Ce terme a été expliqué t. Ier, p. 3, note
4. Le périmètre de la France continentale est d'environ 4,700 kilomètres seulement. Voir sur tout cela, t. I«r, p. 15-20.
mètre déjà précédemment, mais d'une manière sommaire, nous ayons dit que , sans compter la Russie d'Amérique , il comprend 27,000 kilom. de côtes et 17,000 de frontière de terre; que 2,488 kilom. des premiers et 3,843 kilom. des seconds sont du côté de l'Europe occidentale, à laquelle la Russie touche par conséquent sur une ligne de 6,322 kilom. ; qu'en comptant seulement la frontière de terre entre la mer Baltique et la mer Noire, on a, en ligne droite, 1,1 85 kilom., et jusqu'à 2,900, si l'on compte toutes les déviations et ondulations. Nous avons aussi envisagé séparément (t. Ier, p. 18), quant à leur frontière, la Russie d'Europe, celle d'Asie et celle d'Amérique, et nous avons constaté (p. 20) que la seconde, la frontière d'Asie, forme un périmètre de 36,618 kilom., dont 15,700 regardent les terres et 20,918 les mers*. La seule ligne du côté de l'Asie centrale a 12,000 kilom. de long. C'étaient là des généralités; mais peut-être beaucoup de nos lecteurs, ceux surtout qui étudient les moyens de défense de l'empire en cas d'agression du dehors*, voudront-ils voir les choses d$ plus près, et, pour satisfaire ceux-là, il nous faudra reprendre en sous-œuvre la description générale que nous avons donnée préliminairement.
On remarquera que, dans tout ce que nous allons dire, il s'agira , non de frontières naturelles , mais de frontières politiques. Nous en avons déjà fait l'observation8, s'il n'était
1. Restent 7,382 pour le côté de la Russie d'Asie contigu à l'Europe.
2. Nous réservons toutefois cette matière, en ce qui concerne le point de vue militaire, pour le chapitre où nous traiterons de l'armée et des institutions qui s'y rapportent. Notons en attendant qu'elle a été traitée entre autres par M. Dussieux, Force et faiblesse de la Russie au point de vue militaire (4854), p. 73- 138. Sur les forteresses, on peut voir aussi Haillot, Statistique militaire de la Bussie, p. 27 et suiv., et Nie. Oustrialof, Die Schlachten Russlands (1857), passim. — Quelques auteurs, au lieu d'étudier les moyens de défense de la Russie , ont dressé des plans d'attaque contre elle : de ce nombre est un officier polonais, M. Tanski, Tableau du système militaire de la Russie, p. 339 et suiv.
question que de la Russie d'Europe, il ne serait pas impossible de lui assigner ses limites naturelles : ce seraient, indépendamment des mers (Glaciale arctique, Baltique, Noire, Caspienne), l'Oural et le Caucase, à Test et au sud; à l'occident, sans doute, tout est arbitraire, car aucune démarcation évidente n'a été tracée par la nature de ce côté-là, cependant là aussi on a prétendu trouver des frontières naturelles : ce serait, selon les uns, la ligne qui, partant de Riga, remonte la Duna jusqu'à l'Oulla, au-dessous de Vitebsk, rejoint la Bérésina, la suit jusqu'au Dnièpr, et descend avec celui-ci jusqu'à la mer Noire; ou, suivant d'autres, le Niémen depuis son embouchure, sous le nom de Memel, dans le Kurisch-Haff, continué par le Boug jusque vers les monts Karpaths, où la Galicie orientale est encore, à vrai dire, terre russienne. Mais la Russie d'Europe n'est point isolée de ses possessions asiatiques : celles-ci sont contiguës à son territoire proprement dit, et d'ailleurs l'empire des Tsars a franchi sur tous les points les vraies barrières naturelles de ce côtélà, savoir l'Oural, il y a déjà près de trois cents ans, et le Caucase depuis le siècle dernier.
Laissons à part, en conséquence, la question des frontières naturelles, qui nous paraît insoluble , et tenons-nous-en aux frontières de fait ou politiques. Quant à celles-ci, notre tracé, qui doit faire connaître d'abord la frontière occidentale, prend pour point de départ la côte de la mer Glaciale arctique, aux confins de la Russie proprement dite avec la Norvège. Cette côte septentrionale en elle-même, y compris la profonde échancrure de la mer Blanche, est de 4,400 kilom., dont 1,770 se rapportent à ce dernier golfe. De là jusqu'au fond du golfe de Bothnie est une première ligne qui a 925 kilom. de long. Elle commence, au nord, à l'entrée du fiord norvégien des Varèghes ou Varangiens*. Comme