‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 165 sur 359 · HYDROGRAPHIE. — LACS, FLEUVES, RIVIÈRES, BASSINS FLUVIAUX · texte numérisé non relu

HYDROGRAPHIE. — LACS, FLEUVES, RIVIÈRES, BASSINS FLUVIAUX

L’immensité des distances et l'insuffisance des routes de terre sont, jusqu’à un certain point, rachetées en Russie par l’étendue du réseau fluvial et lacustre, qui, couvrant cette masse compacte et inarticulée, la rend abordable de toutes parts, et permet, avec l’aide des canaux, de la parcourir d’une extrémité à l’autre. Il est peu de pays mieux arrosés que celui-ci , et où il ait été plus facile d’établir des communications par eau , en complétant, par des routes fluviales artificielles, celles que la nature elle-même avait établies..

En Asie, la plupart des localités sont privées de ce débouché commode ; non parce que les grands fleuves leur manquent , — elles en ont au contraire de magnifiques, — mais parce que la mer où ils ont leur embouchure est obstruée de glaces et souvent impraticable, ainsi qu’on l’a vu dans le chapitre II. Mais , en Europe , les fleuves aboutissent à des mers ouvertes à la navigation , connues et très - fréquentées , celles dont le lecteur a étudié avec nous la nature et la configuration. La Russie , de ce côté-là , n’a presque rien à envier aux autres pays. Autrefois ,' il est vrai , elle n’était pas maîtresse exclusive du cours de ses grands fleuves , si ce n’est de celui du Volga , le plus grand de tous, et de celui de la Dvina; mais leDniépr, le Don et la Duna, qui sont du nombre des fleuves qu’on peut appeler russes par excellence, et la Néva, destinée à baigner les pieds de la nouvelle capitale , avaient leurs embouchures au delà de la frontière, où elles étaient commandées par des puissances ennemies. Il n’en est plus ainsi aujourd’hui et depuis le siècle dernier: à. l’exception seulement delà Vistule. et du Niémen , qui ne sont pas , historiquement parlant , de vrais

fleuves russes, l’empire dont nous nous occupons possède tous ses cours d’eau importants, depuis leur berceau jusqu’à la mer, et il a ainsi à sa disposition les plus larges moyens d’écoulement pour ses produits.

Le présent chapitre est consacré à l’étude de ce beau réseau . fluvial, que nous nous hasarderons à diviser en bassins, malgré la difliculté de déterminer les contours de chaque partie du système, mais fort des recherches orographiques auxquelles nous venons de nous livrer.

Cependant , comme quelques - uns des fleuves ou rivières , au lieu d’avoir leur pente du coté de la mer, coulent dans des nappes d’eau intérieures, nous commencerons ce travail hydrographique par la description des lacs, en classant ceux-ci, non encore cette fois par bassins fluviaux , mais suivant les gl andes divisions territoriales adoptées dès le début de cet ouvrage 1 et combinées avec celles qu’on a vues décrites au commencement du chapitre précédent, là où il s’agissait de donner une idée complète de l’aspect général du pays.

liACM.

Relativement à ceux qui portent le nom de mers, comme la Caspienne et l’Aral, nous n’avons rien à ajouter aux détails circonstanciés que le lecteur a trouvés plus haut ; mais parmi les autres même, quelques-uns, quatre ou cinq tout au moins, peuvent être comparés à de véritables mers, et le reste, grands et petits, la plupart poissonneux comme les fleuves, sont en quantité innombrable, à ce point que, dans certaines portions du territoire, comme dans la Finlande méridionale, leur superficie, chose curieuse, l’emporte presque sur celle de la terre ferme. Nous avons déjà eu l’occasion de signaler trois régions différentes des lac$t , et nous ne tarderons pas à y revenir.

Page 1