III
affluent du Sân, elle touche de nouveau à cette dernière rivière, près de Krzeszow, mais seulement pour un instant, et de là jusqu'au Boug, qui sépare le royaume de l'empire, elle est toute factice. Les points près desquels sa ligne passe sont Tarnogrod, Tomaszow et Iarezow que traverse la grande route de Varsovie à Lemberg et à Hermanstadt qui aboutit au Danube inférieur. Le Boug, comme nous l'avons dit, décrit une portion de la frontière orientale du royaume de Pologne, en passant à Brest-Litofski, forteresse qui la défend; mais nous continuons le tracé de la frontière générale. Celle-ci coupe cette rivière au-dessous de Krylow, se prolonge entre la Galicie d'une part, la Volynie et la Podolie de l'autre, et prend insensiblement une direction méridionale. Elle passe ainsi devant Drouschkopol, Radzivilof, douane frontière sur la route de Brody, Novo-Potchaïef, au sud de la forteresse de Kréménetz, Novo-Alexinetz, Vvschgorodok et Volotchisk, où elle est aux sources du Podhorcé ou Zbroutch, affluent du Dnièstr qui entre dans le tracé dont nous parlons, comme y entre le fleuve lui-même entre l'importante forteresse de Khotine (Choczym) et Oustié, petite ville où le territoire russe semble vouloir faire une pointe dans la Bukovine. Cependant depuis Novo-Sélitza la ligne prend jusqu'à Liptchany la direction de l'est, et de là se retourne de nouveau vers le sud. Déjà à Novo-Sélitza (non loin de Tchernovitz), elle a atteint le Prouth, où commencent les confins russo-turcs.
Ceux-ci ont, en Europe, une longueur d'environ 80 milles ou 592 kilomètres. Naguère ils suivaient le Prouth jusqu'à son confluent avec le Danube; mais depuis 1856, ils le quittent peu au-dessous de son confluent avec la Jija, à Katamori, dans le voisinage de Housch, où fut conclu le fameux traité de 1711. Un peu plus au sud, la ligne remonte le lalpoukh jusqu'à son écoulement , près de Bolgrad , du lac
du même nom de Ialpoukh. Là elle est au Val de Trajan et suit un instant la route d'Akkermân, qui bientôt reste au sud, tandis que le tracé gagne le sommet nord du lac Sassyk ou Koundouk, où il retrouve cette même route, qu'il ne quitte que pour contourner jusqu'à la mer Noire le lac Bourna-Sola, le Danube restant partout à une distance de plus de 30 kilom. au sud.1
Plus loin, avons-nous dit, la Russie est bornée par la mer Noire. Elle en est, en effet, baignée dans une longueur de 2,000 kilom. et y projette sa remarquable péninsule Taurique, dont naguère nous avons fait l'objet d'un examen détaillé*. C'est là un terrain classique dont un savant professeur allemand, marchant sur les traces d'un illustre académicien de Saint-Pétersbourg, a , dans un discours prononcé à l'université de Dorpat, retracé avec érudition les magnifiques souvenirs Dans l'enfoncement sud-est de cette mer, au delà du Caucase et de ses contre-forts, reprend la frontière russoturque.
Maintenant nous sommes en Asie et nous avons à traverser cette partie importante de notre vieux monde dans toute son immense largeur, qui ne reste pas, comme on sait, au-dessous de 41,000 kilomètres/
Nous y entrons au fort de Saint-Nicolas ou Tchefkétil , dans le Gouria, d'où les confins entre l'empire Ottoman et celui de Russie s'étendent dans la direction du sud-est sur
1. On est ici à environ 80 milles ou 590 kilom. de Constantinople.