Description de la Crimée
3. Nous n'avons pas besoin de rappeler le Mémoire de Kœhler sur la Course <f Achille dans le Pont-Euxin , Mémoires de l'Académie impériale des sciences de Sainl-Pétersbourg (1826), t. X, p. 531-819, avec deux cartes. Le discours auquel nous faisons allusion est celui de Preller, Ueber die Bedeutung des Schwarxen Meeres ftir den Handel und Verkehr der alten Welt (1842). Cf. Ch. Neumann, Die Hellenen im Sfcylhenlande , t. Ier (1855), p. 335 et suiv.
4. Il y a plus de 11,200 kilom. de Katlierinebourg à Pétropavlofsk. Voir t. Ie', p. 15.
une longueur d'environ 400 kilom. C'est le Tcholok-sou qui les décrit d'abord, depuis la mer Noire; ils se continuent ensuite, au milieu d'un terrain très-accidenté*, de l'ouest à l'est, par une ligne artificielle qui sépare le Gouria russe du Gouria turc, jusqu'à l'extrémité sud-ouest de l'Iméreth. De là, cette ligne court au sud-est le long du Samtzkhé, entre Akhaltsikh à gauche et Ardagan à droite, coupe le Kour à une certaine distance d'Akhalkalaki, forteresse qui reste à droite, et contourne la province turque de Tchyldir. S avançant ensuite vers le sud, elle se confond avec le cours du Kartchaï , touche à la forteresse d'Alexandrapol ou Goumry, suit l'Arpa-tchaï jusqu'à son confluent avec l'Araxe, en passant devant Ani, fancienne capitale de l'Arménie, franchit ce fleuve même, près des ruines d'Erovantaschat, et remonte du coté opposé un autre de ses affluents. Près du Sinek-Dagh, cette ligne tourne à l'est, et, séparant de l'Arménie russe le pachalik de Bayasid , elle arrive aux pieds du vénérable mont Ararath , où se touchent les frontières russe, turque et persane.
Suit la frontière du côté de la Perse, qui, jusqu'à la mer Caspienne, est d'une longueur d'environ 550 kilom. La ligne russe, partie du sommet du Petit-Ararath en suivant un cours d'eau insignifiant qui en découle, ne tarde pas à rejoindre l'Araxe, qui vient de quitter, dans l'Arménie russe , les ruines d'Artachad*. Depuis ce moment, elle se confond avec le fleuve et court au sud- est, passant au sud de Nakhitchévàn. Puis, elle franchit même un instant l'Araxe, pour ne laisser aux Persans aucun des ouvrages de la forteresse d'Abbas-Abad, le longe de nouveau et change de direction à
\. Sur la grande carte de la Russie d'Europe publiée par la Société géographique russe, ces hauteurs sont appelées Khrêbeth Vakhamkii Mogriûkii. 2. Voir t. I", p. 540.
Djoulfa et à Ordoubad, où elle est le plus près de Tabriz1. L'Araxe, après avoir coulé vers le sud-est, se tourne à l'est, et remonte ensuite vers le nord-est. Au gué de Iédiboulouk, dans la steppe de Moghân, la ligne frontière quitte ce fleuve dans la direction du sud-est. Elle coupe la steppe et tombe sur le Bolgarou, rivière formée par la réunion du Sarakamyche avec l'Odinabasar. Contournant alors le khanat de Talysch possession russe plus ancienne que l'Arménie, elle remonte la dernière de ces deux rivières jusqu'à sa source, et s'étend de là jusqu'à la cime des hauteurs de Djikoïr, d'où elle atteint bientôt, par la direction du nord-est, la mer Caspienne, presqu'à égale distance entre Lenkorân et Ardébil.
Sur la Caspienne, qui est plus à l'est, il paraît que la Russie ne confine plus qu'avec la Perse, qui contourne la partie méridionale de cette mer, depuis le port d'Astara, où mène une route venant d'Ardébil, jusqu'au delà d'Astrabat et du petit fleuve Atrek. Plus au nord, le Turkestan indépendant occupait les bords de la mer, mais aujourd'hui la Russie regarde les Turkomans comme étant ses sujets. A cet égard nous ne pouvons que suivre la magnifique carte en douze feuilles de la Société géographique russe, qui est de l'année 1862, et dès lors nous avons à continuer les confins russo-persans encore au delà de la mer Caspienne. Mais auparavant il reste à dire, au sujet de cette dernière,>
1. Entre ces deux points, il y a une trentaine d'heures de chemin. De Tabriz ou Tébriz à Téhéran, les courriers mettent quatre jours, les caravanes vingt; la distance approche de 600 kilom. De Téhéran à Hérat, on compte de 1,000 à 1,100 kilom. De la dernière de ces villes Nadir-Chah disait: «C'est le sabre de la Perse, et celui qui en est maître est le maître du monde.» — De Tabriz â Trébisonde, les caravanes mettent trente-neuf jours ; la distance peut être de 700 kilomètres.
2. Nous avons décrit la mer Caspienne en détail, t. Ier, p. 61-77. — Notons encore ici qu'à sa station militaire de l'Ile d'Achouradeh , dont il a été question plus haut, la Russie est à proximité de la grande route royale de Perse qui me-
i 18 PREMIÈRE SECTION. — CHAPITRE PREMIER.
qui a environ 6,370 kilom. de tour, qu'elle borne la Russie sur une longueur qui n'est plus seulement de 3,700 kilom.1 , mais de plus de 4,000.
D'après la même grande carte que nous venons de citer, la frontière russe est avancée jusqu'au Gurghen, fleuve au nord d'Astrabat qu'elle remonte, au sud de la steppe des Turkomans, jusqu'à Erkekli, à la distance d'environ 160 kilom. Plus loin, la ligne, devenue toute factice, -court au nord-est et fait mie pointe dans le désert qui, sur*la carte, est qualifié de « non encore exploré » et qui jusqu'ici était regardé comme une dépendance du khanat de Khiva. Comme cette carte ne dépasse pas la longitude de la mer d'Aral, nous ne savons où la ligne atteint le Syr-Daria (Iaxarte) et s'il faut compter l'Amou-Daria (Oxus) inférieur parmi les fleuves russes; si même par hasard tout le khanat de Khiva, sa capitale comprise, n'est pas compté aujourd'hui comme formant une dépendance de l'empire des Tsars. Quoi qu'il en soit, renvoyant le lecteur à cette carte dressée sur une si vaste échelle , nous noterons encore ici qu'on donne à la mer d'Aral plus de 800 kilom. de circonférence et qu'on paraît la regarder comme un lac russe \ Le Syr-Daria y dé-
nait à l'Inde, et sur laquelle on peut voir Ritter, Asie, t. V, p. 03; t. VI, 1" partie, p. 177, et t. VI, 2e partie, p. 329 et 343. — De la mer d'Aral à Attok sur l'Indus, on compte 1,080 milles anglais ou 1,738 kilom. Entre Aslrabat, près de la mer Caspienne, et la même ville d'Attok, la distance est, en droite ligne, de 1,850 kilom. ou d'environ 250 milles; mais la route fait un certain nombre de courbes. D'Astrabat à Hérat, on compte environ 750 ou 800 kilom.; de Hérat à Kaboul, de 560 â 600; de Kaboul à l'Indus, environ 260. On assure qu'une marche de douze à quinze jours peut conduire une armée bien organisée d'Astrabat à Hérat. De Hérat à Kaboul , une caravane met trente à quarante jours; une troupe de cavaliers seulement onze jours. De Hérat à Téhéran, il y a, comme on l'a vu, plus de 1,000 kilomètres.