‹ L'Empire des tsars au point actuel de la scienceChapitre 79 sur 367 · Ibid., t. VIII, chap. iv (trad. allem., p · texte numérisé non relu

Ibid., t. VIII, chap. iv (trad. allem., p

proie pendant huit ans (1605 à 1613), c'est lui qui imposa au premier des Romanof ce dur traité de Stolbova dont nous avons parlé (p. 53) et qui fut conclu en 1617. En outre de l'Ingrie , ce traité enleva aux Russes le district karélien de Kexholm, sur le lac Ladoga; il la coupa aussi entièrement de la mer, car l'Esthonie et la Livonie étaient déjà aux mains des Suédois, la première depuis 1561 et 1595 (traité de Téousinc), la seconde depuis la paix d'Oliva en 1660, et en partie même depuis 1595 (même traité de Téousine). Cette situation des Russes devint fatale à leurs vainqueurs, car Pierre le Grand ne l'endura pas longtemps. A tout prix il voulut rendre à son pays les côtes maritimes qu'il avait perdues de ce côté-là. D'ailleurs, après la fondation de Saint-Pétersbourg, il était indispensable de reculer loin de cette plus chère de ses créations la frontière de ces voisins, bien supérieurs aux Russes dans l'art de la guerre. Plus que jamais, depuis le sage gouvernement du comte Pierre Rrahe, sous lequel le gymnase fondé à Abo par Gustave-Adolphe fut, en 1640, transformé en une université, et depuis le règne réparateur de Charles XI, la Finlande était attachée à la Suède et lui servait de boulevard à l'est; mais l'ambition de Charles XII, en donnant une force nouvelle à la rivalité entre les deux grands peuples du Nord , força les Russes à faire les plus grands efforts, afin d'en faire un boulevard pour eux-mêmes. Dès 1706, Pierre le Grand fit une tentative contre Wiborg, dont il se rendit maître plus tard; en 1708, il poussa son incursion jusque vers Borgo; puis, après sa grande victoire de Poltava , bientôt suivie de l'occupation de la Livonie, il s'empara de Kexholm, de Nyslott, et remporta une victoire signalée, près du village de Storkyro (1714), sur le général Armfelt. Les Russes s'avancèrent jusqu'aux îles d'Aland. Enfin, en 1721, le traité de Nystad mit fin à cette longue guerre. On a vu plus haut quels en

étaient les glorieux effets pour le conquérant russe : l'acquisition des districts de Wiborg et de Kexholm, c'est-à-dire de toute la Karélie, d'une étendue d'environ 1,400 milles carrés ou 77,000 kilom. carrés, y était comprise, et dès lors Saint-Pétersbourg n'était plus à la merci d'un voisin hostile.

Cette Finlande russe, qu'on appela plus tard la Vieille- Finlande, mais dont la partie la plus méridionale fut réunie à l'Ingrie, ne devait pas à la longue demeurer restreinte à cet état fragmentaire. Déjà sous l'impératrice Elisabeth, en 1743, la paix d'Abo y ajouta le Savolax, avec les forteresses de Nyslott, Frederiksham et Wilmanstrand, environ 42 milles carrés ou 2,300 kilom. carrés. Le Kymène devint alors la limite. C'était peu. Mais en 1809, une campagne heureuse dont nous avons raconté plus haut (p. 79) les principaux événements, eut pour conséquence le traité de Frederiksham, qui livra à la Russie tout le reste de la Finlande, pays qui, comme nous l'avons vu, a aujourd'hui une étendue de 6,844 milles carrés ou 375,480 kilom. carrés, avec 1,650,000 habitants. Les États réunis à Borgo reconnurent l'empereur Alexandre Ier en qualité de grand-prince et lui prêtèrent hommage. Bientôt après, pour reconnaître la fidélité de ses nouveaux sujets, le monarque, détachant de l'empire le gouvernement de Wiborg, le réintégra à la grande-principauté, qui recouvra ainsi les limites qu'elle avait eues avant le traité de Nystad et que nous avons décrites (p. 110 et 154). Ces limites furent ensuite précisées, du côté de la Suède, par le traité de Tornea en 1821, et du côté de la Norvège, par celui de Saint-Pétei'sbourg en 1826.1

1. Ces deux traités furent négociés, au nom de la Suède, par un homme éminent qui nous honorait de son amitié et que nous entourions d'un respectueux attachement. Pendant plus de trente ans, M. le général baron de Palmstjerna a pris à nos travaux sur la Russie, pays qu'il connaissait si bien, l'intérêt le plus

La nationalité finlandaise a été respectée par les nouveaux maîtres du pays et encore une fois reconnue dans la présente année, où la diète est réunie; le souome a même été déclaré langue du pays et substitué dans les affaires publiques à la langue suédoise. En effet, cette nationalité, quoique obscure ou du moins modeste, est respectable comme toute autre, car elle repose sur des traditions honorables, sur des mœurs simples et pures, sur un grand attachement à la religion, sur un idiome commun, qui, lui aussi, a su se faire une place dans la littérature. Après tout ce que nous en avons dit précédemment1, nous pouvons nous dispenser d'en parler ici plus amplement.

Quant aux armes de la grande-principauté, elles consistent en un lion d'or au champ de gueule parsemé de rosaces. Le lion, dressé et passant, appuie ses pieds de derrière sur un glaive traînant qu'il tient de la patte gauche, tandis que de la droite il lève une épée. Aujourd'hui cet écusson, surmonté d'une couronne princière, se place sur la poitrine de la double aigle impériale, couronnée comme à l'ordinaire. Le Savolax, le Tawastehuus, le Nyland, laKarélie et d'autres provinces finlandaises ont leurs armoiries spéciales.'

sympathique et souvent le plus efficace, car il a bien voulu mettre à notre disposition, copier pour nous de sa propre main, les journaux de ses voyages en Finlande, en Crimée, etc. Ce diplomate aussi modeste que savant, d'ailleurs penseur profond de l'école de Fichle, est mort le 11 juin 1863, dans sa studieuse retraite de Hambourg, où sa plus douce occupation était de développer les talents dont la nature avait doué sa fille chérie.

2. On peut les voir sur la carte de la Scandinavie de V Atlas historique (Amslerd., 1735, in-foi.), t. IV. — La description donnée par Possart (t. II, p. 28) des armes de Finlande , est inexacte.

D. Pays placés sous la suzeraineté ou sous le protectorat de la Russie ou encore indépendants.

La Russie est une monarchie unitaire, centralisée; néanmoins à certaines de ses extrémités, au Caucase, dans les grandes steppes asiatiques, etc., il reste encore des débris des anciens pouvoirs vaincus ou absorbés par elle de gré à gré. Là le maître suprême n'exerce son autorité que par l'intermédiaire, ou tout au moins qu'avec le concours, de rois, princes, seigneurs ou chefs de communautés locaux, dont les anciens sujets sont, jusqu'à un certain point, devenus les siens, mais qui, dans leur vassalité, conservent néanmoins quelque apparence de la puissance souveraine. Les pays qui sont ainsi régis encore par leurs propres princes sont, si l'on veut, incorporés à la Russie, mais non pas déjà fondus en elle. Ce ne sont pas des provinces, c'est une catégorie spéciale de territoires dont il convient de traiter séparément.

Au dernier siècle, ces sortes de pays étaient beaucoup plus nombreux qu'ils ne sont aujourd'hui. A leur tête figurait longtemps la tsarie de Géorgie ou Grousie, État fort ancien, en dernier lieu d'une étendue d'environ 54,000 kilom. carrés seulement, mais par intervalles beaucoup plus considérable. Aujpurd'hui incorporée à l'empire, cette tsarie, comme on l'a vu à la page 70, avait su maintenir son indépendance jusqu'en 1783, quoique, dés l'an 1585, le tsar Alexandre se fut mis sous la protection de la Russie1. Elle

1. Voir plus haut, p. 75, et, en outre de Kararazine, t. IX, chap. m (p. 138 delà traduction), Strahl-Herrmann, t. III, p. 393. Nous avons expliqué le nom de la Géorgie au tome II , p. 670. Voir aussi sur elle t. Ier, p. 209 et 530. Tiflis, sa capitale , est aujourd'hui le chef-lieu de toute la lieutenance du Caucase s'éleodant, d'après M. Berger, sur une étendue de 8,042 milles carrés ou 389,101 verstes cajrées (442,310 kilom. carrés), presque égale à celle de l'Espagne. Le

avait à ses côtés l'Iméreth, tsarie en miniature (23,000 kilom. carrés, avec 162,000 habitants), mais dont les souverains néanmoins ont pris à un certain temps le titre de rois des rois*. Pendant quelques années (de 1774 à 1783), le khan de Krimée ou de la Petite-Tatarie était également un vassal de l'empereur de Russie, comme auparavant il l'avait été du sultan des Ottomans*; et plus anciennement, l'hetmân ou atamân des Kosaks était uni au tsar par un lien analogue*. On se rappelle ce que nous avons dit des Kirghises, relativement à leur sujétion4 : même Yordou de Boukéï, dans le gouvernement d'Astrakhan, a encore ses sultans héréditaires; la Petite-Horde, dont elle était un démembrement et qui se soumit plus lard, en a encore trois exerçant simultanément leur autorité, et de même la Moyenne et la Grande- Horde ne sont, à vrai dire, que sous le protectorat de la Russie. Si donc , d'une part, le nombre des pays placés sous ce régime a subi une diminution, de l'autre, il a été augmenté, et en définitive il est encore considérable. Nous diviserons ces pays protégés, tributaires ou vassaux, ou quel que soit le nom qu'on leur doive donner, en pays caucasiens et pays de la steppe.

a. Pays caucasiens.

Relativement à cette matière, sur laquelle, en l'absence de publications officielles, il est si facile de tomber dans l'erreur, nous suivrons les indications données par M. P. de

chiffre moins élevé que nous avions indiqué (t. 1er, p. 209) se rapportait strictement à l'étendue de l'isthme caucasien. La population de cette vice-royauté ne reste pas beaucoup au-dessous de 4 millions d'âmes. Cf. les données de la p.ige 76, et t. Il, p. 655 et suiv.

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