‹ L'empire des Tsars au point actuel de la science J. H. Schnitzler Le territoire, tableau naturelChapitre 167 sur 359 · Voir p. 1 18 et suiv · texte numérisé non relu

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Le plus grand de tous les lacs d'eau douce, le lac Supérieur , a une étendue de 83,000 kilom. carr. ; le [dus connu de tous, le lac de Genève, en a une de 550 kilom. carr. seulement. Le lac de Constance est encore plus petit : il n'a pas tout à fait itiü kilomètres carrés. Ou a ainsi des points de comparaison pour des proportions diverses.

de Saint-Pétersbourg et d’Olonelz, se trouve au centre de la région des lacs du nord , et il est en rapport avec le golfe de Finlande par la Neva , qui lui sert d’écoulement. On lui donne 175 versles de long, sur près de 150 de large. Sa superficie, selon M. Engelhardt 1 , est de 320 milles carr. d'All. , ou de 17,930 kilom. carrés; M. de Kœppen indique les chiffres- suivants : 32-4 milles carr. d’All. , ou 15,681 versles carrées. En nombres ronds, il a plus de 15 à 17,000 kilom. carr. , ce qui dépasse de beaucoup la superficie de toute la Saxe et même celle du grand-duchc de Bade. On attribue à chacune des trois provinces limitrophes une partie de celle superficie, dans les proportions suivantes : *

Au gouvernement de Saint-Pétersbourg 6,056 versles carr.

Au gouvernement d’ülonetz 2,686 —

A la grande-principauté de Finlande . . 6,939 —

Le lac Ladoga est bordé , surtout du côté de l’ouest et du nord, de côtes rocheuses présentant des falaises et des écueils; sur quelques points, ses rives sont sablonneuses, marécageuses, ou aussi couvertes d’épaisses forêts. Près des bords, il est généralement sans profondeur et d’une navigation difficile; plus loin, il est ouvert, limpide et profond. Sur quelques points, la sonde a trouvé, dit-on, jusqu’à 300 mètres; au reste, le fond, en majeure partie sablonneux, présente de grandes inégalités. Le Ladoga forme différentes anses ou baies, par exemple, au sud, celle de Schlüssclbourg, ainsi nommée de la fameuse forteresse de ce nom* construite sur une île (Orékhovoî) à la sortie de la Néva, et, au nord, celle de Serdobol (Sordawala), où se trou-

1. Dictcrici, Hfillheilungen des slalislischen Bureau s in Berlin, 1853, p. 216. — Voir aussi sur le Ladoga, Storcli, Malerialien tur Kennlniss des Russischen Beiehs, I. I, p. 219 et suiv. ; prince Galitsyne, La Finlande, t. I, p. 186 et suiv.; F.-H. Millier , Ber Vgrische VMsslamm , t. I, p. 40-4-407; et les gr andes cartes de la Russie.

2. Voir La Russie, la Pologne et la Finlande , p. 302; Itlasins , Reise, l/l, p. 41 ; et marquis de Custine, La Russie en 1S39, t. III, p. 58, 85, 92.

hydrographie; lacs. 333

vent de belles carrières de marbre De ce côté là est aussi l’ilol de Walaam , qui a 27 kilomètres de circuit et renferme un monastère célèbre \ C’est à peu de distance de la rive que sont situées la plupart des îles du lac , habitées soit par des Finlandais, soit par des Russes qui ont adopté la langue et les mœurs de ces derniers. La principale est celle dcKonévetz, vis-à-vis la côte finlandaise ou occidentale5, à mi-chemin entre l’extrémité sud et l’extrémité nord du lac. Connue également par son couvent, elle est de forme allongée, hérissée de proéminences, cl, selon le prince Galilsyne, exclusivement composée de roches sédimentaires , dont elle indique la limite; les roches plutonfqucs apparaissent plus loin, du côté du nord. Ces roches foraient une grande quantité d’écueils ou skærs. Ceux-ci, dit le même auteur , ont leur point de départ à Keksholm , port voisin de la région finlandaise des lacs, et s’étendent, sous forme de chapelet , jusqu’aux confins de la Finlande avec le gouvernement d’OIonetz. * Quelques skærs sont petits, au point de ne former qu’un écueil menaçant et nu, parfois élevé au-dessus de l’eau; d’autres, au contraire, embrassent un espace de plusieurs verstes et sont habités. Le plus grand nombre de skærs de cette dernière catégorie sont réunis en un vaste groupe à l’extrémité septentrionale du lac, du côté de la ville de Serdobol.» Là est aussi Rékalé, la plus peuplée de toutes ces îles.

« Les îles qui bordent le rivage septentrional dn lac, dit encore le prince, peuvent se partager géologiquement en plu- Honiques et en métamorphiques : dans les premières, on rencontre le granité principalement , et la syénite par exception. Le granité est très-varié dans sa contexture, ainsi que dans ses teintes, qui varient du rose tendre au gris presque noir. L’îlc

1. Voir sur la nature géologique des environs de Serdobol, et surtout des environs de Pitkaranda, Pessart, t. Il, p. 81.

â. Prince Galitsyne, t. I, p. 1U3.

3. Voir la belle carte semi-topograpliiquc des environs de Saint-Pétersbourg.

de Markato-Sari ' renferme , chose rare , du granité blanc. En fait de roches métamorphiques, le gneiss est surtout abondant; il est ordinairement de couleur grisâtre, et se rencontre accolé au granité. Divers minéraux existent unis aux roches principales, par exemple le grenat, le quartz, la pyrite de fer, et le talc par larges feuilles. Ce dernier minéral affecte la teinte noirâtre , tandis que le quartz est du plus beau blanc. »

Le Ladoga, très-poissonneux, renferme beaucoup de saumons, d’esturgeons, de lottes, de brochets, de perches. La raipouschka fsnhno aUmlnJ appartient au genre saumon. 11 ne paraît pas vrai , comme le veut Vsévolojski * , que , parmi ces habitants du lac, il se trouve aussi des chiens marins ou phoques. C’est l’hiver, saison pendant laquelle le Ladoga gèle dans son entier, qui est le temps de la pèche la plus productive.

Le voyageur Oserelzkofski, cité par Storch5, lui attribue, sur la foi des habitants d’alentour, un mouvement périodique de hausse et d’abaissement ; chacune de ces périodes serait de sept ans.

Outre sa communication avec la mer Baltique par la Néva , qui , ainsi que tous les autres cours d’eau , sera décrite plus loin , le lac est en rapport avec l’Onéga par le Svir , et avec l’Ilmen par le Volkhof. Ce dernier est la plus importante des soixante-dix rivières grandes et petites qui viennent lui apporter leur tribut , et dont nous ne nommerons plus que la Voxa , le Siass , le Pacha et l’Oïat.

Ce n’est pas dans le présent volume que nous avons à nous occuper des cours d’eau artificiels dont la Russie d’Europe est si richement dotée et que nous examinerons plus tard avec

1. Voir sur plusieurs autres Iles, cl sur le village de Pitkaranda, ainsi que sur la végétation du sol, La Finlande , 1. 1, p. 188-190.

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