CHAPITRE PREMIER
une partie de l’année. Aussi ses contours ne sont-ils pas encore complètement connus. Ainsique Hle de Vaïgatch , qui se place entre sa pointe méridionale et le continent, elle se compose d’un sol rocheux, et ses côtes sont hérissées de rochers souvent très-abrupts : aussi l’une et l’autre sontelles considérées comme la continuation maritime des monts Ourals. M. F. -H. Millier 1 désigne Novaïa-Zemlia sous le nom de Me double / die Doppel-Insel/ : en effet, elle est partagée en deux , peut-être même en trois parties. Les deux principales sont séparées entre elles par le détroit de Matotchkine (Matotchkine Char J. Celle du sud-ouest seule, la moins grande , qui porte le nom de Terre de Kouçof ( Kou !» çova ZemliaJ , nous est bien connue; la côte sud-est de l’autre, presque toujours entourée de ces immenses glaçons, hauts quelquefois comme des montagnes , qu’on appelle torosses, n’a pu encore être décrite et relevée. On fréquente le plus le détroit appelé Kosline-Char , qui, le premier, se dégage de la glace et qui est semé de groupes d’ilots. Toute Me n’est qu’un désert glacé, où le roc perce de toutes parts. Ses montagnes s’élèvent jusqu’à la hauteur de plus de mille mètres, entre autres le Mitioucheva Kamen, mesuré par M. Zivolka, et qui n’est pas encore la plus haute. On donne jusqu’à 1330 mètres au point culminant, rocher abrupt surmonté comme d’un dôme arrondi, couvert de neige. Là est aussi le volcan le plus septentrional de l'Europe , celui de Sarylchef. Parmi une quinzaine de rivières ou ruisseaux, on cite la Nekhvalova, qui a son embouchure dans le Kosline-Char. Comme il n’y a point ici d'habitants à demeure fixe, la Nouvelle-Terre intéresse moins le statisticien , qui rapporte tout à l’intérêt de l’État, que le naturaliste, le physicien et le navigateur.
I. Nous parlerons plus loin de son excellent livre Dtr l'tjrisclie Volhslanw i.
DIMENSIONS ET CONTOURS
Cependant l’île offre à peine quelques traces de végétation : des herbes, des mousses et des lichens, des saules nains, voilà tout ce que l’on y trouve, encore n’est-ce que du côté du sud et de l’ouest. Les rennes, les renards polaires, les ours blancs, et de nombreux oiseaux y ont leur demeure presque incontestée, et l’on assure qu’il s’y trouve delà naphte et de l’anthracite *. Mais jusqu’ici on y a cherché en vain les mines d’argent dont parle la tradition et qui a été un appât pour quelques spéculateurs. La chasse des bêtes à fourrure ou à duvet est, à Novaïa-Zemlia, Tunique source de richesse. Ce sont les Novgorodiens qui sans doute ont donné à bile son nom russe de Novaïa-Zemlia. Après eux , les Hollandais paraissent y avoir touché les premiers , de 1594 à 1590; dans cette dernière année, Guillaume Barents atteignit le cap du nord-est tant désiré et à qui , par ce motif, il donna, en hollandais, le nom de Ech de Begeerdef dont celui de cap Gélania est la traduction russe*. Mais bile n’a été vraiment explorée, et nous n’avons le relevé de ses côtes, que depuis les années 1819 à 1824. Dans cet inter-
1. Voir un savant travail do l'académicien R;er dans le Bulletin scientifique publié par t Académie de» sciences de Saint-Pétersbourg , t. Il, p. 13, avec une carte. M. de Bær a deui fois visité file, en dernier lieu en juin 1837 ; voir b ce sujette même Bulletin, t. III. Voir aussi la belle carte de Zivulka, 183G, et une petite carte détaillée, d'après les découvertes les plus récentes, dans la partie statistique, t. I, du livre russe de M. Tli. Itoulgarine , Itossiya (la Russie), Saint-Pétersbourg, 1837, 6 ou 7 vol. petit in-8°. Il evisto de cet ouvrage une traduction allemande de bl. de Brackel, Riga 1839 et années suivantes; et de plus: Pavlufski, Gliéugrafia Hossiiskoi tmperii . t. Il, p. 13; Possart, bas Kaiserthum Itiissland , t. Il, p. 139 — 1 iô ; Oldekop, Sankl-Petersburgische Zeitschrift, t. X, p. 299 et suit.; et l'ainiral Lulke, Yiennalige Heise duich das winUiche Eismeer.
2. Sur l’histoire de; découvertes successives de< différentes parties de Novaïa- Zemlia et d'autres Iles de l'Océan Glacial arctique , il faut consulter Forster, Histoire des déconcertes et des rayages faits dans le Nord , t. Il, p. 238 et suiv.; puis, F.-H. Muller, Ber l'grische Volksstamm , t. I, p. 115-127.