‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 35 sur 367 · Koch-Schœll, t. XIV, p. 456; Zinkeisen, t. VI, p.i · texte numérisé non relu

Koch-Schœll, t. XIV, p. 456; Zinkeisen, t. VI, p.i

et que Souvorof, avec le concours du prince Repnine, sut mener à fin sans désavantage. De longues et laborieuses conférences préparèrent le traité de Iassy , qui , signé le 9 janvier 1792*, livra aux Russes, avec Otchakof, le pays situé entre le Boug et le Dnièstr qu'on a depuis appelé la Nouvelle-Russie et où devait bientôt être fondé le port commerçant d'Odessa. De plus, par ce traité, qui donna à l'empire des Tsars le Dnièstr pour limite du côté de l'empire Ottoman, tombé dans un abaissement manifeste, les Turcs se résignèrent à reconnaître la souveraineté des Russes sur la Petite-Tatarie, déjà appelée la Tauride. L'accroissement qu'il donna au territoire moscovite, peut être évalué à 365 milles carrés ou environ 20,000 kilom. carrés.

Réunis en un seul total, le chiffre relatif à la Pologne et celui relatif à la Turquie donnent, comme nous l'avons dit, environ 11,000 milles carrés, c'est-à-dire 600,000 kilom. carrés. Mais nous avons eu soin d'ajouter que c'était là seulement l'accroissement de la Russie dans son territoire européen. La prise de possession de la Russie d'Amérique y ajouta de plus 1,333,000 kilom. carrés ou 24,300 milles carrés*, sans parler des îles de la Sibérie, dans la mer Glaciale arctique, que nous avons déjà comprises dans les évaluations précédentes, mais dont, à vrai dire, on ne prit possession que sous ce règne. Ainsi, on mit le pied au moins sur l'une des îles qui forment le groupe de la Nouvelle-Sibér^p3, à quelque distance de l'embouchure de la Iana, et, plus loin sur les îles Medvejskii ou des Ours, à l'embou-

1. Voirie texte dans Ghillany, édit. française, t. II, p. 49 et suiv.; Koch- Schœll, t. XIV, p. 502. Cf. Zinkeisen, t. VI, p. 840 et suiv.

2. Venlurini, année 1821, p. 736; Gemàlde von Si.-Peter*burg (1822), p. 179.

3. Voir 1. 1", p. 24. Cf. Wrangel, Reise lângs derNordkiitte von Sibinen , i. \'T, p. 98. Sur les découvertes antérieures, voir Mùïler, Sammlung, t. III, p. 68 et p. 112 et suiv.; Malte-Brun, Précis (1812), t. Ier, p. 519.

chure de la Kolyma1. Le capitaine Bering (mort en 1741) et Tchirikof, son adjoint, avaient déjà découvert quelques points de l'Amérique russe (en 1730 et 1741); mais ce fut surtout en 1788 et 1789, à la suite des voyages entrepris par les marchands Chélikhof et Golikof, qu'on y forma des établissements sérieux, dont quelques-uns, ceux de Nootka- Sund, durent à la vérité être ensuite abandonnés. De plus, dans la mer des Castors, au sud du détroit de Bering, on occupa à l'est du pays des Tchouktchis les îles de Saint- Laurent, Saint-Matthieu etPribylof.*

Le court règne de Paul Ier (1796-1801) ne laissa pas d'ajouter encore à ces agrandissements incessants. Nous ne parlerons pas de la république des Sept-Iles, qui, déclarée indépendante par ce monarque en vertu du traité du 21 mars 1800s, fut seulement placée transitoirement sous la protection de l'empire des Tsars et n'y resta que jusqu'en 1807; mais la Géorgie tout entière, d'après le vœu de George XIII, fils d'Héraclius II, exprimé sur son lit de mort, y fut réunie en vertu d'un manifeste impérial du 30 janvier 1801. La Perse qui, à la suite des victoires de Valérien Zoubof, avait signé la paix avec le tsar*, ne se crut pas en mesure d'y mettre obstacle, et depuis ce moment le fleuve Kour forma la frontière entre ces deux puissances. Ce fut pour celle du Nord un agrandissement d'environ 970 milles carrés ou de 53,000 kilora. carrés5, avec environ 220,000 habitants.

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