T. III, p
ASPECT GÉNÉRAL ; OROGRAPHIE
miers établissements russes de celte contrée , mais qui n’est pas moins insignifiant que les deux autres, il entra, au sud d’Avatcha et au point où la Kamtchatka cesse d’élre navigable, dans la Bystraïa , qui coule dans un sens opposé. Puis , rétrogradant , il se rendit à Natchika, où il était à 80 ou 90 verstes de Pétropavlofsk, port dans lequel il devait s’embarquer pour l’Amérique russe, afin de terminer de l’autre côté du Grand Océan sa périégèse du monde. La rivière de Koriaki l’introduisit dans l’Avalcha, qui est un petit fleuve, et, sur celui-ci, il arriva jusqu’à la mer et dans une ville presque européenne, favorisée d’un site très -pittoresque* et où l’accueil le plus bienveillant l’attendait.
Ici s’arrête celte revue orographique , la première complète qui, à notre connaissance, ait été donnée. Nous avons parcouru l’empire Russe d’une extrémité à l’autre : les monts Scandinaves sont à environ 15,000 kilom. des deux chaînes du Kamtchatka ; c’est presque trois fois la longueur de l’Europe du cap Saint -Vincent à l’embouchure de la Kara. Quant à l’Amérique russe , nous n’avons rien à ajouter utilement à ce qui a été dit, p. 160, de la partie des montagnes Rocheuses (pii appartient à cette région.
Pour ce qui concerne en particulier les volcans russes, nous n’avons rien à ajouter non plus sur leur compte. On vient de faire connaissance avec les principaux, le Klioulchefsk, le Chivélou'ch, l’Avatchinskaïa Sopka, la Stréloschnaia Sopka, etc., de la presqu'île de Kamtchatka, et plus haut (p. 20) il avait déjà été question de celui de Sarytchef, dans l’ile de Novaïa Zemlia ,
1. Voir ce qui en a été dit plus haut, p. 1G5. Dans la note 2 de cette page, le lecteur voudra hieu corriger une faute qui s'y est glissée. Au lieu de b Kamtchatka , il faut lire l'Avatcha. — On trouvera la description de Pétropavlofsk dans Krnian, /(me, |. III, p. 550 et suiv. : elle est accompagnée d'une vue, dans l'Atlas, mi la Koriatzkaia Sopka se montre dans le lointain, couverte de sa neige éternelle.
qui est le volcan le plus septentrional de l’Europe. Nous avons reconnu en outre l'action plus ou moins puissante des feux souterrains dans d’autres soulèvements , et notamment dans le Caucase inférieur; mais les foyers ignivomes des montagnes d’Aklialtsikh, de même que le volcan de l’Alaghæz, sont éteints, et des commotions semblables à celle qui précipita, en 1840, d’immenses blocs de rochers du haut de PArarath, sont aujourd’hui chose fort rare. Disons cependant qu’un statisticien russe 1 compte encore, dans l’empire, 47 volcans en activité, savoir: 8 dans l’Amérique russe , 23 dans les lies Aléoutiennes , 1 1 sur les Kouriles et 15 dans la presqu'île de Kamtchatka.
Les volcans boueux, que nous ont fait connaître, après Fïillas, surtout MM. Eichwald * et Go'bel*, sont d’une nature toute différente et se trouvent aussi dans de tout autres contrées, dans la presqu’île de Tamân, près d’Iéni-kalé en Crimée , sur la presqu’île d’Apchèron , etc. Ils ont rarement plus de (50 à 1 (JO mètres de hauteur. Leurs éruptions n'ont pas cessé: on connaît cellesde 1826, de 1 8.34 et de 1854. Ces éruptions durent quelquefois un mois entier: leurs foyers jettent au dehors, en dégageant beaucoup de vapeurs , des matières limoneuses, et en mène temps se fait entendre un long bruit sourd , sortant des entrailles de la terre.
La carrière que nous avons à parcourir est trop vaste pour qu’il nous soit possible de nous appesantir sur les détails : ils sont réservés pour la partie topographique. En conséquence, nous nous hâtons d’arriver à une autre partie essentielle de ce tableau naturel île la llussie : après l’orographie , l’hydrographie doit avoir son tour.
1. M. Pailof'ki, Chrugraphia RonriMai imperii , I. I., p. 58.