‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 66 sur 367 · Voir t. I", p · texte numérisé non relu

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chinois que russe : il est, au contraire, plus russe que chinois, car la fin de son cours, dans une longueur d'environ 800 kilo m., appartient maintenant exclusivement à l'empire des Tsars. Au total, la longueur de l'Amour, depuis le confluent, est de 580 milles ou d'environ 4,300 kilom., ce qui dépasse la longueur du Volga. Au nord de la Mandchourie, la frontière actuelle fait, dans un pays fort accidenté, surtout au sud, une immense courbe qui, comme nous l'avons dit, la fait avancer au delà du 53e degré; mais en tournant au sud-est, elle remonte jusqu'au 48e degré et le franchit même quelque peu. Sur cet espace sont Blagoveschtchensk, aujourd'hui chef-lieu de la province d'Amour et siège de révèché de Kamtchatka, et Aïgoun, endroit célèbre par la conclusion du traité du 28 mai 1858. Au point le plus méridional de cette partie de la ligne, qui a déjà franchi la Zéïa ou Silimdi à son confluent avec l'Amour, la frontière passe vis-à-vis du point où celui-ci reçoit ensuite le Soungari, rivière restée chinoise; et plus loin, se trouvant en face de l'Oussouri, autre affluent de droite, elle franchit le ûeuve pour remonter la rivière vers le sud1. La frontière est ainsi décrite pendant quelque temps par l'Oussouri; puis par le Songatcha , son affluent, jusqu'au lac Hinkaï ou Khinkaï, d'où, en s'avançant encore davantage vers le sud, jusqu'au 42e degré (latitude aussi méridionale que celle du bassin de l'Issyk-Koul), elle atteint la mer du Japon, vis-àvis du détroit de Tsongar et de la grande île de Niphon , qui est sous la loi du taïkoun et du mikado. Car, comme à la Chine , la Russie , dans son développement si extraordinairement prolongé, touche ici à l'empire Japonais, avec

1. Outre la carte de M. Radde citée plus haut, on peut consulter ici l'Atlas de Ritter, flochasien, 3e feuille, et la carte du bassin de l'Amour par M. Petermann, dans les Mitlheilungen , 1857, n° 13. Voir aussi l'extrait du traité de Péking que nous avons donné t. 11 , 20 , et plus haut, p. 103 et 104.

lequel la longue île de Sakhaline1 la met surtout en contact.

Tel est l'ensemble de la frontière continentale, abstraction faite de la Russie d'Amérique, dont nous allons tout à l'heure nous occuper. Elle se dessine à l'ouest et au sud. A l'est et au nord, la frontière est exclusivement maritime. Depuis le point où nous sommes arrivés, c'est seulement en longeant les côtes de la masse continentale, que nous pouvons revenir à notre point de départ, qui était l'extrémité septentrionale de la Norvège.

D'abord cette masse est baignée par la mer du Japon , sur laquelle les Russes ont maintenant environ 1,200 kilom. de côtes : il convient par conséquent de l'ajouter aux autres mers que nous avons fait figurer dans notre description. *

Elle l'est ensuite par la mer d'Okhotsk, espèce de golfe formé par le Kamtchatka et les îles Kouriles et dont le contour doit être d'au moins 3,000 kilom. , même en ne comptant que la plage de la presqu'île et du continent. On peut regarder le liman de l'Amour comme en formant une dépendance. C'est par ce liman qu'on arrive au port de Nikolaïcfsk. Les autres ports de cette mer sont Okhotsk, Ghijikinsk et Penjinsk.

Sur l'Océan Pacifique et la mer des Castors, la côte doit être de plus de 4,000 kilom., depuis la pointe du Kamtchatka jusqu'au cap Oriental ou des Tchouktches8, qui est l'extrémité la plus avancée vers l'est de tout l'ancien continent. Dans la partie méridionale de cette côte si allongée est le port militaire de Pétropavlofsk4, qui, dans la guerre d'O-

1. Voir t. Ier, p. 84. — Nous avons dit plus haut, p. 105, note, quels traités ont réglé en dernier lieu les rapports entre la Russie et le Japon.

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