Voyages , t. III, p
aspect général; orographie.
étrangers à notre sujet ; mais , comme ils complètent un système de montagnes appartenant à la Russie , comme le grand affluent de l’Obi , Tlrtyscb , et même les rivières qui , en se réunissant, forment le lénieéï, y ont leur origine, il convient sans doute d’en dire quelques mots.
De l’autre côté donc du Narym et de la Boukhtarma, au sud , s’étendent de l’est à l’ouest les monts Kourlchoum et l’Ek-taghou Ak-tagh-Altaï1. Les premiers, ainsi nommés d’un affluent de droite de l’Irtysch , fleuve qui se recourbe ici en nombreux méandres, sont, selon le docteur Meyer’, un grand plateau élevé, fréquenté en été par les Kirghises-Kaïssaks avec leurs troupeaux. Le poste de frontière de l’empire Chinois, que M. de Humboldt a visité en 1829, et dont le nom est Koni-Maïlakhou , n’est pas loin de là. A l’est du mont Kourtclioum est tracée, comme continuation en droite ligne, sur la carte de l’Asie centrale, la «Chaîne Oulangoum ou Malakha,» qui serait ainsi parallèle au Tangnou. M. Ritter en fait à peine mention3, et ne la connaît que par la Géographie officielle de l’empire Chinois ; cependant elle figure aussi sur la carte d’O’Etzel, entre le lac Üursa-Noor, qui est au sud du Tangnou ; et le fleuve Djabekan.
Mais revenons sur le haut Irtysch, au point où cette grande rivière vient de sortir du lac Saïsàn , dont nous dirons plus loin un mot, en étudiant le cours de la même rivière. Au nord du point où celle-ci s’approche du lac sont plusieurs sommités, telles que l’Arka-oul, le Dolen-Kara et, [dus au nord, le Sara-taou , qui se détachent de la chaîne de l’Ak-tagh. Ces sommités ont été explorées jusqu’au haut, en 1793 par Sie-
1. Voir l’Atlas de Ritter et O’Etzcl (ou aussi de Grimai), n° 2 de Karle von
Hochasien (1*'' livraison). " ,
2. Dans Lcdebour , Voyagé à l’Altaï, t. Il, p. 232 et suiv. — Voir aussi Ritter,
t. II, p. 661 et suiv. . .
3. T. II , p. i87 et 808. — Asie centrale , t. I , p. 33A, 350 et suiv.
wers, et en 1826 par le docteur Meyer. L’Arka-oul, qui ne s’élève que de 300 mètres au-dessus de la steppe , est la plus basse. Le Dolen-Kara, dont les pentes les plus rapides sont tournées du côté du sud, paraît former tout un groupe, où dominent le diorite et le porphyre. Au nord , il s’abaisse insensiblement vers les monts Kourtchoum. On lui donne une hauteur qui ne dépasserait pas 400 mètres Le Sara-laou est beaucoup plus haut, sans qu’on en connaisse exactement la mesure. S’il ne compte pas, dit M. Ritter*, parmi les sommets neigeux du Haut-Altaï , au moins on jouit sur sa cime la plus élevée , hérissée de masses de granité en décomposition , d’une vaste et magnifique vue sur les pics couverts d’une neige éternelle et sur toute la nappe du lac Saïsân. On découvre même encore le Tarbagataï , qui , beaucoup plus au sud , est aussi voisin de la frontière russo-chinoise '.
A l’est de ces sommités détachées commence l’Ak-tagh ou Mont-Blanc kirghiso-chinois. 11 n’cst pas marqué sur la carte de M.dellumboldl, mais très-explicitement sur celle d’O'Etzel. Ménandre , l’historien byzantin , le connaît déjà sous le nom d'Ektcl , qui parait être une corruption d 'Ek-lagh , synonyme du Pé-chûn des Chinois*. L’illustre cosmographe se figure cette chaîne, au sujet de laquelle M. Ritter , de son côté, se lient dans une prudente réserve , et qui serait l’ancien Grand-Altaï , tout autrement qu’on ne le faisait autrefois. «S’il existe, dit-il*» comme les caries chinoises le rendent très-probable , une arête qui, partant de l’Altaï, atteint, sans discontinuer , le Thiàn- Cliân , cette arête a une direction du nord-ouest au sud-est ,