‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 42 sur 367 · Lisez Torneo, comme on lit Obo, Umeo, Oland, etc · texte numérisé non relu

Lisez Torneo, comme on lit Obo, Umeo, Oland, etc

3. On en trouvera le texte dans Ghillany, édition française, t. II, p. 421- 427. Voir au<si Koch-Schœll, t. XIV, p. 207 et suiv.

lui au prix des plus durs sacrifices. Le roi de Suède, est-il dit dans l'art. 4, renonce à perpétuité aux gouvernements de Kymménégard , de Nyland et Tavastehus, d'Abo et Biœrneborg avec les îles d'Aland, de Savolax et Karélie, de Wasa , d'Uléaborg et de la partie de la Westrobothnie jusqu'à la rivière de Tornea. Celle-ci devait former la limite, d'ailleurs soigneusement décrite dans fart. 5. Le territoire ainsi acquis, et qu'on appelait la Nouvelle- Finlande, avait une étendue de 5,472 milles carrés ou d'environ 300,00tf kilom. carrés, avec près de 900,000 habitants. Un oukase du 23 décembre 1811 y réunit la Vieille-Finlande, pour former avec elle la grande-principauté séparée déjà proclamée à la diète de Borgo (28 mars 1809)1. On a déjà vu, et l'on verra de nouveau plus loin, que le tout forme aujourd'hui une étendue de 6,844 milles carrés ou 375,480 kilom. carrés, avec 1,724,000 habitants; c'est un vaste boulevard couvrant Saint-Pétersbourg du côté de la Suède, et même, par la forteresse de Svéaborg qui y est comprise , du côté de toutes les puissances maritimes. — Entre la Russie et la Norvège, la démarcation des deux parties respectives de la Laponie (norvégienne et russe) a été fixée par la convention de Saint-Pétersbourg du 14 mai 1826.

L'agrandissement de la Russie du côté de la Turquie (toujours sous le règne d'Alexandre Ier) fut la conséquence de la guerre de 1806, qui, quelques suspensions non comptées, se prolongea jusqu'en 1812. C'est l'alliance de Sélim III avec Napoléon, dans l'année après la bataille d'Austerlitz, qui y donna lieu*. Après l'arrivée à Constan-

1. Voir les pièces officielles que nous avons données dans notre première Statistique générale de la Russie, p. -408 et suiv. Cf. Prince Emm. Galitsyne, La Finlande, t. II, p. 363.

2. Voir à ce sujet Koch-Schœll, t. XIV, p. 507 et suiv., et Schlosser, Geschichte des XV M. Jahrhundetts , t. VU, p. 313 et suiv. Cf. Oustrialof, t. H, p. 356 et suiv.

LE TERRITOinE NATIONAL. — FORMATION. 81

tinople du général Sébastiani, la Porte ottomane ayant déposé les hospodars des principautés et fermé les Dardanelles aux vaisseaux russes, Alexandre ordonna au général Michelson de franchir la frontière du Prouth avec son armée et de s avancer vers le Danube. Ce mouvement fut commencé le 22 novembre et immédiatement suivi , avant toute déclaration de guerre, de la prise de Khotine (Choczym), ainsi que de l'occupation d'Iassy et de Boukarest. Il n'intimida pas le gouvernement turc, quoique le cabinet britannique prit aussitôt fait et cause pour les Russes, à ce point que l'amiral Duckworth força les Dardanelles et alla menacer Constantinople d'un bombardement (20 février 1807). Les dispositions promptes et énergiques prises, pour la défense de cette capitale, par l'ambassadeur français, firent échouer la téméraire entreprise des Anglais. En attendant, les Russes, qui n'avançaient guère sur le Danube, battirent les Turcs, non loin de l'île de Lemnos, et remportèrent aussi une victoire en Asie , sur l'Arpatchaï , sous Goudovitch, au moment même où Alexandre avait une entrevue avec Napoléon sur le radeau du Niémen. Cette entrevue, comme on sait, conduisit à la paix de Tilsit, que nous mentionnons ici seulement parce qu'elle eut pour conséquence l'abandon de la cause ottomane par l'empereur des Français, qui d'allié se fit médiateur1. Aussi longtemps que la Porte ne connut pas le traité secret de Tilsit, précisé ensuite à Erfurt , elle se montra d'autant plus prête à accepter cette médiation que l'anarchie qui bientôt devait emporter Sclim III, régnait déjà à Constantinople, et alors un armistice permit la réunion du congrès de Slobosia (près de Giourgévo), août 1807. Pendant la durée de cet armis-

1. Voir Koch-Schœll, t. XIV, p. 525 et suiv.; Schlosser, t. VII, p. 323; Sageoheim, Rusêland'a Einfluts ouf Deutschland, t. II, p. 262 et suiv.; Thiers, Histoire du Consulat et de l'Empire, t. VII, p. 666-669.

tice s'accomplirent les événements qui firent perdre la vie à l'infortuné Sélim, déjà détrôné, et lui donnèrent coup sur coup pour successeurs Moustapha IV et Mahmoud II. Sous ce dernier, la guerre resta d'abord suspendue: la Russie était occupée en Finlande; l'empereur Napoléon hésitait à lui abandonner la Turquie; celle-ci n'était pas remise de ses déchirements intérieurs. Cependant, quand, grâce à l'entrevue d'Erfurt, Alexandre eut obtenu le consentement de son puissant allié à ce que les Russes se missent définitivement en possession de la Moldavie et de la Valachie , et quand ensuite, au congrès d'Iassy (février 1809), il eut fait insister ses plénipotentiaires sur la cession de ces principautés par les Turcs , les négociations furent rompues et les hostilités reprirent. Toutefois, pendant toute cette campagne de 1809, elles restèrent sans résultat avantageux pour les Russes. Ce fut seulement en 1810, quand Kamenski le jeune eut été mis à la tête de leur armée, que la victoire revint sous leurs drapeaux. Ce nouveau chef franchit le Danube, transporta le théâtre de la guerre dans la Bulgarie et atteignit le Balkan. Obligé de lever le siège de Choumla, il revint sur le fleuve, et là, à Batyne, non loin de Roustchouk, il remporta, le 19 septembre, une victoire éclatante, à la suite de laquelle Roustchouk même, Giourgévo et Nikopolis se rendirent, comme l'avait déjà fait Silistrie. Néanmoins, la guerre continua et, Kamenski étant mort subitement bientôt après, le général Koutousof prit sa place à la tête de l'armée russe1. Celui-ci, il est vrai, retourna d'abord sur la rive gauche du Danube, mais après la sanglante bataille de Roustchouk (14 octobre 1811), il repassa sur la rive droite, où le grandvisir, surpris, ne tarda pas à se rendre avec son armée, considérablement réduite par la faim et les maladies. Dès

1. Voir notre ouvrage Rosloplchine et Koutouêof ou la Rusiie en 18i2 , p. 520 et suiv.

le mois de décembre 1841, les conférences de paix Couvrirent à Boukarest; les Russes, menacés d'une invasion française, étaient pressés de mettre fin à cette guerre, et néanmoins le traité ne fut conclu que le 28 mai 1812 *. Vainqueur par les armes, le cabinet de Saint-Pétersbourg put se relâcher des prétentions qu'il avait d'abord mises en avant et faire son deuil de la Moldavie et de la Valachie, dont l'acquisition devait être le fruit des efforts extraordinaires qu'il avait faits; mais même la frontière du Prouth, continuée par la rive gauche du Danube et la bouche de Kilia, jusqu'à la mer Noire, n'était pas facile à obtenir de la résistance des Ottomans. Les bons offices de l'Angleterre et de la Suède, joints à l'habileté remarquable de Koutousof, assurèrent finalement ce résultat. Ainsi toute la Bessarabie, avec Izmaïl et Kilia, et la Moldavie supérieure (entre le Prouth et le » Dnièstr, environ un tiers de toute la principauté), avecKhotine et Bender, d'une étendue de 890 milles carrés ou de 48,820 kilom. carrés, comprenant environ 700,000 habitants, furent incorporées à l'empire des Tsars. L'article 4 du traité décrit la frontière nouvelle, qui toutefois fut ensuite modifiée, dans un protocole signé à Constantinople, le 2 septembre 1817*, de telle sorte que cette frontière fut avancée jusqu'à la rive droite de la bouche de Soulina.

En dernier lieu, nous avons parlé aussi d'un agrandissement du côté de la Pologne; mais au fait, on s'en souvient, la Pologne n'existait plus, même de nom, et si la Russie entra en possession de nouveaux débris de ce royaume, autrefois si bruyant et qui tenait mie si grande place dans le

1. On en trouve le tente dans le Manuel diplomatique de Ghillany, édition française , t. II , p. 55 , où nous en avons discuté les termes d'après différentes versions. Cf. Koch-Schœll , t. XIV, p. 538; Bignon, t. XI, p. 84; Thiers, t. XIV, p. 433.

2. Voir Venturini, année 1817, p. 834et plus loin (p. 91) , où nous parlerons du traité d'Akkermân.

monde, ce fut aux dépens de la Prusse, de l'Autriche et du duché de Varsovie, à son tour anéanti, comme était menacée de l'être même la Saxe, dont il avait eu le roi pour souverain. La Prusse dut, en vertu de l'article 9 du traité de TilsiV , céder à la Russie, de ses provinces autrefois polonaises, le district de Bialystok (en russe Bélostok), l'ancienne Podlaquie, dont on donne la démarcation dans ce même article. C'était un territoire d'environ 160 milles carrés" ou 8,780 kilom. carrés, avec 184,000 habitants. Quant à la cession, faite par l'Autriche, du district de Tarnopol, dans le royaume de Galicie (Russie Rouge), en vertu des traités de Schœnbrunn (1809)' et de Lemberg (1810), il n'est pas nécessaire de nous y arrêter ici, ce district ayant été restitué à l'Autriche par la convention de Schœnbrunn de 1814. Mais, à cette même époque, le congrès de Vienne sanctionna une conquête plus importante faite par la Russie, et qui paraissait alors digne d'envie, quoiqu'il fût aisé de prévoir de quels embarras inextricables elle deviendrait la source pour cette puissance, énergiquement combattue alors sur ce terrain par la diplomatie de l'Autriche et de l'Angleterre. Nous voulons parler de la transformation du duché de Varsovie, amoindri de deux côtés, en un royaume de Pologne dont l'empereur de Russie serait roi ou tsar4. Comme il devra être question, dans un paragraphe spécial, de cet accroissement considérable, procuré, non pas à l'empire proprement dit, mais à la domination russe en général, nous nous bornerons ici à constater qu'il était d'une étendue de 2,320 milles carrés ou de près de 128,000 kilom. carrés, avec une population qui, à cette époque-là, n'excédait pas 2,600,000 âmes.

1. Voir Ghillany, édition française, t. II, p. 468; Koch-Schœll , t. VIII, p. 437.

2. Dans Koch-Schœ)l, on dit de 206 milles carrés, ce qui est inexact.

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