‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 134 sur 359 · Géographie, t. Il, p. 804-8.U; passage capital · texte numérisé non relu

Géographie, t. Il, p. 804-8.U; passage capital

o Voir Md., 1. H, P- 7H, 586 et 802.

3' Pour changer, nous détachons ici la terminaison adjecUve du corps du mol, et au lieu de dire, par exemple, Aïgoutakskiya, Anouïskiya Bielki, nous disons Bielki d’Aigoulak et d'Anouï ou Anouïsk ; de. même qu’au lieu de dire lac Telelikoi, on peut dire en français lac de Téleti.

ASPECT GÉSÉBAL ; OROGRAPHIE.

des eaux entre le système de l’Obi, au nord, et le haut Irtysch, au sud. A l’extrémité orientale de ces monts Tchouïa 1 est l’Iyik-taou, ou la montagne sacrée des Kalmuks, très-nombreux dans ces contrées. C’est aussi dans le même groupe de Tchouïa, ainsi que dans les Bielki de la Katounia, que se trouvent les points culminants de la chaîne, savoir la Biéloukha , et l’autre pointe des Colonnes de la Katounia. On y arrive en remontant le fleuve de oc nom jusqu’à sa source , peu éloignée d’une part de celle de la Boukbtarma , d’autre part de celle de la Tchouïa.

Ces principales sommités nous sont connues par le voyage de M. Gehler’, savant qu’il ne faut pas confondre avec le professeur Gœbel , déjà souvent cité. Selon lui, les Colonnes de la Katounia ( Katounskiya Stolby) sont une montagne inaccessible, à deux cornes entièrement couvertes de neige. La corne occidentale est la plus élevée : c’est la Biéloukha (petit Mont-Blanc). Un mesurage trigonométrique, effectué au plateau du Bérel blanc (nom d’un affluent de la Boukbtarma), lui donne approximativement 3,352 mètres au-dessus du niveau de l’Océan : c’est plus que la hauteur du Faulhorn , plus même que celle de l’Etna. De sa pente méridionale descend un glacier, semblable en tous points aux glaciers de la Suisse ; mais à son pied sourdent les eaux chaudes de la Rakhmanofka ’. Les autres sommets sont plus bas , cependant plusieurs de ceux qui sont

t. Voir, sur le plateau de la Tchouïa, Riiter, t. Il, p. 943.

2. Vebertichl des Katuniechen Gebirget , dans les Mémoires de l'Académie de Saint-Pétersbourg (savants étrangers), 1837, t. III, p. 456-560. Voir aussi la relation du docteur de Bunge dans le Voyage de Ledehour, t. Il, p. 518-522, et Ritler , Géographie , t. II , p. 699 , 803.

3. Ane centrale, t. I, p. 328, et G. Rose, fteiee , t. I, p. 596. Ce sont les seules eaux thermales que l'on connaisse dans l'Altaï. — Sur la Stolbovoukha , dans les montagnes de Kholsoun qui longent la Bouklliamia, voir Rose, 1. 1, p. 593 D'après M. Rose, la Chlchébénoukha est encore plus haute que la Stolbovoukha et la Biéloukha les dépasse toutes les deux.

dans le voisinage ont encore de 2500 à 2800 mètres. L’Atlastaou et l’irbis-taou , qui sont déjà à la distance d’environ ICO ou 180 kilom. , paraissent même dépasser ce chiffre. 1

Nous avons parlé plus haut des Tighériatskiya Bielki , ainsi nommés d’après la rivière deTighériak, qui en sort. Pallas envoya un de ses compagnons de roule sur une de ces hauteurs. Le chemin devint si rapide et si escarpé , dit-il , qu’il lui fallut descendre de cheval. « Arrivé au sommet de- cette montagne avec beaucoup de dangers , il vit devant lui une autre montagne de rocs, qui s’élevait à pic. Elle était beaucoup plus haute, mais ses vallons étaient plus larges et plus escarpés.... Quoique fort éloigné des montagnes de neige, il les apercevait du sommet des hautes montagnes qui garnissent la partie septentrionale de ce district’.»

Jusqu’ici , nous n’avons pas franchi la limite de l’empire Russe , ou la ligne qu’on appelait très - abusivement le Petit- Altaï ; nous n’avons encore étudié que la chaîne marginale > du côté du nord de la Haute -Asie, dont le plateau élevé descend , par d’immenses gradins successifs , jusqu’au bas pays d’Asie , qui , comme on sait , est la Sibérie. Mais au delà du Naryrn et de la Boukhtarma , dans l’empire Chinois , sont encore différents autres groupes de la même chaîne, ceux qui composent ce qu’on appelait le Grand-Altaï. Au fond , ils sont

1 . Le mémorable voyage de M. le baron A. de Ilumboldt. accompagné de ses amis, les professeurs Ehienberg et G. Rose, entrepris en 1829 et accompli aux frais du gouvernement russe, qui pourvut à tout avec une extrême libéralité, se termina aux environs d'Oust-Kaménogorsk et sur la frontière chinoise. Dans son ensemble, il a fait parcourir à ces nobles émissaires de la science plus de 1 A, 5(10 kilomètres de chemin , sans compter les excursions partielles et locales. Ce fut en terminant son remarquable cours de géographie physique , depuis devenu le Kotmos , cours dont nous avons eu le bonhenr d'ètre un des auditeurs, que l’ancien explorateur de la cordillère des Andes s'élança, avec l'ardeur de la jeunesse, malgré ses soixante-trois ans, au-devant de ces nouvelles fatigues et de ces nouveaux dangers. La science en conservera un long souvenir de reconnaissance.

Page 1