Deitrage, l. I, p
HYDROGRAPHIE ', LACS. 355
HiiNsle d'Anle.
A l’égard de celte seconde grande division de l’empire, on ne nous demandera pas d’entrer dans les mêmes détails. La description des lacs, et presque leur simple nomenclature, devra se restreindre à une douzaine des plus grands, entre lesquels se trouvera celui qui, après le lac d’Aral , classé parmi les mers, est le plus grand de l’Ancien -Monde. Néanmoins , nous suivrons encore , comme pour la Russie d’Europe, la division par grandes régions , qui permet au lecteur de s’orienter facilement.
Région transcaucasique. Nous en avons estimé l’étendue à environ 210,000 kilom. carr., partagés entre les gouvernements de Tiflis (Géorgie), de Routais (Imérclh etMingrélie), de Chcmakha (khanats musulmans), deDerbent (Daghestan) et d’Erivàn (Arménie).
Dans toute la Transcaucasie, il n’y a qu’un seul grand lac, qui est le lac Goktchaï ou Kok-tchai, nom qui signifie Eau bleue dans la langue des Tatars, et à la place duquel les Arméniens, dans la leur, se servent de celui de Sévdn, Sevang ou Sévanga. On l’appelle aussi , en tatar , Kouklclich Dengfiiz, mer Bleue, car il est réellement d’un beau bleu indigo ; une autre dénomination qu’il porte est celle de Daria Chirine , mer Douce1.
Situé au nord du gouvernement d’Erivàn , entre la ville du même nom et celle de Gaudja ou Iélisavelhpol , il est entouré presque de toutes parts , mais surtout à l’ouest et au nord , et à la distance de plusieurs verstes , de hautes
1. Voir Ritler, Géographie , t. X, p. 399 et -157 ; Eichwald, Reise auf dem Caspischen ileere und in tien Kaukasus , t. II, tout le chapitre V, Reise naclt dem llak-lschai oder hlauen See, p. 137-549; Parrol, Reise tum Araral, l. II, p. 188. Une vue du lac, d'après un dessin de Dubois de Montpéreux, se trouve à la page f 02 du Voyage illustre dans les cinq parties du monde, où l'on en donne aussi, p. 167, une description d'après ce voyageur et d'après M. Maurice Wagner.
montagnes de porphyre et de trachytes, dont quelques sommets, hauts de 1,800 mètres au-dessus de la mer Noire, sont couverts, dit -on, de neige éternelle. D’après un relevé fait, en 1838, par un ingénieur russe, il a de 55 à 60 verstes de long, et 15 de large, au maximum, en plusieurs endroits de lOseulement. Onassure, mais nous nevoudrions pas garantir cette assertion , on assure que ce lac a 3,000 verst. carr. de superficie. Sur quelques points, il aurait jusqu’à 500 mètres de profondeur. 11 est sur un terrain volcanique : en allant le visiter depuis Erivân , distance qui est de moins de 50 verstes , on trouve partout sur la route du basalte et de la lave. Encaissé dans sa majeure partie , il a cependant, du côté du nord-ouest, des rives presque plates. Élevé de plus de 1,500 mètres au-dessus du niveau de la mer Noire, il gèle en hiver, malgré sa latitude déjà assez méridionale (entre le 41e et le 40e degré). En y arrivant vers la fin de février, Dubois de Montpéreux vit sun paysage immense, mais un paysage glacé: tout le lacSévang presque entièrement gelé, les montagnes de porphyre qui l’entourent d’un côté , les pics volcaniques qui l’encaissent de l’autre, blancs de neige et à peine tachetés çà et là des couleurs noires de leurs flancs à pic où déchirés.»
Quelques petites rivières seulement, dont la principale est le Balikh - tcliaï , y versent leurs eaux ; lui - même envoie du côté d’Erivân et de PAraxe un émissaire, le Zenga ou Sévanga, torrent qui est à sec en été, mais qu’il est possible d’alimenter au moyen d’un canal jadis creusé par ordre des rois de Perse'. Ilest poissonneux et abonde en truites, truites saumonnées, barbeaux feyprinus barbus ) , carpes, etc., avec un autre cyprintis que les Russes nomment chramula *. Les mouettes voltigent autour dè ses bords.