Carte 56 c
beth ou Khing-Khan Tougourik, ou, sur la carie de Pozniakof, Iablonnoî Khrébeth. Ici du moins on en distingue le Stanovoï Khrébeth, en lui assignant, plus à l’est, une direction méridienne , parallèle à la mer d’Okhotsk. Il faut s’entendre , si l’on veut sortir de l’incertitude et de l’obscurité.
Nous proposons donc d’appeler Stanovoï Khrébeth la chaîne qui court de l’ouest à l’est , en prolongeant le Iablonnoî et le Khingân-Onôn , depuis le point où ils se réunissent jusque vers la mer d’Okhotsk. D’après cela , c’est du Stanovoï que descendent, vers le nord, l’OIekma et l’Aldân, tous deux affluents de la Léna , et , vers le sud , la Zeïa , qui , par le Silimèdi , se décharge dans l’Amour.
Les géographes russes écrivent Stanovoï, et non pas Stannovoï , avec deux n. D’où ce nom est-il dérivé, et faut-il lui assigner une étymologie russe? Probablement pas plus qu’au Iablonnoî. Ainsi écrit, le mot, en russe, ne peut venir que de stanovitli , poser, dresser : aussi l’a-t-on traduit par « montagne de stature, chaîne à stations, à campements.» Toutefois, on le rendait aussi par «montagnes à étain» , et, en effet, ce métal s’y rencontre'; mais étain en russe se dit olovo, et, par conséquent , celte dénomination française ne saurait être une traduction de celte langue : elle Test plutôt du latin , stannouoî ayant été dérivé de slannum. Nous ne nous rendons pas compte de la dénomination de jugum palmarium (montagne primée, ayant reçu un prix), employée par Gmelin1.
Au reste , nous avons peu de chose à dire de celte chaîne. Prise dans le sens indiqué, elle a au moins 6 à 700 kilomètres de long , mais sa largeur parait restreinte. Des rameaux nombreux s’en détachent, pour courir au sud et au nord. «Elle semble changer d’allure, dit M. de Humboldt, en la comparant au Iablonnoî , et se diriger 0. à E. , en se liant par une
t. Erman, Rei*t , (. II, p. 190.
î. Flora Sibinca . t. I, p. XX (t 747 ).
sinuosité que les cartes nomment vaguement Khing-Khén Tougourik, à la chaîne d’Oudskoï», c’est-à-dire de l’Ouda, et pour nous la même à peu près que la chaîne d’Aldân. 11 ajoute qu’elle est très-abondante en diorites et peut-être aussi en sables aurifères.
Monts Aldan. Ce n’est pas autre chose que les montagnes d’Okhotsk, faisant face à la mer de ce nom, et qui s’étendent sous différentes dénominations ( même sous celle de Slanovoï) jusqu’au pays des Tchouktches. Les petits groupes d’Oudskoï, d'Antglünsk , d' Omékonsk , et sans doute aussi de Verkho- Iansk et de Khagaktakh , en dépendent, ainsi que la chaîne du Kamtchatka.
Tous ces noms , comme la plupart de ceux dont on se sert en Sibérie pour désigner les montagnes, sont empruntés à des rivières.
Les monts Aldân , dont le versant oriental n’est guère éloigné que de '100 à 150 kilomètres du rivage de la mer d’Okhotsk , suivent la direction du S. S. 0. au N. N. E. , dans une longueur de plus de 000 kilomètres , entre le 57° et le 04° degré de latitude. En largeur, ils s’étendent encore sur environ sept degrés , entre le 133e et le 140e de longitude, à l’est du fleuve Aldàn, dont nous avons déjà vu le berceau. Celte chaîne , qui n’est connue que depuis le grand voyage de M. Adolphe Erman, en 1829, ne l’est encore que très-imparfaitement et sur quelques points seulement. Le savant et courageux physicien de Berlin , que nous venons de nommer , la traversa par 00° 55' de lat. , et 1 37° 35' de long. ( prise au point culminant) '.
Lorsqu’il la vit pour la première fois , en quittant les bords de l’Amga, affluent de l’Aldàn , et en s’approchant de l 'Aldnnskii Pérévoss , c’est-à-dire de l’endroit où la route passe