirable y règne, et le curieux musée de Pierre le Grand, unique dans son genre, transféré ici de l'Académie des sciences, s'est ajouté à tant d'autres collections, toutes de premier ordre. Les loges de Raphaël ont été soigneusement conservées dans la rénovation à peu près totale que l'Ermitage a subie et qui en a fait le plus splendide des monuments.

Le Jardin botanique impérial, à l'île des Apothicaires (appendice du Vieux-Pétersbourg). C'est certainement un des établissements les plus remarquables qui existent dans ce genre. Un juge compétent, le professeur Blasais1, arrivant à parler des curiosités de la capitale de la Russie, s'exprime en ces termes au sujet de celle-ci : « S'il faut en nommer quoi que ce soit, c'est particulièrement le Jardin botanique, avec ses serres gigantesques [on passe une demiheure à les parcourir, même sans presque s'arrêter] et son monde tropique, ainsi placé au voisinage du cercle polaire. Ici la Chine, le Japon et l'Inde, là la Nouvelle-Hollande, l'Afrique, le Brésil, etc. A force de merveilles, produites seulement par des différences de bois et de température, le spectateur est bien près d'oublier qu'il est dans un des plus beaux établissements scientiûques de Saint-Pétersbourg. Cette création grandiose de Fischer.... n'aura pas de sitôt son égal et pourra provisoirement passer pour la huitième merveille du monde en Russie. » Après les parterres sans fin, les magnifiques palmiers, les flores de toutes les contrées, on jette encore un coup d'oeil d'intérêt sur les riches herbiers, sur la flore antédiluvienne, sur la bibliothèque, etc.

Le Corps des mines. Nous voulons parler des magnifiques

1. Reise im Europœhchen Russland, t. Ier, p. 394. Voir aussi ce que nous apprend le directeur actuel du Jardin, M. Regel, de Zurich, dans son livre AUgemeines Gartenbuch, t. Ier (1855).

collections rainéralogiques , paléontologiques, géologiques en général, de l'Institut des ingénieurs des mines à Saint- Pétersbourg, dont on a déjà dit un mot à propos du ministère des finances (p. 763 et 840), et qui a des dépendances à Moscou et dans la chaîne de l'Oural. Toutefois, ce que nous en avons dit ailleurs 1 peut suffire pour l'objet que nous avons en vue, et nous nous bornerons à noter que là se trouve, outre la fameuse malachite concrétionnée, le plus grand morceau d'or que l'on connaisse. Il a été trouvé à Zlatooust en 1842, et pèse 36.020 kilogr.

La Société impériale géographique de Russie. C'est une des plus actives et peut-être la plus directement utile des cinq ou six Sociétés du même nom existant en Europe. Quoique sa première réunion remonte seulement au mois de mai 1845, elle a déjà publié, en langue russe, une longue série de Zapiski ou Mémoires, où elle rend compte de nombreux voyages, surtout en Asie, entrepris à ses frais ou sous ses auspices; puis un Sbornik ou Recueil statistique en plusieurs volumes que nous avons souvent cité et qui s'est transformé en un Sbornik ethnographique dont nous avons sous les yeux la 6e livraison (1864). De plus, la Société géographique a fait exécuter une grande et belle carte de la Russie d'Europe, ainsi que celle du sud-est de la Sibérie par M. Schwartz, et a commencé la publication d'un Slovar ou Dictionnaire géographique et statistique de l'empire de Russie (1863 et suiv.), dont les deux premiers volumes sont complets et qui continue de paraître par livraisons. Enfin, elle tient le public européen au courant de ses travaux non-seulement par des bulletins mensuels rédigés et imprimés en français, mais aussi par des Comptes rendus dans la même langue, dont chacun (1849 à 1864) a

1. La Russie, la Pologne et la Finlande, p. 233. Cf. \À Annuaire du corps des mines , et Erman , Reise um die Erde , t. Ier, p« 1 1 1 et suiv.

contribué à enrichir la science géographique de fails nouveaux. Cette Société , qui possède déjà une belle bibliothèque et une collection ethnographique curieuse, et qui a des membres dans toutes les parties de l'immense empire des Tsars, ainsi que des membres honoraires ou correspondants au dehors1, se glorifie de son président Mgr. le grand -duc Constantin Nikolaïévitch et de son vice-président M. l'amiral Lùtke. La mort lui a récemment enlevé P. de Kœppen, un de ses fondateurs, mais les hommes de mérite abondent encore dans ses rangs et surtout dans son conseil, dont les Lefchine, les Lamanski, les Bésobrasof, les Séménof, etc., sont l'âme.

La Société libre économique de Saint-Pétersbourg. Celleci a pu célébrer déjà son jubilé centenaire, car elle a été fondée en 1765, sous les auspices de Catherine 11. Sa fortune lui permet d'ouvrir des concours dans le but de favoriser les progrès de l'agriculture , de l'industrie et des sciences économiques en général. Dans ce moment, où l'avenir de la Russie se prépare dans les douleurs, elle tient des congrès scientifiques publics, où sont débattues les principales questions économiques à l'ordre du jour.

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