Heine, t. Il, p
3. I.e Manuel de Poste donne la roule de Tiflis il Auaklia, port un peu au nord de Redoute-Kalé. En voici les stations : de Tiflis à Gartiskar, 27 ventes; à Moukbrân, 13; :l Tchalskoï, 21 ; A la ville de Gori sur le Kour, 18; A Gargareth, 26; à Souram, endroit célèbre par le défilé qu'il faut traverser ici et qui défend les approches de Tiflis, 22; à Malitzkoï, 21; puis, dans ITinérelh, A Sikirawli, 27; A Kvirili, 12'/,, A la ville de Koulaïs, 33'/, (en tout de Tiflis A Koulaïs, 221 verstes); A Gouliiskali, 15; A Martin, 20'/,; enfin dans la .Mingrélie, A Abarhinskoï, 26; A Sakhailiéti, 23; A Kborga, 17; A Koulé, 22; et A Auaklia, 1 2’/*- La distance depuis Koulaïs est de 136'/,, et la distance entière depuis Tiflis de 357 '/,. — Auaklia est située A l'embouchure de l'ingour, et le commence. nent de la route menant de la mer à Koulaïs remonte ce petit fleuve côtier. M. de Uaxthausen a pris ce chemin pour se rendre A Koulaïs, et il parle avec ravissement de ses beautés. Mais il ne fait pas mention des noms qu’on vient de tire (voir Transkaukasia, l. I, p. 11 et suiv.). Il parle de Zougdidi, la résidence ordinaire du dadian ou prince semi-souverain de Mingrélie; puis du bourg de Khoni, A partir duquel, dit-il, jusqu’à Tiflis, on a la grande route avec des stations de poste ré-
aspect général; orographie.
2 il
La partie orientale du Caucase, à laquelle il est temps d’arriver, peut aussi se diviser en deux sections: 1° la section occidentale, depuis la rive droite du Térck supérieur et la route du Dariel , jusqu’au premier affluent de droite du Koï-sou et au point , dans le pays des Kazi-Koumuks , où la cliaine du Caucase tourne assez brusquement au sud ; 2° la s ction orientale, depuis le premier affluent de droite du Koï-sou jusqu’à la pointe de la presqu’île d’Apchéron , sur la mer Caspienne.
Section depuis la route du Dariel jusqu’au premier affluent de droite du Koï-sou. — De la montagne de la Croix , la chaîne se prolonge dans la direction de l’ouest à l’est, jusqu’au Barbalo ou Berbala, la plus haute sommité de cette section, aux pieds de laquelle prennent naissance les rivières Iori et Alazan , qui toutes deux coulent vers le sud. Puis, s’infléchissant vers le sud-est, cette même chaîne forme la limite entre les pays géorgiens au sud , et les territoires d’abord des Midztèghes ou Kistes et ensuite dosLesghis, au nord , territoires qui dépendent du bassin du Térek , dont les affluents sont ici la Soundja' et l’Aksaï, ainsi que du bassin du Soulak , fleuve qui n’est au fond que la continuation du Koï-sou. Cette partie de la chaîne, bifurquée encore jusqu’au Barbalo (die l’est en tout sur une longueur de cent onze verstes), est moins haute que la précédente; néanmoins elle renferme encore des glaciers assez élevés;
guliéres. De IJ, il n'y a pas loin à Roulais. Bientôt i! se trouva au milieu des montagnes de l’imércth. Il nomme Quéréla notre station de Kvirili, décrit en passant les fin is de Soui aina ou Souram, qui commandent nn autre passage de ce nom, arrive à la petite' ville de Kliori (Gori), où un admirable panorama s’étale sous scs yeux, avec le Karbek (dont il donuc une vue, ainsi que de l'Elbrouz) dans le lointain; entre dans la Géorgie, et se trouve, au bout de peu de temps,, â Mtskbétha, d'où la route va à Tiflis, ainsi qu'on l’a vu plu» haut.
1. Voir un voyage dans la vallée de la Soundja, dans Heine mm Araral de Parrol, l. I, p. 257.
le Carbalo lui-même dépasse de beaucoup la ligne des neiges éternelles. Elle s’annonce aussi au voyageur venant du côté de Mozdok, sur le Térek, par des lignes subalternes, telles que les montagnes d’A tek et celles deBelantcha, un peu au nord de laSoundja supérieure; et, plus au sud, elle jette des rameaux assez considérables, tels que le Karadagh ou montagne Noire, les montagnes d’Andi, etc., dans le pays des Midzlèghes , duquel dépend la Tclietchna , dont les lecteurs de journaux connaissent les magnifiques forêts d’Itchkéri et autres, et dans le pays des Lesghis, dont font partie celui des Avares et celui des Kazi-Koumuks. Tout cela est déjà, si Ton veut, le Daghestan , car c’est précisément au mont Barbalo que plusieurs voyageurs le font commencer; cependant sur la grande carte du général russe Khatof, la limite de ce pays de montagnes, qui ne répond pas aujourd’hui, par son aspect, à la description séduisante que Slrabon a faite de l’Albanie ', est reculée jusqu’au delà du cours assez prolongé du Koï-sou. Quoi qu’il en soit, c’est un pays curieux à bien des égards et non pas seulement parce que, renfermant les villages et châteaux de Hintri, Dafgo, Akhoulko, etc., il est le théâtre des exploits de l’émir Chamyl et de sesMurides. Quand, dit un voyageur allemand, du pont de Cheltinsk, où se forme le Soulak par la réunion de ses deux bras principaux ,- on en suit tous les différents affluents jusqu’à leur source , on embrasse un territoire de 9,800 verstes carrées (à peu près retendue de l’Alsace), avec environ 000 villages ou autres endroits habités ( Ort sckaften). Ce sont les montagnes d’Andi, longues de 136 verstes et dont les sommets sont couverts de neige, qui ferment l’horizon du côté du sud-est pour celui qui se rend de lékatérinograd à Vladikavkaz. Un autre rameau court au
I. LR. XI, p. 5ü0. -- Voir une -description du Daghestan, dans Kuch, l. H, p. ISS cl suiv.
ASPECT GÉNÉRAI; OROGRAPHIE
sud et au sud-est, en accidentant les plaines du Kakhelh : parti de l’extrémité nord des pays géorgiens, il se dirige sur les villes de Télavi et de Signakh, pour se perdre dans la steppe d’Oupadar. Les cours d’eau qui descendent du versant nord de cette section ont déjà été indiqués : ceux qui descendent du versant sud sont l’Aragvi blanc et l’Aragvi principal ou noir, le Iori et l’Alazan.
Des sentiers de montagnes mènent du versant nord au versant sud , mais il n’y a guère de passage important que celui qui emprunte le sol du Khevzoureth et du pays des Pcliavi, et qui, de la vallée de l’Argoun, qu’il remonte jusqu’à son berceau, conduit dans celle de l’Aragvi, pour rejoindre , vers Ananour , la grande route de Tiflis.
Section depuis le premier affluent de droite du Koï-sou jusqu’à la presqu’île d’Apchéron. — Aucune sommité n’y dépasse de beaucoup la limite des neiges éternelles, et elle n’offre qu’un petit nombre de glaciers. Dès l’origine, au sud du pays des Kazi-Koumuks , la chaîne, dans cette section, prend sa direction droit au sud, pendant environ 50 kilom. , séparant les territoires lesghicns de Biélokani, de Tchari ou Djari et du sultan d’Eüssoui du Daghestan méridional. Mais ensuite , au delà du Zamour supérieur , qui descend de celte chaîne, et du mont Salvath, elle se retourne de nouveau vers le sud-est, et marque la limite du Daghestan méridional du côté des khanals de Chéki et de Chirvân. C’est là que cette section présente ses principaux sommets, le Chah-dagh , dans la province de Kouba , glacier élevé dont la base est formée d’un calcaire assez compact , et au nord duquel se trouve encore le Chah-Albrouz ou Chalbrouz, également d’une hauteur considérable; puisleTfàn, le Babadagh , et le Besck-Barmak. Ce dernier ', tout au bord de la
1. Voir Eichwald,' Reisé auf item Caspischen Meere unit in dm Kaukatu*, l I, p. 134. ‘ ' '
mer Caspienne, au nord de la presqu’île d’Apchéron, forme une espèce de promontoire. On cite encore le TyfTen-dagh, l’Ouroutch-dagh , le Kaler-dagh ou Kaladahr et le Béliradagh. Le Besch-Barmak , ce poste avancé sur la mer dont nous venons de faire mention, appartient à un émissaire de la chaîne principale : celle-ci s’abaisse peu à peu et se termine en collines d’une faible élévation , ou aussi en débris entassés les uns sur les autres. Plusieurs des hauteurs voisines de la mer, sur le chemin de Bakou à Salliàn, dit Klaproth 4, sont tellement chargées de fragments de rochers qu’on les prendrait au loin pour de vastes amas de ruines qui s’élèvent en amphithéâtre du pied de la montagne jusqu’à son sommet.
De celte section descendent , vers la mer Caspienne , le Zamour, le Koussar, et un grand nombre de ruisseaux côtiers ; du côté opposé , quelques petits affluents de l’AIazàn et du Koùr.
C’est , comme nous l’avons dit , à la partie orientale du Caucase, ou aux deux sections que nous venons de décrire, que le Daghestan , la Gorskaîa Zcmlia des Russes , doit la nature qui lui est propre. Dans la quatrième section, comme dans la troisième, des rameaux partent de la chaîne principale pour s’avancer jusqu’à la mer. Les trois plus notables aboutissent à Tarki, à Derbent et au mont Besch-Barmak, dans la province de Kouba. C’est le second, celui de Derbent*, qui détermine la division en Daghestan septentrional
1. Tableau , p. 46. Voir aussi Eichwald, Iteise, etc., t. I, p. 427.
2. L'orthographe russe est Derbent, relie des Orientaux Derbend. Der ou dur signifie passage étroit, et band, réunion, lien. Eichwald, loc. rit., p. 126. — Voir aussi sur Derbent, Itcinegg- , Beschreibung des Kaukasus, t. I, p. 113 et suiv. ; deux articles de Itonunel et Wahl dans la grande Encyclopédie allemande d'Erscli et Gruber; Uayer, I)e Muro caueasea dans Comment. Acad, scient, itnp. Pelropol., t. I, p. 459; enfin Itomruel, SlrabOnis Cane. reg. et gentium descriptio , Loipz., 1804. Une vue de Derbent et du double mur
ASPECT général; orographie.
et Daghestan méridional. Là est le Demir kapn , c’est-à-dire la Porte de Fer des Tatars , le Bab-al-abuab ou la Porte des Portes des Arabes', connu des anciens sous le nom de Porte albnniennc, et peut-être aussi sous celui de Porte Caspienne *, bien que Mannert, comme on l’a vu, revendique ce dernier nom pour la Porte caucasienne ou sarmatique. Ce passage, de deux kilomètres de largeur, est entouré de hautes montagnes, au bas desquelles la ville de Derbent s’étale en amphithéâtre. Tarki, au contraire, est construit sur une hauteur assez considérable. Les rameaux transversaux dont nous parlons, ne sont d’ailleurs pas encore suffisamment connus : on ignore surtout où et comment ils se rattachent à la chaîne principale.
Les pics élevés du Daghestan sont granitiques, mais la roche qui domine d’ailleurs est le calcaire coquillier, lequel , comme on le voit près de Tarki , repose sur un grès gris et friable. Les eaux abondent , car des hauteurs neigeuses qui s’offrent partout aux regards, descendent de nombreux torrents; mais les lacs sont aussi rares ici que dans le Caucase en général. Klaproth n’en connaît qu’un seul dans toute la chaîne, le petit lac au sud du mont Khokhi, duquel sort le Patara Liakhvi ; toutefois Gamba parle d’un lac du Daghestan septentrional, sur les bords duquel il s’est arrêté, près de Bousinaki, et suppose l’existence de plusieurs autres. «La disposition régulière de cette chaîne , dit le premier de ces voyageurs3, et sa direction constante sur une seule ligne (sauf la bifurcation), du N. 0. au S. E., s’opposent à ce qu’il, s’y rencontre des vallées fermées dans le fond desquelles
qui liait la ville A la nier, est jointe i l’ouvrage d'Eiehwald. Ce mur que, suivant Massoudi, Khosrou Anoueliirvàn aurait fait élever, a 9 pieds d'épaisseur et 28 A 30 pieds de haut ; sa longueur est de deux verstes.
t. Voir la Géographie d’Ahoulféda, édition de M. Reinaud, t. II, 298. ■*