‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 11 sur 359 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

lingue par ses côtes escarpées et par deux montagnes que l’on voit de loin s’élever dans son centre.*

Vers l’embouchure de la Iana est l’ile de Liakhof, ainsi nommée d’un marchand russe qui la découvrit en 1770, mais inhabitée et intéressante seulement par les ossements de mammouth qu’elle fournit; et au nord de celle-ci se trouve l’archipel de la Nouvelle -Sibérie , composé des grandes îles de Kotelnoï (du Chaudron), Fadéïef, de la Nouvelle-Sibérie, et de plusieurs petites, avec lesquelles on peut compter aussi celles de Stolbovoï ou des Colonnes et de Yassilief. Kotelnoï paraît avoir été visitée encore par le même Liakhof; les deux autres grandes îles furent découvertes en 1805 et 1809 *; la plus grande, celle qui porte plus particulièrement le nom de la Nouvelle-Sibérie, par Hedenstrôm, qui longea sa côte méridionale seulement sur une étendue de 200 verstes. Anjou en fit plus lard (1822) le relèvement. Toutes les trois , quoique très-grandes (on parle de 945 milles carrés d’All. ou près de 52,000 kilom. carr. s), sont inhabitées. On les visite pour la chasse des renards à fourrure précieuse, des ours blancs, des oiseaux aquatiques, etc. Le bois flotté y arrive en si grande quantité, qu’il forme, en s’amassant, des éminences très - considérables que le voyageur Hedenstrôm a appelées montagnes de bois. Quelques-unes s’élèvent jusqu’à 60 mètres. *

1. Amiral baron \V range! , Rrise longs der Nordkusle ivn Sibirien , 1830 — 1834, t. t, p. 328 et suiv.

2. Baron Wrangel, Reise , etc., t. I, p. 98 et suiv. Cet ouvrage a été tra-

duit en fiançais par le prince Etu. Galitsyue, sous le titre suivant: Le Nord de la Sibérie, Voyage parmi les peuplades de la Russie asiatique et dans la mer Glaciale, Paris , 1843 , 2 vol. in-8°. .

3. Même en rapportant cette étendue à tout le groupe , elle peut paraître considérable. Vôlter (p. 81) donne seulement le chiffre de 412 milles carrés d'Allemagne.

4. Baron Wrangel, t. I, p. 102; Erman, Reise um die Erde, section historique, t. Il, p. 261.

DIMENSIONS ET CONTOURS

Les îles de l’embouchure de la Léna, dont les principales sontKalagskoï- et Changalakhnoï-Ostrof, ne se séparent pas assez du continent pour ne pas être confondues avec lui , et le navigateur qui se rapproche des côtes de l’Europe n’en trouve plus d’autres, assez importantes pour être mentionnées, jusqu’à l’île Blanche {Biéloï-OstrofJ, voisine de la mer de Kara, au nord de laquelle s’étend l’île de Novaïa-Zemlia, la plus grande de toute la mer Glaciale.

Quelques îles de la mer Caspienne et de la mer d’Aral seront mentionnées dans le chapitre suivant

Enfin, en troisième lieu, nous avons à nous occuper des îles qui font partie de l’Europe.

Ici se place d’abord , si nous continuons à avancer dans la mer Glaciale , de l’est vers l’ouest , cette île de Novaïa- Zemlia que nous venons de nommer déjà et qui est communément appelée la Nouvelle-Zemble, nom défiguré, qui n’a pas de signification , et qu’il vaudrait mieux remplacer par celui de Nouvelle-Terre , qui serait la traduction exacte du nom russe1. C’est un vaste territoire, d’environ 165,000 kilom. carr. (3000 milles d’All.), ce qui est plus que l’étendue de l’Angleterre avec la principauté de Galles. Sa longueur du sud au nord, depuis le cap Menchikof jusqu’au cap Désiré ou cap Gélania (d’après le russe), dépasse 700 kilom. , mais sa largeur est médiocre. L’île paraît renfermée entre le 53e et le 65° degré de longitude or.*, entre le 70° et le 77° degré de lal. N. Le cap Nassau qui est de quelques degrés à l’ouest du cap Gélania, passe pour en être le point le plus avancé vers le nord. La Nouvelle-Terre est presque toujours entourée de glace, qui entrave la navigation ; des brouillards impénétrables l’enveloppent pendant

1. Nous dirions Terre neuve, si ce nom n'appartenait pas déjà, en langue française , au Newfoundland.

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